‹ Commentaires et lettres (volume 2)Chapitre 89 sur 158 · Voyez la note 3 de la p. 381 du t. IL · texte numérisé non relu

Voyez la note 3 de la p. 381 du t. IL

i 24 LETTRES

nous avons faict venir pai* devers nous le lieutenant criminel d'Agen et six conseillers dudit siège *, par lesquelz, et le prévost général, nous avons fait faire les procès à quinze ou à seze qui hier et aujourdhuy ont esté deffaietz '. Et les y laissons encorres avecq le cappitaine Tilladet et ses gens, pour faire les procès à ung grand nombre d'aultres, qui sont prisonniers, et qui se prandront journellement, et pour procéder par defFaulx et contumaxes contre les défaillans, accusez et chargez des séditions, excez et saccaigemens, qui y ont esté commis, saisie et annotation de leurs biens et démolissement de leurs maisons; et pour favoriser les dites procédures, nous laisserons aux environs d'icy deux ou trois compaignies de gendarmes.

Sire, encorres que vous ayez prohibé à tous mi-

1. Ces magistrats étaient Antoine Tolon, conseiller du roi, juge criminel en la sénéchaussée d'Agenais; Gervais Herandeau, prévôt général ; Bernard Daspreraont, lieutenant particulier au siège présidial d'Agen ; Robert de Raymond, Jean Jourdan, Florens du Repaire, Antoine de Nort et Saux Dupin, conseillers du même siège. (Mémoire de M. de Mas-Latrie sur les événements de Fumel ; Mémoires de la Société des Antiquaires de France, 2* série, t. VII, p. 319.)

2. Nous avons déjà dit dans notre Introduction que Monluc s'était montré moins féroce dans fexercice de sa charge qu'il n'aimait à le paraître. Il écrit dans ses Commentaires (t. II, p. 369), après le récit du voyage de Fumel, « qu'il en fut pendu « ou mis sur la roue trente ou quarante. » Ce chiffre se réduit à quinze ou seize dans le présent rapport officiel. Il est confirmé dans une lettre de Burie au roi de Navarre (f. fr., vol. 3186, f*^ 62). Enfin il est encore abaissé dans le texte de l'arrêt qui a été publié par M. de Mas-Latrie dans le tome Vil àe.?, Mémoires de la Société des Antiquaires de France ^ 2° série.

DE BLAISE DE MONLUC. d2o

nistres de faire prescher aulx villes de vostre royaulme^ où il n'y en avoit poinet eu \ néantmoings aulcuns des officiers de vostre Majesté, interprétans le dernier édict, qu'il vous a pieu m'envoyer, ont dit qu'il ne s'entendoit que pour les villes de frontière; et cependant ont laissé introduyre en plusieurs lieulx lesdits ministres, où il n'y en avoit poinet eu, faisans grandes assemblées. Si est-ce que nous pouvons asseurer vostre Majesté qu'il n'y en a que trop en ceste Guyenne, vous suppliant très humblement. Sire, nous faire entendre sur ce vostre intention; et, si nous en trouvons qui ayent esté introduictz depuys ung mois, nous asseurons vostre dicte Magesté que nous les en chasserons bien.

Sire, il vous plaira nous commander par bons plaisirs pour yceulx toutes nos vyes accomplir, moyennant l'aide de Dieu, lequel nous supplions. Sire, vous octroyer en très bonne santé très heureuse et très longue vye.

De Fumel, ce 13 mars 1561.

Vos très humbles et très obéissans subjects et serviteurs,

Burye De Monluc.

Sire, nous avons mandé monsieur de Lioux de venir devers nous pour luy communicquer ce qu'avons affaire pour le service de vostre Majesté, ce qu'il a faict, et y a demouré trois ou quatre jours, mais à présent, comme il est besoing de départir les forces en plusieurs endroictz, nous l'envoyons en

Page 1