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Monluc a déjà parlé de cette rencontre, t. 1. j

2 04. A MONSEIGNEUR LE DUC d' ANJOU.

[Villeneuve-d'Agen, 27 juin 1569.]

Monseigneur, la Marque est passé icy, s'en allant trouver monsieur de Terride, pensant qu'il soit en cores au siège de Navarrens, mais il ne luv trouvera poinct, car j'ay aprins par une lettre, que ung de ses mareschaulx de camp a escripte à ung gentilhomme de ce pays, de mercredy dernier, vingt deuxiesme du présent, par laquelle luy mande qu'ayant faict la monstre de leurs gens de pied, qui s'estoient trouvés quatre mil cinq cens hommes, et en ayant faict le paiement, il ne s'est point trouvé dans trois jours après sept cens hommes. Les ungs disoient que les cappitaines ont trouvé moyen de faire retirer les soldatz sans qu'il vienne d'eulx, craignant qu'estant faicte la bapterie, il n'y eust breiche suffisante et qu'on les feit aller à l'assault, pource que c'est une belle et forte ville de guerre^; les autres disent que les dictz cappitaines ont tant dérobé de paves que les soldats les ont habandonnés, tellement que ledict sieur de Terride a esté contrainct lever le siège. Et commença se retii'cr le dict jour de mercredy avec son artillerie, s'en allant à Floron^

i . La place de Navarreins, fortifiée par Henri d'Albret au moment de ses premières entreprises contre l'Espagne, passait pour imprenable. On conserve aux Ai'chives nationales un plan de Navarreins dressé et envoyé à Philippe II à cette époque pai' Juan Martinez Descurra, espion espagnol (K. 1499, n° 6).

2. Tous les contemporains attribuent la dispersion de l'armée de Terride à l'indiscipline des soldats. — C'est par erreur que

i 7-2 LETTRES

La royne me mande par le diet la Marque qu'elle continue d'avoir advertissement comme les ennemis veullent prendre le chemin de vers Libonrne, pour après se jeter entre deux mers, me priant pourvoir promptement et avoir soigneusement l'œil audict Ivibourne et à Bourdeaulx , dont incontinant j'ay despesché mon nepveu de Leberon avec troys compaignies de gens de pied poui* s'en aller en toute diligence audict Libourne^ et ay mandé à monsieur de Bories que^ si cas est que les dictz ennemys prennent ce chemin, qu'il me renvoie incontinant les sept compaignies du régiment de mon fils le chevalier, qui sont à Périgueux, de par deçà, desquelles j'en laisseroy troys en ceste ville, et le reste à Agen et où je verrov estre nécessaire. Vous suppliant très humblement, Monseigneur, croire que les dictz ennemys tiendront ce chemin, car le dict la Marque m'a assuré que, lorsque monsieur l'admirai s'en alla IrouA er leurs reistres, il laissa toute son infanterie en Angoulmovs et Xaintonge ; qui est aysé à croire que c'estoit pour reprendre le chemin A^ers ces cartiers de delà.

Et oultre ce que la royne m'en escript, il vous plaira considérer si mon discours est bien prins : en premier, s'ilz vouloient prendre leur chemin vers Gramat pour passer la rivière de Dordoigne, il faut qu'ilz passent à vostre teste et que vous les combattiez, ce qu'ilz veulent fuyr à cause qu'ilz n'ont point

nous avons dit (t. I, p. 28, note) , d'après tous les historiens, que Terride n'abandonna le siège de Xuvarreins qu'à la nouvelle de l'arrivée de Montgonmery. On voit par la lettre de Monluc qu'il se retira beaucoup plus tôt.

d'infanterie ; s'ils prennent le chemin droict vers sainct Emillion et Castillon^ ilz s'approchent de leurs gens de pied et passeront en plusieurs endroits ladite rivière de Dordoigne pource qu'elle est gayable. D'autre part le conte de Mongommerv, qui est allé vers Castres pour assembler le plus d'argent qu'il pourra, ensemble toutes leurs forces de par deçà, ne faict nul semblant de s'en aller; et tant s'en fliult qu'ilz veullent passer, car tous les jours il leur arrive des trouppes de gens de cheval qui s'en vont à Montauban; et, lorsqu'il entendra que le camp de monsieur l'admirai s'approchera de la rivière de Dordoigne, il prendra son chemin en ce pays d'Agennoys et entre les deux: rivières de Dordoigne et Garonne pour s'aller joindre avec les autres, où ilz trouveront tant de vivres qu'ilz vouldront. Et pour la dernière résolution de mon discours, la nécessité les contraindra de prendre le dict chemin, de tant qu'il est impossible pouvoù^ trouver vivres ailleurs.

Mais j'espère que vous userez de vostre diligence et vigilence accoustumée, qu'ilz ne seront si tost que vous soyez sur leur queue pour leur donner la bataille, dont je seray bien ayse qu'elle se donne en ce pays, pource que j'espère avec les trouppes de monsieur le mareschal Damville, lequel je vous supplie très humblement escrire qu'il s'approche de Chasteau Sarrazin et Moyssac, combien que je l'advertis de tout; les trouppes de messieurs delà Valette, d'Arné et de Clermont, que j'attends et les hâste tant que je puis, et celles que je meneroy, estant joinctes ensemble, pourrez faire estât de mil à douze cens gentilzhommes pour combattre. Vous suppliant vous en

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venir résolument, comme avez toujours faiet, car nous espérons tous faire ung si bon service au roy et à vous que vous louerez à jamais la nation gasconne. Cependant j'ay escript à monsieur de Montferrand, messieurs de la court de parlement et juratz de Bourdeaulx, de faire la plus grande provision de foins, pailles, avoines et autres vivres qu'ilz pourront ensemble, et faissines et autres choses nécessaires pour la fortiffication de la dicte ville. Voylà tout l'ordre que je y ay mis jusques à présent.

Si vous trouviez bon que le cappitaine Bardacliin vous allast trouver avec les troys mil harquebuziers, vous plaira luy en escrire; toutesfoys en ce cas il vous plaira par mesme moyen mander à Thoulouze qu'on luy baille de l'argent pour contenter les soldats. Autrement il est pauvre gentilhomme et n'auroit moyen de les contenter. Qui est tout ce que je vous diray par le présent, vous suppliant très humblement me tenir tousjours sous vostre protection et bonne grâce, priant Dieu, Monseigneur, en très bonne santé vous donner très longue et très heureuse vie.

De Villeneufve d'Agennoys, le XXVII"® jour de juing 1569.

Vostre très humble et très obéissant serviteur.

De Moulue.

Monseigneur, après avoir signé la présente, j'ay receu advertissement que le comte Mongonmery est vers Castres avec vingt enseignes de gens de pied el six ou sept cens chevaulx, lesquels ayant prins ung

ehasteau, nommé Brassac, et couppé la gorge à la i'emme Fizalle, de Castres, et tous ceulx qu'ilz y ont trouvé, asseurez-vous qu'ilz prendront le diet chemin. Qui me fl\it vous supplier encores ung coup escrire à monsieur le mareschal Damville qu'il s'approche de Moyssac, affni que tous ensemble vous alUons trouver pour estre à la bataille. Je luy mande que mov et toutes les forces de la Guyenne luy obéirons et le faisons nostre chef, car je ne veulx regarder la dignité aucune que le service du roy et le vostre.

(Lettre rapportée de Saint-Pétersbourg et communiquée par M. le comte de Laferrière.)

20 o. A MONSIEUR D AMP VILLE.

[Agen, 28 juin 1569.]

Monsieur, monsieur le conte de Negrepelice s'en va vous trouver et vous faire la révérence, lequel vous fera le discours de la résolution qu'a esté faicte et du chemin qu'il me semble, les ennemys prendront^, pour les raisons qu'il vous desduyra, vous suppliant humblement le vouloir ouyi^ et me faire entendre sur ce vostre résolution. Et encores que pour le debvoh^ de vostre estât, l'honneur vous apappartienne pour nous commander, si est-ce qu'en particulier je vous offre tout service à vous obévr, comme je feroys le roy, s'il y estoit en sa propre personne; vous asseurant qu'avec les troupes que

i . Il s'agit ici de Montgonmei y qui préparait à Castres son expédition en Béarn,

VOUS menez et celles que nous vous joindrons^ j'^^" père^ ferez ung service pour le roy signalé et remarquable à jamais. Je ne puis vous aller trouver pour ce que la royne m'a encores mandé par la Marque, qui est icy, qui s'en va en Béarn, qu'elle est advertie que les ennemys veulent prendre le chemin vers Liborne et me commande estre asseuré du dict I^iborne et de Bourdeaulx ; mais vous plaira me commander pour vostre service, vous asseurant que ny a gentilhomme en France ny en Guienne qui de meilleur cueur vous obéysse que moy. Et sur ce salueray vos bonnes grâces de mes humbles recommandations, suppliant le Créateur, Monsieur, en bonne santé vous donner longue et heureuse vie. D'Agen, le XXVIIP^ jour de jung 1569.

Vostre humble serviteur.

De Monluc.

(Lettre originale; signature autographe; Bibl. nat., f. fr., vol. 3242, f" 18.)

[Agen, 1er juillet 1569.]

Monsieur, despuis mon autre lettre escripte est arrivé ung soldat de la compaignie du cappitaine Monluc, mon filz, qui vient du camp et m'a apporté lettres de mon dit fils ; lequel, oultre le contenu d'icelles, m'a dict comme toutes choses passent en nostre camp. Qui est cause que je suis constrainct reprendre mes premières erres, m'asseurant que ne trouverez mauvais que j'aille où je voys, m'estanl tant amy comme vous m'estes. Cependant monsieur

de Panjas, mon cousin, s'en va devers vous, qui vous fera entendre toutes les nouvelles aprinses , ensemble quelque autre chose de ma part. Je vous supplie le croire comme feriez à moy-mesmes, et, s'il y a quelque chose hastée, le me mander par luy, et ce qu'il vous plaist que je face pour le service du roy et vostre; et je ne fauldray incontinant vous obëyr et faire toute ma vie humble service d'aussi bonne volunté que je supplie le Créateur, Monsieur, en parfaicte santé vous donner longue et heureuse vie, saluant vos bonnes grâces de mes humbles recommandations.

D'Agen, le premier jour de juillet 1 569. Vostre humble serviteur.

De Monluc.

(Lettre originale; signature autographe; Bibl. nat., f. fr.^ vol. 3242, f° 20.)

[Agen, 2 juillet 1569.]

Monsieur, présentement j'ay receu deux lettres, l'une de monsieur de Bories et l'autre de monsieur de Saint Génies, du dixiesme du passé, par lesquelles m'est mandé comme monsieur l'admirai, avec son avant-garde, est à Saint Jehan de Collé, et sa bataille vers Gornac et Tiviers; que Monseigneur avec son armée arriva le pénultiesme du dernier à Bonneval et Sainct Antlioine et ez envh^ons, à une lieue de la Douze, à trois petites lieues de Périgueulx, poursuyvant tousjours les ennemys pour leur donner la bataille. Et afiin que j'aye le moyen de m'y trouver, ce

que je désire bien fort, je m'aehemineray toute ceste nuict droiet à Villeneufve pour aller passer la Dordoigne en la plus grande diligence que faire se pourra, espérant m'y trouver à temps et à propos. Et si je ne voy que les affaires allent en longueur et dissimulation, je vous assure que m'en retourneray bientost par deçà pour vous aller trouver, comme vous ay mandé par monsieur de Panjas, admenant avecques moy toute la gendarmerie et forces qui sont par deçà. Qu'est la cause que vous supplie vouloir envover messieurs de Joyeuse et de Bellegarde vers Moyssac pour tenir en bride les viscomtes, affin qu'ils ne pillent tout le plat pays, et que vous puissiez conserver non seullement le pais de Languedoc mais aussi la Guyenne. Qui sera fin après m'estre très humblement recommandé à vostre bonne grâce, et pryé Dieu vous donner. Monsieur, en très parfaicte santé longue et heureuse vie.

D'Agen, ce n^"^ de juillet 1569.

Vostre humble serviteur,

De Monluc.

(Letti'e originale; signature autographe; Bibl. nat., f. fr., vol, 3232, f° 22.)

[Agen, 3 juillet 1569.]

Monsieur, vous sçavez combien les gens de bien, bons et fidelles subgectz et serviteurs du roy doyvent à présent estre respectez, sans que, pendant qu'ilz sont au service de sa Majesté, on les doyve surprendre par procès. Je dis cecy pource que le sieur

de Gensac, père de monsieur de Fontenilles, a ung procès en la coiut de parlement de Tholouze, le jugement duquel sa partye poiu-suit pendant qu'il est absent, qui est enseigne de la compagnie dudit sieur de Fontenilles. Et nonobstant que le beau-filz ' de monsieur de Bellegarde soit sa partie et que vous soyez bien son amy, si est-ce que je n'arresteray pour cela à vous supplier faire en sorte envers monsieur le premier président que le jugement du dict procès cesse jusques que la guerre soit finie, et après l'ung et l'aultre pourra poursuyvre son droict. Et oultre l'obligation que les dicts sieur de Fontenilles, de Genssac et les leurs vous en auront à jamais, vous m'obligerez ainsy de plus en plus à vous en rendre toute ma vie humble service. Au reste, Monsieur, je partz présentement pour m'approcher de la rivière de Dordoigne, vous asseurant que, si j'entendz que les affaires aillent en longueur, que j'en seray bien tost de retour pour incontinant vous aller trouver : saluant en cest endroict voz bonnes grâces de mes très humbles recommandacions, priant Dieu, Monsieur, en très bonne santé, vous donner longue et heureuse vie.

D'Agen, le IU°^«jour de juillet 1569.

Vostre humble serviteur.

De Monluc.

(Lettre originale; sigmiture autographe; Bibl. nat., f. fr., vol. 3242, f" 27.)

1. Jean de INogaret, seigneur de la Valette, époux deptiis 1S51 de Jeanne de Saint Lary, fille du baron de Bellegarde.

itO LETTRES

[Villeneuve d'Agen, 3 juillet 1569.]

Monsieur^ vous aurez veu à cest heure monsieur de Panjas, mon cousin, que je vous ay envoyé, ensemble ung messager exprès que je vous dépeschay hier, sur l'advertissement que j'euz de monsieur de Sainct Gêniez, qui me mandoit que le camp de Monsieur estoit à la Dronne. A présent j'ay receu d'aultres lettres dudict sieur de Sainct Gêniez contraires au premier advertissement, desquelles je vous envoyé une copie. Et à l'heure mesme en ay receu une autre de mon nepveu, monsieur de Lebéron, qui est dans Libourne avec quatre compaignies de gens de pied; qui me mande avoir eu lettre de madame de Ribérac, l'advertissant qu'il prinst garde à la ville, d'aultant que l'avant garde des ennemys devoit arriver, à ce qu'elle dit, qui est à Montagrier, à Ribérac vendredy ; qui est le plus droict chemin qu'ilz puissent tenir, partant de Thiviers pour venir à Libourne, et prendre en passant leur artillerie. Qui est cause que je me suis acheminé vers la rivière de Dourdoigne; mais de la passer, comme je vous ay escript, je me crains ne le pouvoir faire, pour aultant que la gendarmerye, que je pensois mener avec moy, m'ont faict pour responce qu'ilz ne la passeroient poinct, à cause que les vivres sont bien chers au camp de Monseigneur, et qu'ilz n'avoient faict monstre comme celles de son camp et les autres compaignies de ce royaume. Je luy en ay par cydevant escript, luy remonstrant le desdaing et ja-

lousie qu'il mettoit en ceste nation, qui est assés bigearre d'elle-mesmes, sans leur donner occasion d'en estre davantaige.

Sy lesdictz ennemys prennent leur chemin, comme aucuns disent, vers Angoulesme, je croy que c'est pour secourir Nyort que monsieur de Lude tient assiégé de bien près; que s'ilz ne font bonne dilligence, il l'aura reprins avant qu'ilz soient à my-cliemin. J'ay bien oppinion qu'ilz ne vouldroyent pas perdre ceste ville; et sy ainsy est, je tourneray tout court pour vous aller trouver, avec intention de ne vous abandonner d'ung seul pas. Qu'est tout ce que pour le présent je vous puis escrire, me recommandant bien humblement à vostre bonne grâce; priant Dieu vous donner. Monsieur, en très bonne santé, longue et heureuse vye.

De Villeneufve, le lU.^^ de juillet 1569. Vostre obéyssant serviteur.

De Monluc.

Depuis la présente escripte, m'est arrivé ung courrier du camp, qui dit que, après la prinse du seigneur Strozzy*, le conte Saincte-Fior ^ dit à Monseigneur que, s'il n'estoyt délibéré de combatre bientost les ennemys, il estoyt résolu de s'en retourner

1. Combat delà Roche l'Abeille, 2Sjuin 1S69. Philippe Strozzi, colonel général de l'infanterie, y fut fait prisonnier.

2. Sforce, comte de Santa Fior, avait conduit au camp du duc d'Anjou, à Saint-Jean-de-Livron , au mois de juin, un corps de troupes auxiliaires de 5000 hommes de pied et de 1 500 chevaux, levés et soudoyés par le pape Pie V. (Lettre d'Alava au duc de Médina CœU, du 17 juin 1569; Arch. nat., K. 1514, n" 134.)

avec sa trouppe, car il n'estoyt venu là sinon pour faire ung grand service au roy le jour d'une bataille; mesmes qu'ilz estoient de si loing qu'ilz seroient constrainctz de mendier^ après que l'argent leur seroyt failly^ pource qu'il voyoit les armées sy près l'une de l'autre sans combatre; qui luy donne à penser que cela yra en longueur.

(Lettre originale; signature autographe; Bibl. nat, f. fr., vol. 3242, f" 24.)

[Villeneuve d'Agen, 5 juillet 1569.]

Monsieur^ je n'arresteray jamais à vous advertir de tout ce que je pourray entendre : monsieur de Sainct Gêniez m'a envoyé la coppie d'une lectre qu'il a receu d'ung cappitaine^ de laquelle je vous envoyé aussi ung double, par lequel pourrez, s'il vous plaist, veoir comme les ennemys font sémillant de reculer; et croy qu'il est véritable, pource qu'ilz estoient tout au plus près de Périgueux. J'en attendray encore de plus certaines nouvelles, et à l'instant que j'en recevray ne faudray de vous en advertir.

J 'attendray icy demain monsieur de la Vallette, qui doibt passer par ceste ville; et tout incontinant partiray pour m'en aller sur la rivière de Dordogne, au lieu où je seray adverty que les dictz ennemis yront; j'entendz, s'ilz entreprennent d'aller vers Libourne; mais, s'ilz s'en vont, je reculerav pour vous aller trouver en toute dilligence. Et sur ce je me recommande très humblement à vostre bonne grâce,

priant Dieu vous donner^ Monsieiu*, en très bonne santé longue et heureuse vye.

De Villeneufve, le V""^ de juillet 1569. Vostre obëyssant serviteur,

De Monluc.

(Lettre originale; signature autographe; Bibl. nat., f. fr, . vol. 3242, f» 29.)

[Villeneuve d'Agen, 5 juillet 1569.]

Monsieur, ung gentilhomme, nommé le sieur de Roux, qui est habitant de Castelsarrazin, est de ma compaignie. Les consulz dudict Castelsarrazin le comprennent ordinairement, contre tout devoir et raison, en toutes impousitions qu'ilz font pour leurs communes, nécessitez, et mesmes dernièrement l'ont cothizé en l'emprunt des biens aysés. Son revenu n'est si grand qu'il se puysse entretenir, monté et armé pour le service du roy, et payer les susdictes charges. Qui faict que je a^ous prie. Monsieur, autant qu'il m'est possible, commander ausditz consulz de descharger desdictz fraiz extraordinaires et de l'emprunt ; ce pour luy donner meilleur moyen de se tenir en campaigne pour le service du roy.

Monsieur, je me recommande humblement à vostre bonne grâce et prie Dieu vous donner en santé, longue et heureuze vye.

De Villeneufve d'Agen, ce V"^ jour de juillet 1569. Vostre obéyssant serviteur.

De Monluc.

(Lettre originale; signature autographe; Bibl. nat., f. fr., vol. 3242, f" 31.)

[Villeneuve d'Agen, 6 juillet 1560.]

Monsieur, despuis ma lettre, que je vous escripvis yer, avec la coppie de celle que monsieur de Sainet Génies m'a escript et que je vous ay envoyé, j'ay receu une letre du roy* et une de Monsieur ^ desquelles je vous envoyé les coppies. Par celle de sa Majesté vous verrez que monsieur le baron de la Garde est party avec les galères ^ Je partiray demain pour aller à Bourdeaulx donner ordre aux biscuitz, chières sallées et autres choses nécessaires pour l'avitailliement des dictes galères. Et feusse desjà party, sans que j'atends monsieur de la Vailete qui doibt passer ce jour d'huy en ceste ville. Par la coppie de celle de Monsieur vous verres quelle est son intension et ce que je dois faire. Que me gardera vous escrire autre chose, sinon que je croy que vous avez veu à présent monsieur de Panjas, qui vous aura discoreu au long de tous affaires. Monsieur le visconte de Lauzun est sur son parlement pour vous aller faire la révérance. S'il survyent quelque chose, je ne

1 . Une copie de la lettre du roi , date'e du 24 juin , est conservée dans la collection Clerambault, vol. LXVII, f° 6287.

2. La copie de la lettre du duc d'Anjou à Monluc, datée du 1" juillet, est conservée à côté de la présente lettre de Monluc . Elle lui donne l'ordre d'occuper Bordeaux, d'envoyer les capitaines Monluc et des Bories à Libourne et à Bourg (f, fr., vol. 3242, f° 40.)

3. Le baron de la Garde avait reçu l'ordre de tenter par mer un coup de main contre la Rochelle, qui depuis le J 1 février 1567, appartenait aux réformés. Cette expédition n'eut aucun succès.

fauldray vous en advertir par luy. Monsieur, je me recommande humblement à vostre bonne grâce et prie Dieu vous donner, en santé, longue et heureuse vie.

De Villeneufve d'Agen, ce VP' juillet 1569. Vostre obéissant serviteur.

(Lettre originale; signature autographe; Bibl. nat., f. fr., vol. 3242, f° 33.)

[Vaieneuve d'Agen, 7 juillet 1569-]

Monsieur, je vous ay faict ses jours passés plusieurs dépesches sur celles que j'avoys receues de toutes partz. Ce jour d'huy est arrivé du camp le cappitaine Baillierbas, guydon de defFunct monsieur de Masses, duquel je ne sçay à qui le roy et Monsieur donneront la compaignie. Il m'a asseuré que les ennemys s'acheminoyent par Saincte Gestie et Confolens vers la rivière de Loire, et que mondict sieur les suyvoict, mays non de si prez qu'ilz ne peussent gaigner grand advantaige et arryver plus tost vers la dicte rivière. Monsieur de Sainct Gêniez m'a escrit le mesmes du jour de yer et envoyé une lectre de monsieui' de Boryes de mesme substance, par où je suis confirmé en ceste opignion qu'ilz prenent ce chemin, et que pour soy rencontrer ensemble, le conte de Montgommery prent le chemin par Auvergnye et les mesmes lieux par où passa Ponsenac*.

i. Poncenac, gentilhomme du Forez, après avoir longtemps

Cependant, je m'en vays jusques Agen pour me faire pencer d'ung mal de tétin, quy m'est venu, et me tourmente si fort que je ne puis durer, et en ay ung espèce de fièvre; sans lequel je n'eusse failly vous aller trouver et ad viser ce qui est de faire, comme je feray incontinent après me trouver ung petit mieulx de mon dict mal et avec intension et désir d'exécuter tout ce entièrement que vous aurés advisé, quant bien je me debvroys faire pourter en litière, tant je désire vous obéyr en toutes choses, pour la raison et devoir et aussi pour l'affection particuUière que je vous ay tousjours pourtée et porte plus grande que aulcun aultre seigneur.

Il est vray que je désireroys, Monsieur, que l'entreprinse que je vous ay envoyée communiquer par monsieur de Panjas peult estre celle par laquelle vous commencissiés à enployer les forces que vous aurés assemblées et qui vous rendront facilles toutes les autres. Je ne veulx aussi obmectre à vous dire que j'ay sceu, tant par le dict sieur de Bailherbas que par plusieurs aultres, que les enemys ont envoyé demander à Monseigneur ung passeport pour deux ou troys gentilzhommes, qu'ils veulent envoyer devers sa Majesté la suplier d'avoir pityé de sa noblesse et la laisser vivre en liberté de leurs consiences K Le-

guerroyé en Languedoc auprès de d'Acier, conçut le hardi projet de rejoindre le prince de Condé. Il traversa toute l'Auvergne et fut tué dans une rencontre en Bourbonnais au commencement de 1368.

■I . Cette requête et les pourparlers auxquels elle donna lieu sont rapportés par de Thou, liv. XLV. Voyez aussi le Traité des Preuves de l'Histoire, par le P. Griflet, 1770, p. 22S.

quel passeport leur a esté accordé et pence qu'ilz sont desjà partiz. Ilz ont esté occasionnés de ce faire, tant du scisme et division quy est entre leurs revstres, à cause du commandement donné et defféré au conte Mansfeld ', au préjudice de deux aultres contes de plus grande maison, que aussi pource que plusieurs des Provensaulx et aultres de dessà, avant veu leur résolution d'aller en France et s'esloigner tant plus de leur pays, ce desbandent ordinairement de leur camp, dont aulcuns ont esté tellement poursuyvys et coreus à force par les communes, les gens du sieur de Sainct Gêniez et ceulx que j'avoys envoyés aux envyrons de la rivière de Dordoigne, que la pluspart d'eulx ont esté tués et le reste prisonniers : advouant tous ledict scisme et division d'entre lesdictz reystres et la volonté de la plus part des Françoys de ce retirer dudict camp en leurs maisons; ce que je n'ay voleu failhir, Monsieur, devons escrire ainsi particullièrement par le mesme, comme je feray toutes aultres choses que je entendray. Cependant je prieray le Créateur, Monsieur, vous donner, en parfaicte santé, très heureuse et longue vie, après m'estre recommandé à vostre bonne grâce. A Villeneufve, le VIF' jour de juillet 1 569. Vostre obéissant serviteur.

De Monluc.

Craignant que ledit sieur de Panjas n'eust bien

i. Wolfgang de Bavière, duc des Deux-Ponts, était mort d'une fièvre quarte, le 11 juin, à Xecson, près de Limoges. Il laissa le commandement de son armée à Wolrad de Mansfeld, son lieutenant.

retenu et vous eust diet le nom de la dicte ville c'est celle de Pouldres en la montagne.

(Lettre originale; signature autographe; Bibl. uat., f. fr., vol. 3-242, f" 36.)

[Agen, 9 juillet 1569.]

Monsieur, je vous escrivis part yer et envoyé les derniers advertissemens que j'avoys receu du chemin que les ennemys tenoient. A présent je vous envoyé la coppie d'une lettre que Monseigneur m'a escripte, par laquelle verrez qu'il n'y a rien d'asseuré du chemin que lesdietz ennemys veulent prendre; et croy que c'est ung malheur pour nous et que Dieu nous veult pugnir, car il n'y a personne en nostre camp qui puisse estre asseurée, au vray, desdictz ennemys et de leur desseing, combien que parfoys ilz sont à deux lieues l'ung de l'aultre. Incontinant que j'en auray nouvelles plus certaines je ne fauldray vous donner adviz du tout; et si j'entendz que lesdietz ennemys preiient le chemin de France, je m'en yray vous trouver, comme je vous ay mandé, porveu que je puysse aller à cheval : car le mal de mon tétin me presse fort tellement que je ne puys aller à Bourdeaulx. Et attendant que je vous puysse mander d'aultres nouvelles, mettray fin à la présente, aprez m'estre recommandé humblement à vostre bonne grâce, priant Dieu, Monsieur, en parfaicte santé vous donner longue et heureuse vie.

D'Agen, le IX'"^ jour de juillet 1569.

Vostre humble serviteur, ,^ t.^ ,

' De Mon lue.

(Lettre originale; signiitiire autugrujilie; Bibl. nat,, f. fr,, vol. 3242, f" 38.)

DE BLAISE DE MOiNLUG. 180

[Agen, 10 juillet 1569.]

Monsieur, j'ay receu par ce pourteur deux de vos lettres, l'une escripte à Alby, du XXVII™" de jung, et l'autre à Tholoze, du XXIX™'' du dit mois, dont je suys esté infiniment ayse d'avoir entendu vostre arrivée audit Tholoze, car je craignois que ces gens, qui font tant de mauvais, se feussent advancés pour vous donner une estroite. Toutesfoys, je sçay bien qu'il ne leur estoit pas bien aysé, car, s'ilz s'en feussent essayés, ilz eussent payé la plus grande partie des despens. Au reste, monsieur de Panjas, mon cousin, partira demain mastin, pour s'en aller devers vous; lequel vous fera entendre toutes les nouvelles que j'ay aprins par ma résolution; qui me gardera vous en faire redicte. Cependant je vous envoyé les lettres que monsieur de Saint Genyès m'a envoyées, par lesquelles voirés que les deux armées sont bien près l'une de l'autre. Et remectant le surplus sur ce que le dict sieur de Panjas vous apourtera, supplieray le Créateur, Monsieur, vous donner en très parfaicte santé longue et heureuse vie, me recommandant très humblement à vostre bonne grâce.

D'Agen, ce X"^" jour de juillet 1 569.

Vostre humble serviteur.

De Monluc.

(Lettre originale; signature autograpbej Bibl. nat., f. fr., vol, 3242, f" 61.)

2 m. A MONSIEUR DAMPVILLE.

[Agen, 13 juillet 1569.]

Monsieur^ je cuydoys partyr jeudy de ceste ville pour vous aller faire la révërance à Tholoze ; mais la postume qui m'est venue sur le tëtin me donne plus de douleur que ne faisoit avant qu'elle feust percée. Cella me pourra retarder pour quelques jours et me garder de partir plus tost de dimanche, avec d'aultres occasions qui s'offrent, comme monsieur de Fontenilles vous fera entendre de ma part, vous priant le croire. Cependant, je vous prie vouloir entreprandre et vous me trouvères tousjours prest de suyvre.

Monsieur, je me recommande très humblement à vostre bonne grâce et prie Dieu vous donner, en santé, très longue et heureuse vie.

D'Agen, ce Xlir*^ de juillet 1 569.

Vostre obéyssant serviteur.

De Monluc.

(Lettre originale; signature autographe; Bibl. nat., f. fr., vol, 3242, f" 42.)

[Lectoure, 14 juillet 1569.]

JMonsiem', je me suis acheminé ce jour d'huy pomme rendre en ceste ville de Lectoure; mais j'ay soufert en chemin tant de doleur de la postume que j'ay sur le tétin que je n'en enduris jamais de pareil, sauf depuis une lieue que j'ay eu quelque peu de

repoz; s'il me continae, je partbay sabmedy matin. Il est vray que je pourrois estre empêché d'aller devers vous pour une nouvelle qui m'est venue comme je montois à clieval, l'après disnée^ de la part de monsieui* de la Chappelle, lieutenant de monsieur de Biron^ qui est à Cahours, qui me mande que le comte de Montgomery et les viscontes sont de retour à Montauban. Il a mandé pour envoyer une compaignie à Moyssac. S'il est ainsi qu'ilz y soient^ je ne pomTay aller devers vous^ car il fault que je regai'de ce qu'ilz vouldront faire. J'ay despêché incontinant ung des gens de monsieur de Brassac^ qui sera icy demain et m'en appoui'tera nouvelles assem^ées. Il est vray que monsieur le marquis de Vilars, vostre oncle, a escript une lectre du septiesme de ce mois à son homme, Poldé, par laquelle il le prie parler à monsieur de Naux, marchant d'Agen, pour le prier de vendre les bleds de toutes ses terres; cai^ aussi bien les ennemys ou amys le prendroient. Qui me faict doubler que le camp des reystres soit en oppinion de passer par deçà, car le dit sieur n'escript cela sans quelque occasion. Toutesfois, monsieur de Thonens partit l'huytiesme de ce mois du camp de Monsieur, qui m'asseure que les ennemys s'en alloient en France, et qu'ilz estoient, dès lors qu'il partist, bien avant tirant vers Chastelerault. Le mesme langaige tiennent tous ceulx qui viennent du camp. Il ne peult estre que dans deux jours nous ne sçaclîions des nouvelles à la vérité. Si ces viscontes sont par deçà, je ne vous pourray veoir si tost, qui me sera ung très grand desplaizir, car je m'asseui-e que j'aurois ung grand plaisir, proffit et contante-

ment de vous veoir. Qui est i'endroict que je me recommande très humblement à vostre bonne grâce, prie le Créateur vous donner, Monsieur, heureuse et

longue vie.

De Lectore, ce XIIIP*^ juillet.

Vostre humble serviteur,

De Monluc.

(Lettre originale; signature autographe; Bibl. nat., f. fr., vol. 3242, f" 46.)

[Lectoure, 17 juillet 1569.]

Monsieur, suyvant ce que je vous ay escript, je pensoys partir de ceste ville pour vous aller trouver; mais tout le jour de yer et toute ceste nuict passée je me suis trouvé si mal de mon tétin qu'il a failleu que les médecins et cirurgiens m'ayent faict ung aultre trou; et par l'adviz d'iceulx je suis constrainct m'arrester encores pour troys ou quatre jours, dans lesquelz ilz m'asseurent que je pourray monter à cheval et m'acheminer sans danger, ce que je feray incontinant. Toutesfoys je y faiz doubte, car il m'v mène si grand douleur que, si elle me continue, je suis constrainct de tenir le lict ; et si crains que mon mal se tourne en ung cancer, pource qu'il n'est poinct ung fluroncle; car c'est ung catarre qui m'est tombé là -dessus. Toutesfoys les dictz médecins et cirurgiens m'asseurent que je pourray monter à cheval dans quatre joiu-s. Du reste, depuis vous avoir escript, je n'ay receu nouvelles aucunes dignes de

VOUS estre escriptes, si ce n'est qu'on me mande aujoiu'dhuy que Montgomery et les viscontes veulent passer pour aller en Béarn^ mais je n'en croys rien, comme aussi n'est avsé à croire qu'ils veuillent siiyvre monsieur l'admirai. Il ne peidt estre que dans troys ou quatre jours nous ne soyons advertiz en quoy ilz deviendront; dont je vous advertiray de cela et de toutes autres choses que j'entendray inconlinant. Saluant en cest endroict vos bonnes grâces de mes humbles recommandations; priant Dieu, Monsieur, en bonne santé vous donner longue et heureuse vie.

De Lectom-e, le XVII'"' jour de juillet 1569. Vostre humble serviteur,

De Monluc.

(Lettre oiiginale ; signature autographe; Bibl. nat. , f. fr., vol. 3242, f" 44.)

[Lectoure, 18 juillet 1569.]

Monsieur, je vous escriviz hier par ung mien soldat, je vous mandois que je ne pouvois partir de ceste ville de trois ou quatre jours, à cause de la douleur extrême que le catarre qui m'est descendu sur le tétin me donnoyt, m'y ayant faist les serurgiens une nouvelle ouverture. Ce jour d'huy matin je me suis commencé à bien porter et partiray demain, qui est mardy, pour aller coucher à Beaumont de Lomaigne et me rendre à Granade, espérant de disner jeudy à Tholouse en vostre compaignie. A ce matin de bonne fortune m'est arrivé ung autre de mes sol-

dats que j'avois envoyé au camp avec mon maistre d'hostel^ pour prier Monsieur voulloir escrire en ma faveur au roy, poiu* la réserve de l'évesclié de Condom, estant l'évesque^ qui cy-devant en a esté pourveu a ma prière^ mallade. Lorsque mes gens sont arrivés au camp, ilz ont trouvé que le cappitaine Caussens estoit sur son partement pour aller en court devers leurs Majestez, à qui Monsieur a baillé les despêches nécessaires pour mon dit affaire. Le soldat qui y estoyt allé, par qui Monsieur m'a escript, partit du camp mercredy dernier et le laissa à Lynard, la Jaille et Saint Léonard, où mondit sieur attendoyt monsieur de la Valete, et le chevalier, mon filz, que depuis ledit soldat a trouvé au costé de Saint Yriex, en sorte qu'ils sont à présent au camp. Le camp des ennemys estoyt pour lors à Montmorillon. Monsieur se délibéroyt, ayant receu les forces dudit sieur de la Valette et du chevalier, les aller trouver, et pour faire plus de dilligence il a layssé les ponts, charetes, chariots et autres bagages.

Monsieur de Biron a commandé à mondit maistre d'hostel m'escrire que le roy est résollu n'entendre aucunement à la paix. Monsieur Fadmiral avoyt envoyé devers sa majesté pour le supplier très humblement voulloir permettre qu'il se retirast hors le royaume de France^, layssant vivre ceulx de la prétendue relligion en liberté de conscience, en leurs maisons, suivant l'édit de septembre dernier*; et pour

i . Sur les négoci;itif)ns ([iii suivirent le combat de la Roche l'Abeille, voyez la note 1 de la page 1 36.

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