Voyez la note 1 de la p. 343 du t. II
pugnitioii de ce qui s'en debvra faire par l'advis desdilz conseillers de Bordeaux et des commissaires Compaing et Gii^ard'; car il n'y sçauroit avoir trop de gens de bien pour exécuter une telle entreprise que ceste-cy; de sorte, Sire, que si tous ensemble regardons bien au mérite de vostre service, vous ne plaindrez pas la despense que nous y ferons.
Vous advisant, Sire, que monsieur de Negrepelisse avecq ung bon nombre de gentilzhommes des pays d'Agenois, Armaignac, Quercy, Périgort, Rouhergue, Commenge, est venue par devers nous, sans porter armes autres que leurs espées, nous offrir leurs personnes et biens pour le service de vostre Majesté : lesquels, après nous avoir fait les offres, qu'il vous plaira faire voir, par une requeste qu'ilz nous ont présentée^, se sont retirés en leurs maisons avec dévotion d'emploier leurs personnes et biens pour vostre service : la plus part desquelz nous assisteront durant ce voyage selon les chemins que nous tiendrons. Et pour ce. Sire, qu'ilz ont esté taxez', ce leur semble, par une ordonnance qui a
i . Nicolas Compain , seigneur de Villette et de Fresnay, et Pierre Girard (t. II, p. 346, note 1 et 2).
2. L'original de cette requête, signé par Louis de Carmain, seigneur de Negrepelisse, est conservé à la Bibliothèque impériale dans la coll. Dupuy, vol. o88, f" 109. Elle a été imprimée dans les Mémoires de Condé, t. III, p. 107, édit. in-4°.
3. Il semble que Burie proteste dans ce passage contre une répartition d'impôts établie par Compain et Girard; mais nous croyons qu'il fait allusion à une ordonnance rendue par ces deux commissaires sur luie tout autre matière. Par une injonction, en date du 27 février précédent, ils avaient commandé aux officiers du roi, à Moissac, d'interdire et de dissiper une assemblée de
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esté faicte par les commissaires Compaing et Girard, comme il plaira à vostre Majesté voir, laquelle nous vous envoyons, ilz nous ont pryé vous supplier très humblement. Sire, ne croire que leur soit jamais entré au cueur de user envers vostre Majesté de desloyaulté, ne contrevenir à voz ordonnances et commandements. Et pour vous en dire. Sire, ce que nous en pensons, c'est que nous espérons tirer plus de service et d'obéissance pour vostre Majesté de ceste noblesse que nous ne ferons de trois cens hommes d'armes, pour ce qu'ilz cognoissent les séditieux et désobéissans et sentent les torts qu'ilz leur ont faictz.
Nous ne voulions faillir. Sire, à vous advertyr que monsieur de Terride est venu icy bien acompaigné, suivant la lettre qu'il a pieu à vostre Majesté luy escrire; et s'en viendra avecq nous jusques à Cahors, après avoir donné ordre à sa compaignie et autres gentilzhommes, ses amys, pour se prendre garde à ce qui passera où ilz seront : car, si nous n'y pourvoyons ainsy, nous n'en aurions jamais la raison, quelques têtes que nous fassions coupper, d'aultant que, allant en ung lieu, ilz font les fols en ung aultre : mais nous y donnerons si bon ordre que vostre Majesté sera contente de nous.
Nous avons remis madame de Fumel* en sa maigentilshommes qui devait avoir lieu dans cette ville. Cette assemblée avait pour but de concerter des moyens de défense contre les réformés. Compain et Girard y virent un prélude de guerre civile. Cette pièce est conservée à la Bibliothèque impériale dans le fonds français, vol. 3189, f° 80.
i. Gabrielle de Verdun, dame de Fumel (t. II, p. 368, note 1).
son, laquelle donne pitié à tous ceulx qui la voyent*, ensemble tous ses enfants aveeq elle. Nous ferons en cela ce que vostre Majesté nous commande et crois que les juges en useront comme ilz doibvent. Et, au partyr de Caliors, nous en wons à Villefranche de Rouhergue^, comme monsieur le cardinal d'Armaignac nous a escript, où il se doibt trouver; car. Sire, c'est une des villes de vostre royaulme où il est advenu plus de désordres : et là nous remectrons. Sire, les gens d'église et toutes autres choses en leur premier estât. Et de là nous en yrons à Monlauban, où vostre Majesté a esté grandement désobéye; et faudra bien du temps pour parachever ce voiage, car nous yrons d'évesché en évesché pour oyr les plainctes d'ung chacun et y donner ordre : mais nous espérons qu'à la fin tout se portera suivant vostre voulloir et intention.
Sire, arrivant en ce lieu, en défaut des conseillers de Bordeaulx et commissaires Compaing et Girard,
1. La dame de Fumel, si affligée qu'elle fût, était altérée de vengeance. Une tradition, qui s'est conservée dans l'Agenais, raconte le trait suivant. Pour connaître le degré de culpabilité de tous les vassaux arrêtés par les ordres de Monluc et de Burie, les deux capitaines avaient imaginé de faire comparaître tous les inculpés devant la dame de Fumel. Elle en reconnut d'abord plusieurs et donna son témoignage. Mais Monluc s'aperçut bientôt qu'elle accusait indistinctement tous ceux qu'on lui présentait. Il fit alors venir ses propres serviteurs et quelques soldats de sa compagnie, qu'il avait amenés la veille. La malheureuse veuve, sans hésiter, crut les reconnaître comme coupables dumem^tre. Cette épreuve prouvait clairement l'insuffisance de son témoignage, et Monluc dut chercher dans une information judiciaire des éléments d'appréciation plus justes.