A DOM JOHAN DE BARDACHIN
[27 octobre \b6k ']
Le seigneur don Johan Bardachin ramonstrera au roy d'Espaigne qu'il est presque nécessaire qu'il voye la royne^ mère de nostre roy, avant qu'ilz partent de ce pays pour trois raisons.
La première^ pour ce qu'il est tout certain qu'elle n'envoyé jamais personne devers luy qui ne soit suspect à^ ceste maudite religion, et ceste élection ne procède d'elle, mais d'aucuns de son conseil, qu'elle a près son oreille; que ceulx-là luy présentent les personnaiges et ne vont vers sa dicte Majesté que pour luy déguyser les affaires de France et luy couvrir la vérité d'une dissimulation. Et encores que la Majesté du roy d'Espaigne leur rende bonne response, il est tout certain qu'ilz la déguisent à la royne, plus en souspecon de luy que non comme sa dicte Majesté leur a commandé. Or, s'ilz se voyent, voycy le bien qu'en adviendra : premièrement ilz se parleront bouche à bouche avecques la vérité et sans dissimulation. La royne luy communicquera véritablement en quoy sont les affaires de France et tous les advertissemens qui se sont jamais donnés l'ung et l'autre. Et par là découvriront s'ilz ont esté
1. Ce mémoire est sans date dans l'original, mais la réponse que Juan de Bardachin fut chargé d'y donner nous apprend qu'il fut remis à son adresse en même temps que la lettre précédente (Arch. de l'emp., K. 1505, n» 7).