‹ Commentaires et lettres (volume 2)Chapitre 90 sur 158 · Édit du 17 janvier · texte numérisé non relu

Édit du 17 janvier

Périgort pour y avoir égard en toutes choses, d'aultant qu'il a grand moyen d'y faire beaucoup de service à vostre Majesté.

(Lettre originale; les deux signatures sont autographes; Bibl. imp., f. fr., vol. 3186, f» 60,)

: [Fumel, 13' mars 1561 (1562).]

Madame, pai' le caj)pitaine Cliarry aurez entendu le commencement de l'exécution de nostre commission, laquelle commence à espoventer beaucoup de gens. Nous sommes en ce lieu de Fumel, là où hier et aujourd'lîuy en avons faict mourir seize, et en tenons encores soixante et cinq de prisonniers que, je croys, les tous ne seront pas coulpables; mais il ne sera faict tort à personne. Tant plus nous tirons en avant, plus cognoissons que Dieu vous a faict une grande grâce d'y avoyr faict mettre la main si tost. Car, si vous eussiés demouré jusques à la récolte, il se fut descouvert des choses si grandes qu'il y eust eu assés affaire d'y mettre ordre. Mais comme Dieu vous a inspirée. Madame, à y remédier à bonne heure, il nous aydera aussi de venir au bout de nostre entreprinse, qui est de mectre la Guyenne en l'obéissance qu'ils doibvent à nostre roy et à vous. Et vous pouvés asseurer. Madame, que nous n'i espargnerons les biens, la vye et celles de tous nos amys.

1 . Cette lettre dans l'original est datée du 1 1 mars , mais on verra qu'elle ne fut écrite qu'après celle du 13 mars. Nous lui avons donné cette dernière date.

D'une chose vous puis-je asseurer^ qu'il n'i a rien qui ayt tant espoventé les séditieux que l'assemblée de la noblesse ', dont nous vous escrivons, monsieur de Burye et moy^ par la lettre du roy. Nous nous en allons demain à Cahors, là où nous n'espargnerons rien à faire justice à ceulx qui l'auront méritée^ et laissons en ceste ville six conseillers d'Agen avec le cappitaine Tilladet, pom' parachever les procès des prisonniers que nous y tenons ; et nous sera le tout rapporté audit Cahors pour là faire l'entier jugement avec les commissaires qui y sont et les deux conseillers de Bordeaux qu'il a pieu au roy et à vous nous permectre.

Madame , je supplye le Créateur vous donner en parfaite santé longue vye.

A Fumel^ ce XI™* de mars 1 561 .

Votre très unbble et très hobéisant supgect et serviteur ,

De Monluc.

(Letti-e originale; ces derniers mots: votre très unbble etc., et la signature sont autographes; Bibl. imp., f. fr., vol. 3186, f» 3.)

[Cahors, 18 mars 1562.]

Sire, suivant la commission qu'il a pieu à vostre Majesté envover à deux conseillers de vostre court de parlement de Bordeaulx, qu'il vous a pieu nom-

1. La réunion de gentilshommes qui chargea NegrepeUsse de présenter à Monluc et à Burie une requête contre les réformés. Voyez la letti'e précédente.

mer pour nous venir trouver et assister pour vostre service^ en ce qui dépend de la charge qu'il vous a pieu leur donner, ilz n'ont faillv;, après avoir receu vostre commandement, d'eux achemyner en ce lieu, encorres que ce soient personnes d'eage et qui n'ont acoustumé de souvant faire voyage sans commandement exprès de vostre Majesté. Toutesfois, Sire, ilz ont oublyé leur commodité et repos pour incontinant monter à cheval et nous venir trouver icy, où, estans arrivez, ils nous ont remonstré que, par la commission qu'il vous a pieu. Sire, leur envoyer, ilz n'avoient puissance de vacquer au faict d'icelle qu'en deffauct de messieurs de Compaingt et Girard, commiissaires jà députez par vostre dicte Majesté ; au moyen de quoy ilz ont la bouche close et ne peuvent passer oultre, s'il ne vous plaist. Sire, leur envoyer une plus ample commission et suivant les articles que nous envoyons à vostre dicte Majesté. Et pour ne faillir. Sire, à vous dire la vérité de ce qui concerne vostre service, il est très requis qu'ilz soient tousjours avecq nous à ce voyage en telle autorité que lesdits Compaingt et Girard pour le moings, car l'ung est premier conseiller de vostre cour de parlement de Bordeaulx et l'autre est second. Et la raison. Sire, pourquoy ilz sont sy nécessaires, c'est que lesdits Compaing et Girard sont fort favorables pour le party de la religion nouvelle, comme par leurs actions ilz ont faict congoistre jusques à présent*; ce

4 . Tandis que Monluc accusait les tendances de Compain et de Girard, ceux-ci se plaignaient au roi de ne trouver aucun appui chez l'auteur des Commentaires. On a vu (t. II, p. 369) les récriminations de notre auteur; on trouvera les plaintes des deux

que la pluspait de la noblesse et les autres estatz nous ont remonstré pour faire entendre à vostre Majesté, laquelle nous supplions très humblement, Sire, voulloir envoyer auxdits deux conseillers de Bordeaulx la commission, car autrement nous prévoyons bien que le service de vostre Majesté ne seroit fait suyvant vostre volunté : et cependant ilz demeureront près de nous pour nous conseiller à part de ce que nous devrons faire pour votre dict service , attendant. Sire, ce qu'il vous plaira leur commander. Sire, par cy -devant nous vous avons escrit que nous avions laissé en plusieurs endroictz de ce gouvernement des compaignies de gens d'armes pom* tenir en craincte les séditieulx, pendant que nous serions de ce costé, et entre autres laissé la compaignie du roy de Navarre à Agen et à Condom, et escrit à monsieur de Renty, lieutenant en ladite compaignie, de tenir vingt hommes d'armes prestz pour assister de mainforte le séneschal de Marsan, afin de prendre les principaulx séditieux, qui estoient fuys en ce païs-là, suivant la commission que luy en avions baillée; ce qui a esté faict, en sorte qu'il y en a cinq ou six des principaulx prisonniers. Et pour leur faire leur procès nous y avons envoyé le lieutenant du prévost général en Guyenne, pour despescher ceulx qui l'auront mérité. Ce que voyant, le reste desdictz séditieux, qui est en assez grand nombre, se sont retirés au païs de Béarn et Bigore, en

commissaii'es dans deux lettres qu'ils e'crivirent au roi le 22 février I06I (1562) (f. fr., vol. 3210, i° 76), et le 17 mars 1561 (1562) (f. fr., vol. 3189, C 59).

délibération^ comme nous avons entendu par certain advertissement, de s'en aller à Genefve^ s'ils peuvent passer jusques là. Et sont tous conduitz par ung qui s'appelle de Mesmes^

Au surplus , Sire , nous arrivasmes vendredy, Xni"'^ de ce mois, en ceste ville, où nous avons entendu beaucoup de doUéances , tant d'une part que d'autre, et qui ne sont encores achevées. Et attendons journellement les conseillers présidiaulx, qui besongnent à Fumel, pour nous apporter toutes les procédm^es qui y ont esté faictes, pour icy en résouldre et y assoir jugement selon que nous congnoistrons qu'il se doibt faii-e, pour après, monsieur de Montluc et moy, aller sm^ les lieux faire exécuter ce qu'on aura arresté.

Sii'e, il vous plaira nous commander voz bons plaisirs pour iceulx toutes nos vyes acomplir, moyennant l'aide de Dieu, lequel nous suplions, Sire, vous donner en très bonne santé très heiu*euse et très longue vye.

De Cahors, ce XVni'"^ de mars 1 561 .

Vos très humbles et très obéissants subjectz serviteurs,

Bmye. de Monluc.

(Lettre originale; les deux signatures sont autographes; Bibl. imp., t. fr., vol. 3H86, f° \.)

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