Cet édit, oublié par Fontanon et tous les autres compila
cest effect il y a envoyé deux gentilzhommes. Ung maistre d'hostel dudit sieur de Biron a aussi dit à moiidit maistre d'iiostel^ comme le soldat m'a rapporté, que le roy a envoyé monsieur le mareschal de Montmorency, vostre frère, avec toutes les forces qu'il a peu assembler, le long de la rivière de Loyre, pour empescher le passage du camp des ennemys. Voilà Testât auquel estoient les affaires, lorsque ledit soldat partit du camp; de quoy je vous ay bien voullu advertir, m'asseurant que vous resjouyrés de sy bonnes nouvelles. Et sur ce je me recommande très humblement à vostre bonne grâce; priant Dieu vous donner, Monsieur, en bonne santé très longue et heureuse vye.
De Lectore, le XVUT' de juillet 1569.
Vostre obéyssant serviteur,
De Monluc.
(Lettre originale; signature autographe; Bibl. nat., f. fr,, vol. 3242, f" 49.)
[Grenade, 24 juillet 1569.]
Monsieur, je vous pai'lay yer de l'affere du sieur de Souppetz, cousin germain de ma femme, et des cothisations qu'on l'a chargé, dont de vostre grâce me promistes qu'il n'en payeroit rien. Toutesfoys, nonobstant qu'il ayt contribué au ban et arrière ban et qu'il soit à présent employé au service du roy, le
teurs, est conservé aux Archives nationales, K. 1537, n' 10 et 11.
l\)[) LE 1 TRES
seiinesciial de Laui'agoys, son lieutenant, ou consul de Chasteauneuf d'Ary, ne y ont aucun esgard, ains luy ont faict saisir et mettre sous la main de sa Majesté tous les fruictz à luy appartenans, comme vous plaira veoir par la requeste que ce porteur vous présentera de la part du sieur de Souppetz. Vous suppliant le vouloir descharger de ceste cothisation, vous asseurant qu'il employera l'argent à achapter des armes et clievaulx pour le service de sa Majesté: et luy et moy vous en demeurerons d'autant plus obligés. Me recommandant sur ce humblement à vostre bonne grâce; priant Dieu, Monsieur, en bonne santé vous donner longue et heureuse vye.
De Grenade, le XXIIH™" jour de juillet 1569. Vostre humble serviteur,
Monsieur, je suis asseuré que si vous escripviés au senneschal de Lauragoys ou à ceulx qui ont faict saisir les biens dudict sieur de Souppetz qu'ilz n'ayent à passer oultre, ilz s'en depporteront, veu mesmement qu'il est gentilhomme et de maison, lequel se met en équipaige pour s'aller rendre auprès de vous et vous faire très humble service.
(Lettre originale; signature autographe; Bibl. nat., f. fr. vol. 3242, f" 54.)
[Verdun, 24 juillet 1569.]
Monsieur, comme monsieur le conte de Negrepelice et moy arrivions en ce lieu de Verdun, j'ay receu une lectre, de laquelle je vous envoyé l'extraict.
DE BLVISE DE :\IOM.UC, 197
Et en mesme instant est arrivé l'homme que monsieur de Sainct Girons avoit envoyé à Montauljan; lequel dict et asseure que le visconte de Montclar et le sieur de Sérignac sont arrivés audict Mohtauban et que ceulx de la ville ne font que pleurer^ disans qu'ilz ne les veulent poinct habandonner, qui est signe qu'ilz s'en veulent aller. Le dict sieur de Sainct Girons y a renvoyé le dict homme^ et espère dans demain au soir en sçavoir encores plus amples nouvelles, dont incontinant il vous en advertira et à mov aussi. Cependant j'escriptz à monsieur de Fontenilles que, si vous le trouvez bon, il s'en aille avec sa compaignie à Moyssac; et le dict sieur conte de Négrepelice assemblera vingt cinq ou trente salades de sa compaignie, qui s'en sont venuz du siège de Navarrens, afin que nous commensons nous approcher du cousté de Moyssac, si les ennemys s'en veulent aller. Qui sera fin, aprez avoir salué voz bonnes grâces de mes humbles recommandations, priant Dieu, Monsieur, en parfaite santé vous donner longue et heureuse vie.
De Verdun, le XXIIIl'"'' jour de juilhet 1569. Vostre humble serviteur,
de Monluc.
(Lettre originale; signature autographe; Bibl. nat., f. fr., vol. 3242, f" 52.)
[Cassaigne, 29 juillet 1569.]
Monsieur, je partiray demain en la compaignie de monsieur de Vallence, mon frère, pour m'en aller à
Ao^en où je fais assembler une partie des scindiez de la Guyenne, pour entendre d'eulx de quoy ilz vous pourront ayder à l'exécution de voz entreprinses; et espère qu'ilz s'accorderont poui' le service du roy à ce que leur sera dict. J'ay quatre compaignies de gens de pied ausquelles je feray faire monstre mardy prochain, pour les envoyer la part où il vous plaira. Et vous supplie très humblement m'advertir de la résoullution que vous avez prinse, ou quel lieu devez commancer, affin que je me preste pour vous aller trouver avec la cavallerye.
Au reste, Monsieur, je suis adverty que le cappitaine Sendat s'en va vous trouver avec quelques trouppes; si d'avanture vous le reteniés pom^ faire service au roy et à vous, je vous supplie ne trouver estrange si je n'y vayes, et vous choisirés duquel vous ajTnés myeulx servir, de moy ou de luy. Et affin que vous coignoissiés quel personnaige c'est : il a volleu tuer son père par poiczon, et voyant qu'il avoyt failly à exécuter sa malheureuse et meschante intention, il voulust estrangler son dict père dans le lict, comme ses complices ont depposé au supplice. C'est ung traistre au roy, qui abandonna Bourg, où il estoyt en garnison, lorsqu'il entendit que les ennemys le venoyent assiéger, et si en a enpourté l'argent du roy. C'est ung volleur, ung brigant, qui a commis ung infinité de pilleries et larcyns, comme j'espère vous faire apai'oir pai' informations. Brief, qu'il n'y a sorte de crime qu'il n'en soit taché. Et à présent que je me fie de luy! je ne le puys ny ne ledoys; car, estant en vostre camp, il me pourroit faire thuer par derrière à quelqu'un de ces quarante
OU soixante volleurs qu'il a auprès de luy, qui sont de telle vie et honneur qu'il est : je vous prie donc, Monsieur, y adviser. Je suys résolleu le poursuyvre devant le roy et avoir repparation des tortz qu'il a faietz en ce gouvernement. Et me deust-il couster tout ce que j'ay en ce monde, sa vie meschante et vicieuse me contrainst vous en parler ft-anchement. Et en cest endroict je feray fin à la présente par mes très humbles recommandations à vostre bonne grâce, priant Dieu vous donner. Monsieur, en santé longue et heureuse vie.
De Cassaigne, ce XXIX"" juillet 1 569.
Vostre obéyssant serviteur.
De Monluc.
Monsieur, ledict capitaine Sendat avoit prins son chemin pom' s'en aller en France, et auprès de la Dordoigne, luy et des gens de monsieur de Saint Génies se retirarent ensemble et trouvarent cent ou six vingtz pauvres prouvançaux, maistres ou valetz, qui s'en alloient en Prouvance en leurs maisons, veneans du camp de monsieur l'admirai, sans faire desplaizir à personne; et c'estoit, suyvant ce que Monsieur avoyt mandé secrètement en leur camp, par mon adviz et conseil. Lesquelz, dès qu'ilz virent ledit Sendat, layssarent les armes, ne tirarent jamais coup, cryant miséricorde, les thuarent tous, réservé quinze ou vingt. Deux des gens dudit sieur de Saint Génies, qui y estovent, m'ont conté l'ystoire. Et puys s'en est retourné, n'ayant ouzé passer pour aller trouver le camp de Monsieur, comme il disoit; et a heu craincte aussi que monsieur de Vallance, mon
frère, heusse envoyé des informations que le procureur du roy de Bourdeaulx et les maire et juratz de Bourg ont faict conte de luv à monsieur le maresclial, Yostre frère, ayant oppinion qu'ilz le favorizoyent. Toutesfoys, monsieur de Vallance et monsieur de Dacgz en ont adverty ledit sieur mareschal. Et vous feray toucher au doyt qu'il s'entend avec la royne de Navarre et avec ses officiers; et vous puys asseurer, si le roy avoit une bastonnade et qu'elle vînt de par deçà, il seroit bientost avecques elle. Il c'est mis avec la compaignie du visconte de Lauzun pour passer; mais si je feusse esté icy, je l'heusse allé tailhier en pièces entre les mains du guydon que le retire, combien que je pense que ledit guydon n'estoit point adverty de ses meschancetés; et croy qu'il a faict pour monstrer, par là où il passeroit, que sa compaignie est grosse; car aussi bien a-il Aouleu les terres de son frère, qui est monsieur de Caucin, comme des autres, ou bien a eu craincte que monsieur de la Vallete le fisse prandre au camp, comme il me dict en passant qu'il volloit faire, s'il y alloit, pour un faulx instrument qu'il a foit faire de quinze centz escutz contre madamoyselle de Monquassin, sa sœur, lequel a esté prouvé faulx; et ce n'est la premièi'c faulceté qu'il a faict, car en y a plus de quatre autres; et je luy tire la corde du coul et non autre; mais quant j'av veu qu'il touchoit au service du rov, je n'av volîeu soustenir en ses meschancetés.
(Lettre iirigin;ilo; signiituro aut()griip}ie ; Bibl. ii:it., f. fr.. vol. :V242, f" 56.)
[Agen, 31 juillel 1569.]
Monsieiu', j'ay receu vostre lectre sur le point que j'avovs délibéré vous envoyer ung double de la letlre que monsieur de Leberon m'a escript. J'ay mandé ma eompaignie de se rendre à Nérac, et d'iey à quatre ou cinq jours je seré à ^Mauvesin avec cinq compaignies de gens de pied, et attendre cependent de vos nouvelles, pour vous aller trouver la part que me manderés. J'ay mandé la eompaignie de monsieur de Gondrin se tenir devers Saincte Foy et le long de la rivière de Dordoigne; et à monsieur de Leberon de garder ce coing avec troys aultres compaignies de gens de pied, afin d'empêcher que les ennemys ne passent la dicte rivière, pendent que je seré avec vous. Vous voierés par le dit double de lettre comme monsieur l'admirai, de peur que ses reistres ne s'en aillent, ne veult passer la rivière de Loire; ce que je pense estre véritable. Et est à croire 'que, si la reyne de Navarre aura jamais crédit en son camp, elle tâchera de le faire venir en Béarn pour secourir son Navarrens. Et pleust à Dieu qu'ainsin (eust, car je m'asseure que nos donrions à cognoistre que ne playderions pas tant à combatre comme a faict nostre camp ; et voldrois qu'il m'eust costé ung doibt de ma main, sans mourir, et que nous eussions tous lesdiz ennemys ensemble, pour ce fere et ne délayer tant comme a faict nostre camp ; qu'est l'occasion que noz soldatz se descouraigent et mesprisent leurs chefz, dont eeulx qui ne scavent que l'in-
lention de noz chefz est de gaigner en délayant, panseront que ce soit plus tost par pusillanimité que aultrement. Qu'est tout ce que vous ay à dire à présent; et se aulcune aultre chose surviendra, je vous tyendray adverty de jour à aultre; cependant me recommandant très humblement à vostre bonne grâce, je prie Dieu, Monsieur, vous donner en parfaicte sancté, très heureuse et longue vye.
D'Agen, ce dernier de juillet 1569.
Vostre obéyssant serviteur.
De Monluc.
(Lettre originale; signature autographe; Bibl. nat,, f. fr., vol. 3242, f" 59.)
[Agen, 2 août 1569.]
Monsieur, sur les quatre heures d'ier soir j'ay receu vostre lettre et advertissement du dernier du passé, dont en l'instant ung chevalier de l'ordre m'a asseuré qu'il ne y a rien plus certain que les ennemys passent la rivière de l'Ariége pour passer en Béarn ; que me faict croire l'advertissement estre véritable. Qu'il esté la cause que incontinant j'ay mandé ma compaignie et celle de monsieur de Gondrin s'acheminer en diligence, prenant le chemin vers l'Isle en Jordain, où je m'en voys demain matin, à la pointe du jour, avec quatre compaignies de gens de pied. Et assembleray toutes les forces qu'il me sera possible, vous suppliant en faire le semblable de vostre cousté, affin que bientôst nous joignons nos forces
ensemble et allons combatre les dicts ennemys. Saluant sur ce voz bonnes grâces de mes humbles recommandations^ priant Dieu, Monsieur, en bonne santé vous donner longue et heureuse vye. D'Agen, le W jour d'aoust 1569.
Vostre humble serviteur.
De Monluc.
Pource que le sieur de Damesaing m'a dict que les dicts ennemys ne se oseroient bazarder pour passer en Béarn, et qu'il pense qu'ilz vont trouver le sieur de Sérignac au Caria, pourroit bien estre, si nous avions bientost nos forces ensemble, que nous les combattrions à leur retour. Toutesfoys ung aultre gentilhomme me vient de dire avoir veu une lettre que la royne de Navarre escript au comte de Mongomery, iuy mandant par icelle s'en aller en Béarn, avec toutes ses forces de pai' delà, pour mettre en pièces tout ce qu'il trouvera d'ennemys devant Navarreins.
(Lettre originale; signature autographe; Bibl. nat., f. fr., vol. 3242, f» C3.)