PER ET CONNETABLE DE FRANCE
[Agen, 23 mars 1553 (1554).]
Monseigneur, je croy que vous aurez receu les lettres que je vous ay escrit de Tholose, vous advertissant de l'extrémité en quoy j'estois pour plusieurs maladies qui estions en moy*;, par quoy ne fut possible me mettre en chemyn pour aller là où sa Majesté et vous me commandiez. Incontinant me mis par eaue et m'en suy venu me getter entre les mains des médecins en ceste ville : et ont faict telle diligence, avec les prières que je leur en ay faict^ (jue, en six jours, m'ont donné sept médecines et arraché deux dents qui me rendoient ung si grand mal de teste que j 'a vois presque perdu le sens. A présent je me trouve alégay^ de plus de la moitié de mes maulx, et ne me reste plus que ung mal d'estomacb, dont les médecins m'asseurent que bientôt en seray dehors. Mardy ilz me vueillent mettre à la diette pour huict jours, et après m'asseurent que je pourray faire service.
Monseigneur, je n'ay jamais eu bien, honneur ny advancemcnt des roys, père et fils, que par vostre moyen. Je vous supplie très humblement que, si le roy n'a mandé encore personne à Sienne, le garder qu'il ne change de volonté, et m'y mender. Et pourra estre que s'il y mende gens par mer, je pourray at-
1. Comparez cette lettre avec le récit des Commentaires , t. I, p. 440.