‹ Commentaires et lettres (volume 2)Chapitre 3 sur 158 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

lion nouvelle ; mais nous ajouterons aux Pièces justificatwes du tome cinquième un tableau de concordance qui pré sentera, en regard de l'ancienne indication, le nouveau numéro, le numéro actuel du manuscrit cité.

Après la Bibliothèque impériale de Paris, le dépôt le plus riche en lettres de Monluc est incontestablement la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg. On s'étonne de trouver chez un peuple du Nord, étranger au mouvement politique du seizième siècle, tant de lettres de rois, de reines, de princes, de personnages célèbres, tant de manuscrits qui intéressent notre histoire. Ces documents ont été rapportés par un bibliographe russe, M. Pierre Dubrowski, qui, après eu avoir joui pendant toute sa vie, les a légués au gouvernement de son pays. Une certaine obscurité plane sur les débuts de celte collection. M. Dubrow^ski se trouvait à Paris, de 1789 à 1793, au moment de la prise de la Bastille et de la suppression des ordres religieux : il est probable qu'il n'eut que l'embarras du choix des moyens, lorsqu'il voulut enrichir son cabinet.

La magnifique Bibliothèque de Saint-Germain des Prés avait été mise sous le séquestre aussitôt après la destruction de l'ordre des Bénédictins; mais en 1791 un vol important dépouilla la nouvelle propriété nationale de ses plus beaux manusci'its. En août 1794, un incendie dévora le bâtiment où tant de documents précieux étaient accumulés. Ce ne l'ut qu'en décembre 1795 et en janvier 1796, que les volumes survivants furent transportés à la Bibliothèque nationale *. A travers toutes ces vicissitudes, un bon nombre de manuscrits enluminés, d'autographes curieux avaient

1. Nous devons ces renseignements à l'obligeance de M. Delis le.

INTRODUCTION. v

disparu et étaient passés entre les mains de M. Dul)rowski .

Entre autres pièces originales, les Bénédictins possédaient de nombreuses lettres de Monluc. On sait qu'ils avaient formé le projet de publier une histoire de la Guyenne \ En vue de ces futurs travaux sans doute, ils avaient réuni une foule de lettres , qu'une main habile avait classées avec soin. C'est de cette source que proviennent les lettres de Monluc conservées en Russie. Nous pouvons fournir la preuve de l'origine de plusieurs d'entre elles. Ainsi les lettres de Monluc du 22 mai 1562 (au roi), du 22 mai 1562 (à la reine), du 8 octobre 1563 (au roi), du 5 mars 1564 (à la reine), sont citées dans V Histoire du Languedoc, d'après l'original appartenant à la Bibliothèque de Saint-Germain des Prés. Enfin les souches des lettres des 9 octobre, 9 novembre 1568, des 3 février, 4 septembre, 18 octobre 1569, des 7 juin, 17 juin, 22 juin, 9 juillet 1570, du 17 janvier 1573, se trouvent encore dans les volumes de la collection Harlay Saint-Germain, d'où ces lettres ont été arrachées^.

i. Ce projet est atteste par quelques travaux préliminaires. Les Bénédictins avaient publié le Prospectus de thistone générale de Guyenne par des religieux bénédictins de la congr-égation de Saint-Mmir, Paris, Vincent, 1755, in-4. Ce prospectus est attribué à dom de Vienne par Barbier. Vingt-huit ans après, un autre bénédictin, dom Jacques-iMarie Carrière, du diocèse de Bordeaux, reprit le même projet. Il publia en 1782 im travail dont voici le titre exact : Discours pour servir de prospectus à V histoire générale de Guyenne, lu daus la séance publique de l^ Académie royale des belles -lettres, sciences et arts de Bordeaux, le 7 mars [lH'i,par dom Jacques-Marie Carrière, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, un des historiographes de la province, des académies de Bordeaux, Montauban, etc., Bordeaux, chez Michel Racle, 1782, in-4.

2. Il semble, à voir dans son ensemble la collection russe, que

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