MONSEIGNEUR LE DUC DE FLORENCE
[San Casciano, 27 septembre 1557.]
Très-illustre et très- excellent Seigneur, notre très-illustre et très-révérend seigneur le cardinal d'Armagnac m'ayant écrit qu'ayant obtenu la permission de sa Sainteté de s'en aller en France en sa maison, il désirerait pour sa commodité prendre la route de Sienne et de Florence, mais qu'il craint sans votre sauf- conduit, d'être arrêté en route ; à ces causes il m'a écrit et m'a prié, bien qu'encore son Eminence écrive en particulier à votre Excellence, de vous supplier de vouloir bien lui accorder et lui faire expédier ledit sauf-conduit, avec lequel il puisse passer sûrement, tant dans l'état de Sienne que de Florence, avec quarante chevaux et mules de carrosse, de sa personne et avec ses serviteurs, et sans que les capitaines, soldats et gardes des citadelles, forteresses et châteaux dudit état de Sienne lui donnent aucun empêchement. Dans l'espoir que votre Excellence ne me le refusera pas, je l'en prie humblement, m'ofFrant à elle en tout ce quelle daignera me commander, l'honneur et le service de mon maître sauf : elle me trouvera toujours très-prompt et très-disposé à tout ce qu'elle me commandera, et c'est avec un tel cœur et dans de telles dispositions que je m'offre à elle et que je me recommande à elle, priant Dieu notre Seigneur qu'il la conserve toujours heureuse.
De Saint-Gasciano, le 27™*^ jour de septembre 1557.
De votre très-illustre Excellence le serviteur. Biaise de Monluc.
4 0. — [ordonnance de monluc]
[Grosseto, 18 octobre 1557.]
L'illustrissimo et eccellenlissimo monsignor de Monluc^ cavalière del ordine et luogotenente générale di sua Maesta christianissima in Toscana^ volendo con ogni diligienza e poter suo inviolabilimente conservare per tutto '1 dominio e stato de la Repubblica Senese retirata in Montalcino sotto la protezzione del re christianissimo tutti li ordini convenienti di buona giustizia, ne permettere cli' alcuno sotto la carica di sua Eccellenza procéda insolentemente e con violenza in qualunque modo, e massime percbé non venghino alterate alcune conventioni stipula te tra' 1 illustrissima et eccellentissima signora Jeronima Ursina di Fai^nese, ducliessa di Parma e Piagienza *, e la sudecta repubblica sopra l'affitto de la tenuta di Marsiliana , fa publicamente bandire e comandare a tutti i colonnelli, capitani, officiali, soldati e altri compresi sotto la carica sua, clie nel detto luogo ne altro ne direttamente o indirettamente, sotto guesito colore, ardischino o presummino molestai'e o impedire o far danno o gravezza in qualunche modo affidati, mandati liomeni, bestiami e robbe délia sudecta illustrissima Signora e suoi ministri et affidati, comprendendo con questi tutti e qualunche affidato nelle doane délia Republica
i . La princesse qui portait le titre de duchesse de Parme et de Plaisance en 1557 était Marguerite d'Autinche, fille de Charles Quint, épouse du duc Octave et plus tard régente des Pays-Bas. Monluc désigne peut-être une des filles naturelles de ce prince.
e vassalli, bestiami e béni loro, sottopena délia vita.
La quai sentenza sempre che facci bisogno intende dichiarata e comessane l'esecuzione. Anzi vuole e comanda cli'a medesimi detti di sopra sia per tutlo '1 dominio e stato havuto debito respetto, e prestato ogni ragionevol favore nel modo che séria fatto a la propria famiglia sua.
Dato in Grosseto il di 18 d'Ottobre 15.57.
Biaise de Monluc.
(Sienne, Arcbives d'état, Provvisioni , série XI, n° 33; communication de M. Benoist.)
TRADUCTION