AU DUC D ANJOU
[Cassaigne, 18 juin 1570.]
Monseigneur, ce que je puys faire pour les gens de bien, fidelles et affectionnés subgects et serviteurs du roy, c'est de pourter tesmoinaige à votre Majesté et à vous aussi de leur valleur et affection qu'ils ont au service du roy, du nombre desquels est le sieur de Paulhac^, oncle du rapporteur Paulhac, à qui sa Majesté a baillé la charge du colonnel qu'avoyt mon filz le chevalier en ce pays, lequel sieur de Paulhac je vous puys tesmoigner avoir faict à sa dicte Majesté tant de bons et loyaulx services durant ces
1. Le capitaine Aspremont fut laissé à Dax par Monluc pour commander aux Landes, Marsan, Tursan et Gavardan (Lettre d'Aspremont du 15 juillet 1570; Arch. nat., K. 1511 , n» 163).
2. François de Cours, seigneur de Pauilhac. C'est par erreur que nous avons dit (t. III, p. 305, note) qu'il devint colonel des légionnaires de Guyenne, après le chevalier de Monluc. Cette charge n'appartint jamais qu'à son neveu (t. III, p. 406, note.)
guerres qu'il me semble chose très raisonnable le luy faire entendre, affin qu'il luy plaise en les recognoyssant luy donner moyen de les pouvoir continuer, comme il désire, avec mesme zelle et sincère affection qu'il a commencé. Or, Monseigneur, il est pouvre gentilhomme, qui est cause que, avec l'asseurance que je vous donne de sa prouesse et valleur, je vous supplie très humblement faire tant pour luy qu'il puisse vivre et s'entretenir en faisant service à sa Majesté, chose qu'il en accroistra le courage de plus en plus à vous en faire, non seulement à luy mais à tous ses autres subgects et serviteurs qui y prendront exemple. Je l'ay toujours, durant les guerres, faict tenir à Villeneufve d'Agenoys, ville qui est de grande importance à cause de la rivière du Lot qui passe par la Guyenne, sur laquelle il y a un pont, et l'a si bien conservée soubs l'obéyssance du roy, quelque envve que les ennemys luy ayent porté à cause de la dicte rivière, mesme lorsque tout le camp de messieurs les Princes estoit auprès, qu'ils n'en ont jamais pu atempter aucune chose au préjudice du service de sa Majesté *
il la en estât de gouverneur
comme il a accoustumé que sa
dicte Majesté durant la guerre Je
vous supplie très humblement faire en sorte que autre que luy n'en aye la charge, car, oultre qu'il s'en est si bien acquitté que vous ne pouvez de moins faire que de vouloir qu'il la continue, les habitans de la dicte ville s'accommodent si bien avec luy, pour