MEMOIRES A MONSIEUR LE PROTONOTAIRE
DE SAINCTE-GEMME POUR DIRE A LA ROYNE DE MA PART CE QUI s'ensuit.
[5 mars 1564 ^]
Premièrement, que moy ayant entendu que Marchastel ^ a envoyé à la royne certains mémoires contre moy, fondés sur le dire du séneschal deQuercy*, j'escripts à sa Majesté pour la supplier très humblement de vouloir entendre la vérité de toutes les calomnies qu'on m'a mis sus, et, icelles entendues, faire cliastier ceulx qui se trouvent colpables selon leur déméritte et ainsi que la raison le requiert; et
1 . Probablement Arnaud Montaigne, seigneur de Saint-Martin, frère de l'auteur des £ssais. Il mourut après 1367 (Payen, Nouveaux Documents sur Montaigne, p. 64).
2. Cette pièce n'est pas datée, mais, comme elle ser\it de lettre d'envoi au cartel de Monluc (p. 334) et que ce cartel est du 5 mars ioQk, nous pensons que nous pouvons les mettre tous deux sous la même date.
3. Marchastel, baron de Peyre, capitaine protestant (t. II, p. 330, note 1).
4. François Se'guier, seigneur de la Gravière (t. II, p. 329, note 1).
affîn que sa Majesté sache ce que je veulx répondre sur chascung point dont je suys accusé, je l'ay desduit par escript.
Quant au premier article, qui fait mention que j'ay escript une lettre au séneschal de Quercy, par laquelle je Fay prié faire procès verbal ou informations, et que par iceulx il rendit colpables ceulx de Montauban, affin que, soubz cette colleur, j'eusse moyen de les aller saccager et exterminer, je ne scais ce que c'est, et puis asseurer sa Majesté n'avoir jamais escript lettre de ceste teneur au dit séneschal ni à personne que ce soit.
Quant à avoir dict aucune chose contre l'honneur du roy, de la royne et de messeigneurs les princes du sang, tant s'en fault qu'il soit \Tay que jamais je n'y ay n'y voudrois avoir pensé.
Tiercement, je n'ay ni n'auray jamais aucune intelligence avec le roy d'Espagne ny autre prince que ce soit pour luy bailler la Guyenne, ny faire aucune chose qui soit contre le service du roy; et jusques icy j'ay tant faict de preuves de ma fidellité qu'elle ne debvroit plus estre mise en doubte. Toutesfois je supplie très humblement sa Majesté de vouloir diligemment s'enquérir de la vérité, et icelle cogneue, faire chastier tels imposteurs comme ils méritent; et s'il plaist à sa Majesté envoyer quérir les sieurs Dubort et Péar, que Marchastel allègue pour tesmoins, ilz luy diront ce qu'ilz en scavent.
Quartement, de ce qu'on dit que mon second fils est allé en Espaigne *, il n'en est rien , car il est allé