‹ Commentaires et lettres (volume 2)Chapitre 142 sur 158 · Les calomniateurs ne se trompaient pas entièrement. Ce · texte numérisé non relu

Les calomniateurs ne se trompaient pas entièrement. Ce

à Malte pour y résider^ scelloii l'ordre de sa religion, et, que ainsi soit, monsieur de Forquevaulx en peult rendre bon tesmoignage, lequel naguières m'a mandé l'avoir faict embarquer à Narbonne pour aller droit à Rome, où je luy ay commandé de passer pour faire la révérence au pappe, et prendre cognoissance à luy, affin que s'il plaisoit au roy luy faire quelque bien en ma faveur, sa Sainteté ne fist difficulté luy expédier les provisions nécessaires.

Semblablement je n'ay jamais dict que je ferois garder en Guyenne le dernier concilie, encores que le roy ne le vouleust faire observer en France; mais voyant que publicquement un tas de mutins et séditieulx disoyent publicquement qu'il estoit hors du pouvoir du roy de faire observer le concilie en France, j'ay dict que si sa Majesté me le commandoit, je le leur ferois garder, voulussent-ils ou non \

n'était pas pour Jean de Monluc, chevalier de Malte, que l'auteur des Commentaires demandait du service au roi d'Espagne, mais pour Pierre de Monluc, seigneur de Caupenne, dit Peyrot. Ce capitaine voulait servir le roi d'Espagne dans les Indes. Le vieux Monluc n'en fit la demande formelle à Juan de Bardachin, qu'au mois de juin; mais il est probable que cette demande avait été précédée de quelques pourparlers. Il faut ajouter que l'ien dans la correspondance du roi d'Espagne et de Bardacliin ne laisse pressentir que l'un des deux Monluc, père ou fils, ait consenti à vendre ses services au roi d'Espagne contre le roi de France (Arcliives de l'empire, K. 4505, n° 16).

4 . Le bruit s'était répandu que le roi n'attendait que la fin du concile de Trente pour rapjwrter l'édit qui permettait l'exercice de la réforme. La reine écrivit une lettre à Gramont avec l'ordre de la répandre en Navarre, pour promettre aux réformés que, quelles que fussent les conclusions du concile, l'édit de tolérance serait maintenu (coll. Saint-Germain fr., vol. 689, 9, f 86).

Et touchant ce qu'on dit que monsieur le cardinal d'Armagnac et moy ayons faict une assemblée à Granade et ces communications avec un g grand seigneur d'Espaigne, il n'en est rien^ mais seullement allant à Tlioulouze aux funérailles du feu baron de Clermond, mon nepveu, et monsieur le cardinal d'Armaignac aux nopces du filz de monsieur de Mirapoix^ et de la fille de monsieur de Tarride, nous rencontrasmes au dict Granade dom Pierre de Navarre % évesque de Comenge, lequel estant par nous enquis de quel lieu il venoit, nous dit que c'estoit de la cour du roy d'Espaigne pour se plaindre à luy de ce que la royne de Navarre luy avoit ousté son évesché et pour luy prier en vouloir escrire à la royne, dont le dict seigneur cardinal luy dict qu'il avoit mal faict, qu'il n'estoit allé vers la Majesté du roy et de la royne et non point en Espaigne, et qu'il avoit desjà entendu qu'ils en estoient mal con-

1, Jean de Lévis, seigneur de Mirepoix, baron de la Garde et de Monse'gur, maréchal de la Foi, séne'clial de Carcassonne et de Béziers, en 1578, après la mort de son père. Il épousa le 1" février 1563 Catherine-Ursule de Lomagne, fille du baron de ïerrides, et joignit dès ce mariage le nom de Lomagne à celui de Lévis.

2. Pierre d'Albret, fils naturel d'un prince de la maison de Navarre, ne fut d'abord qu'un agent obscur aux ordres d'Antoine de Bourbon. Pendant le règne de François II, il remplit, au nom de son maîti'e, plusieurs missions à la cour d'Espagne. En 1561 il fut envoyé à Rome et obtint l'évêché de Cominges. Lorsque Jeanne d'Albret embrassa le cahinisme, Pierre d'Albret se mit au service de Philippe II. On conserve de ce personnage une foule de lettres au roi d'Espagne, qui lui donnent l'air et l'apparence d'un espion (Archives de l'empire, K. 1492, 1493, 1495, 1501).

tens\ Il respondit qu'il s'estoit adressé au roy d'Espaigne pour ce qu'il sçavoit bien que la royne feroit plus pour la royne de Navarre que pour luy, et que, pour le roy d'Espaigne, il espéroit qu'elle ne refuseroit pas de faire ce que luy prioit pour son affaire en l'endroit de la royne de Navarre. Et moy-mesmes luy conseillois s'en aller luy-mesmes pourter les lettres à sa dicte Majesté : et une fois estoit résolu le faire, mais despuis il changea d'opinion. Et le dict sieur cardinal * partit pour se trouver aux dites nopces, et moy à Toulouze achever mon voyaige. Et le dict évesque, comme il nous dict, s'en alloit en Cominge. Et despuis n'en ay ouy parler. Et voilà le grand seigneur d'Espaigne avec lequel nous avons faict ceste diette.

Le dict Saincte-Gemme suppliera aussy la royne de s'enquérir aux. seigneurs de Fumée et Viard *, qui

1 . La reine de Navarre prétendait ol)ligcr Pierre d'Albret à lui payer certains droits de régale en retour de l'évêché de Cominges. Pierre d'Albret se refusait à les pa}'er, prétendant qu'il tenait son évêché du pape, par suite de la démission du cardinal Carafa. De là un litige que les animosités religieuses avaient fort envenimé. Le roi d'Espagne avait écrit plusieurs lettres à la reine mère en faveur de son pi'otégé Pierre d'Albiet (Archives de l'empire, K. 1501).

2 . Le cardinal d'Armagnac écrivit à la reine le même jour que Monluc pour repousser les dénonciations de Marchastel. Sa lettre est beaucoup moins développée que ce mémoire de Monluc (coll. Saint-Germain fr., vol. 68!», 9, f° 112). Les savants auteurs de l'Histoire du Languedoc ont connu la lettre du cardinal, qui était conservée dans leur bibliothèque, et en disent quelques mots (t. V, p. 362).

3. Le 18 juin 1563 le roi avait donné l'ordre aux conseillers Antoine Fumée et Jérôme Angenoust de se rendre en Guyenne

ont esté depputés commissaires en ce pays^ de l'obëyssance qu'ilz ont trouvée en mon gouvernement, lesquels j'estime si gens de bien qu'ils en diront la vérité.

Aussi suppliera la rovne permettre que les articles que j 'envoyé soient leus et publiés par tous les parlemens, iceulx faire imprimer, affin qu'il soit notoire à tout le monde.

De Monluc.

(Pièce rapportée de Saint-Pétersbourg et communiquée par M. le comte de Laferrière.)

i 0 8 . AU ROY.

[Agen, 5 mars 1563 (1564).]

Sire, si vostre aage permectoit que mes services vous feussent aussi congneuz qu'ilz estoient aux roys, voz prédécesseurs, je me tiens assem^é que vous rejecteriez à la première parolle ceulx qui vouldroient m'accuser, ou, pour mieulx dire, me calompnier de chose qui approcliast infidélité ; mais puisque vous n'en pouvez sçavoir sinon ce qui est advenu depuis

et de juger, en qualité de commissaires extraordinaires, tous les procès qui se rapporteraient à la guerre civile (lettre du 7 août; coll. Saint-Germain fr., vol. 689, 8, pièce oO). Cette commission fut entravée par tous les corps judiciaires. Angenoust découragé renonça à son mandat (lettre du G septembre; ibid., pièce 66). Jacques Viart, conseiller au parlement de Bretagne, fut désigné, par lettres patentes du 16 octobre, pour le remplacer (Mss. de la Bibl. de Périgueux; reg. de lettres patentes).

vostre règne, si ce n'est par relation d'aultruy,, je vous supplieray très humblement en croire ce que la royne vous en dira^ et adjouster à son tesmoignage celuy de messeigneurs les princes du sang et de monsieur vostre connestable, et aultres seigneurs et anciens cappitaines de vostre royaume; desquelz vous pourrez sçavoir avec quelle fidélité et hazard de ma vye je me suis acquicté de toutes les charges qui m'ont été données. Et d'autant que ceulx qui m'ont voulu calumpnier se sont adressez à vous, ainsy que j'ay peu entendre, je vous supplie très humblement ne trouver mauvais sy, avec vostre bon congé, je vous faictz présenter ung escript, signé de ma main, qui servù^a de responce à ceulx qui auront paiié de moy aultrement qu'ilz ne doibvent.

Sire, je prie nostre Seignem' vous donner en santé très longue et très heureuse vye.

A Agen, le V™^ jour de mars 1 563.

Vostre très humble et très obéissant suject et

» serviteur.

De Monluc.

(Lettre originale; signature autographe; Bibl. imp., coll. Saint-Germain fr. , vol. 689, 9, f^ m.)

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