PAR LE SEIGNEUR DE MONLUC
Monseigneur*, encores que sa Majesté soit le principal chef des armes et de toutes chozes qui deppendent de sa coronne, vous estes son lieutennent général qui commandés soubz luy à tout ce qui est soubz la coronne, et, pource qu'il n'est pas raisonnable que le Roy marche, à toutes occasions qui se présenteront, en camp et que c'est vous, j'ay voullu vous adresser ce petit escript de ma vie, estant bien certain que je n'y ay mis choze qui ne puisse porter proffict à ceux qui exercent les armes et à ceux qui les exerceront
1 . Henri, duc d'Anjou, plus tard Henri IH, frère de Charles IX, né à Fontainebleau le 19 septembre 1S5I. Après la bataille de Saint-Denis et la mort du connétable Anne de Montmorency, le roi, sur les conseils de la reine-mère, donna à son frère, le duc d'Anjou, le commandement général de l'armée, (12 nov. 1567.)
2. Cette dédicace est inédite, sauf trois passages que nous indi- (jnerons en leur lieu.
2 COmiENTAIRES
après nous, vous suppliant très humblement, monseigneur, le vouloir accepter, vennant d'ung vostre très humble et très obéissant serviteur que je vous suis.
Et, pource que vous me pourrés demander qui m'a esmeu d'escripre ma vie, ou soit que je m'aye voullu vanter dens mon livre, ou bien, qu'après l'avoir veu, me fere fere au Roy quelque récompence des services que j'ay fàictz^ je proteste devant Dieu et l'en appelle en tesmoin si c'est ny l'ungny l'aultre; mais c'est pour la deffense de mon honneur et réputtation, lequel honneur et réputtation j'ay acquize dens la France et aux pais estrangiers, dont mon nom est cogneu et remarqué pour ung fidelle, loyal subjecl et serviteur de mon Roy |)ar toute la chrestienté. Et, comme je l'ay faict cognoistre par les armes, monsieur de Valence, mon frère \ auquel je ne veux desrober son honneur, l'a faict cognoistre par sa vacquation par toute l'Europpe et jusques en Turquie, en la mesmes loyaulté que j'ay faict de ma part à l'endroict du service du Roy noslre seigneur et maistre. Et, pource qu'il a coureu ung bruict à la court, lequel je m'asseure qu'il s'est estandu jusques à Rome et en Espaigne et par tout où sa Majesté a ambassadeurs, ne m'ayant mis sus aultre
1. Jean de Monluc, évéque de Valence et de Die (1308-1579), négociateur habile, très-employé pendant les règnes de François P', Henri II et Charles IX. Il remplit successivement des missions à Rome, à Venise, à Constantinople, en Angleterre, en Ecosse, et enfin en Pologne où il prépara l'élection du duc d'Anjou en 1572. Il mourut en 1579, à Toulouse. Il fut le père de Jean de Monluc, seigneur de Balagny, maréchal de France sous le règne de Henri IV.
On trouve dans le tome X de V Histoire de France du 'P. Daniel une dissertation du P. Griffet sur Jean de Monluc.
choze sinon que j'ay eu intelligence avec les ennemis de mon Roy, pillié ses finnances, mis impozitions sur son peuple pour m'enrichir; aultres, que je n'avois point voullu combatre, et tout ce qui oste entièrement la bonne famé et renommée d'ung homme de bien. Et, puisque ce bruict a coureu par tout, je n'ay pu fere de moingz que de rendre compte de ma vie et de toutes cliozes qui sont passées par mes mains, et par le menu et à la véritté, affm d'ouster la mauvaize oppinion que dens le royaulme et hors icelluy l'on pourroict avoir prins de moy.
Et, pource que toutes ces chozes que Ton a inventées contre de moy (s'il estoit véritable) procèdent de faulte de la loyaulté que nous debvons pourter au service de nostre Roy et que la trahison est unye en la desloyaulté, lesquelz ne se peuvent desséparer et n'y peult avoir de Tung qu'il n'y aye de l'aultre, je commenseray à dire ce que me semble d'où procède premièrement la trahison. Si l'homme est loyal à son maistre, jamais il n'entrera au chemin de la trahison, car ceste loyaulté amenne unne si grande sagesse en l'homme que luy mettra tousjours devant les yeux que, s'il entre en desloyaulté, il entre incontinent en la trahison ; et tout à coup son honneur, sa réputtation, encores qu'il en eust acquize autant que Cezar mesmes en a acquis, le tout yra en perdition ; et, en lieu qu'il se doibt enterrer avecques ce grand honneur aquis en grandz peynes et travaulx, il s'enterrera avecques infamie immortelle; non seullement s'enterrera-il diffamé, mais il diffamera et déshonnorera toute sa postérité. Doncques que faut-il fere pour ne tomber en ce malheur ? Il fault que nous faisions
requeste à Dieu qu'il nous conserve la loyaulté, affin de n'entrer en trahison, puis que l'ung ne peult aller sansl'aultre; et allors nostre honneur demeurera claire et nette devant Dieu et les hommes.
Or peult- estre qu'aulcungz se fieront de couvrir ceste desloyaulté avecques beaucoup d'excuzes d'une part, autres avecques faux tesmoingz qui n'auzeroinct dire le contraire. Tout cella n'y sert de rien, car il fault croire que jamais le feu ne se faict si profïbnd que la fumée n'en sorte. Car pour ung qui croeira les excuzes et aultre [qui] adjoustera foy aux lesmoeignages , cent aultres croiront la vérité; et, despuis que l'honneur et réputtation de l'homme est mize en disputte, tout cella ne vault rien ; car il fault que l'honneur et réputtation de l'homme demeure devant tous hommes claire et nette; ouy, jusques aux femmes, affin que la contrarietté ne mette en oppinion à la fin que la choze soyt véritable. Car l'homme ne peult pas tousjours demeurer en ce monde sans qu'il ne luy advieigne quelque peu d'infortune, et, advennent cella, alors tout le monde croira la véritté.
Et pour retourner à mon faict particulier, je declaire icy que je n'ay eu à ma vie particippation ny intelligence avecques prince ny aultre estrangier, ny avecques personne vivante, qui aye esté déclairé ennemy du Roy. Or, des grandz qui ont menné ces guerres, ne sont point encores tous mortz, car il en y a en vie; que l'on leur y demande. Et ne m'ayment pas tant qu'ilz ne disent la véritté de ce qui en est, je veux dire durant la guerre, car durant la paix j'ay suyvy la volonté et commandement du Roy. Car, pource que
sa Majesté les a déclairés pour ses bons subjectz et serviteurs, je ne me suis poinct aucunement voullu formalizer à l 'encontre de personne, sinon durant la guerre que j'ay esté lieutennent de Roy; et durant la paix je mettois le tout à la justice. Doncques on ne me peult point reprocher de faulte de loyaulté. Et, quant aux finnances, les recepveurs et trésoriers sont en vie, les commissaires pour enquérir qui y aura touché \ Et, si je m'y trouve d'ungseulliard, si le Roy ne me faict trencher la teste, il ne fault pas trouver estrange s'il est si mal servy, comme l'on dict et qu'il est, veu qu'il n'en faict aulcung exemple; et fault doncques qu'il s'en praigne à soy mesmes et non à ceux là qui le font. Et, quant aux impositions et levées de deniers sur le peuple pour m'enrichir, encores en doibt fere le Roy plus grande punition ; car il y a plus de pitié au peuple que non au Roy; car plus facillement sa Majesté s'en fera bailler à son peuple que son peuple en trouver ny guaigner au grand trevail de leurs corps. Et par là je concluz que le Roy doibt fere plus grande pugnition de moy et de tous ceux qui le font que si l'on luy desroboit l'argent en sa bource propre. Or le président Tamboneau^ a faict rendre
1. Ce qui suit jusqu'à : Ung aultre chose m'a ton mis sus.... se retrouve en partie à la fin du septième livre des Commentaires.
2. Le président Tambonneau, de la cour des comptes, fut envoyé en Guyenne à la fin de Tannée 1570, pour examiner la gestion des receveurs des finances. Jean de Monluc , évèque de Valence, qui remplissait en ce moment auprès de son frère les fonctions de commissaire-receveur, parle, dans une lettre écrite au roi le 22 octol.re 1570, de son prochain passage à Condom. (Bibl. imp., Ms. Harlay Saint-Germain, vol. 323, 4, fol. 284.) Le ni<*me fonds renferme une lettre de Tambonneau au roi, datée du
compte à toute manière de gens qui ont levé deniers et aura peu veoir s'il en est jamais venu ung dennier en ma bource.
On m'a chargé aussi que j'avois donné aulcungz meubles de Huguenaudz qui ne portoinct poinct les armes et que j'ay contrevenu contre la protection que le Roy les avoict prins. Je n'y ay de rien contrevenu, veu qu'eux ne respectoinct personne aulcune à les pilher, voire jusques aux femmes. Et que pouvois-je fere de moingz que de donner de leurs meubles aux gens d'armes et soldaîz qui m'en demandoinct, puis qu'eux ne se vouloint contenir et laisser vivre en paix et seuretté les catholiques qui ne bougeoint de leurs maisons ny ne portoint point les armes? Si je n'eusse faict cella, je révoltois toute la noblesse et tous les soldatz contre le Roy, puis que les ennemis avoinct permission de pilher et saccaiger les catholiques et non les catholiques à eux. Et m'eust-on chargé que je tennois le party des Huguenaudz et non des catholiques; et, par là, on ne me pouvoit dépeindre d'aultre manière que d'ung bon traistre à mon maistre et à tous les trois estatz. Que de trois qu'il y en a, qui sont l'Esglise, la noblesse et le tiers estât, ilz n'en ont pardonné à pas ung, s'ilz l'ont peu prendre.
Or je confesse donc avoir donné leurs meubles aux gens d'armes et gens de guerre qui m'en ont demandé, veu qu'il ne s'est jamais monstre procureur du Roy ny aultre qui les aye voullus prendre pour en fere
30 janvier 1571 , qui nous apprend l'époque de son arrivée à Bordeaux. Cette lettre, écrite avant que Tambonneau ait pu connaître toutes les affaires qui lui étaient soumises , garde le silence sur l'administration de Monluc. (Vol. 323, 5, fol. 37.)
profFict pour le Roy. Et, si le parlement de Bordeaulx et senneschaucées deppendentes d'icelluy fussent esté aussy curieux à les prendre pour le proffit du Roy et pour s'en ayder en ses guerres comme ilz sont curieux ast'heure à ruyner et destruire ceux à qui j'en ay donné, le Roy se fut aydé d'ung million de franx. Qu'en trois mois tout cella fut estérecuilly. Mais jamais homme n'en a veu ung seul qui en aye faict le semblant, affm que les Huguenaudz leur conservassent le leur.
Ung aultre choze m'a l'on mis sus, que j'en avois prins moy mesme; il est vray et le confesse; de merchans qui apportoint marchandizes et vivres aux ennemis et aux terres qu'ilz tennoint. Je laisse juger à tout le conseil du Roy si cella n'estoit prins de bonne guerre. Et, s'il se trouve encores de cella qu'il en soit venu six mil franx en ma bource, j'en donray dix mille, et si le plus grand guaing que j'ay faict en toute ceste guerre n'est la rançon que j'ay eue de monsieur de la Roche Chalais *. Encores y a l'on voullu comprendre ma femme, disant qu'elle mesmes avoict ransonné le monde. Je confesse que l'on luy a faict quelque présent pour fere quelque chaîne, mais, s'il se trouve que jamais il luy aye esté donné cinq cens escuz, j'en payeray deux mil. Or je loue Dieu que, puis que l'on ne me peult nuyre par vérités, on s'est aydé et s'ayde-on par mensonges. Et, avecques tout cella, le Roy, la Reyne et vous, monseigneur, me
1. La Roche-Chalais, fait prisonnier en 1369, à la suite d'un siège, dans son château de Chalais en Saintonge. Sa rançon fut taxée à 6000 écus, qui furent partagés également entre IMonluc, Montferrand et la Vauguyon. (Voyez le sixième livre des Commentaires.)
trouvères homme de bien et net de loyaulté et de trahison. Que pleust à Dieu qu'il m'eust couslé ung bras et que tout le monde fut aussi net à l'endroict du service du Roy comme je suis, car ses afferes en fussent allés mieux qu'ilz ne sont!
Or, pour laisser ce propoz, j'en prendray ung aultre, c'est que nous sommes si ingralz aujourd'huy à l'endroict du Roy que l'on n'en veoid à grand peyne pas ung qui ne se plaigne et qu'il n'uze de reproches envers sa Majesté. Et tous disons que nous luy avons faict de grandz services et qu'il ne nous a poinct faict de biens. Je veux respondre à cella. Que serions-nous si n'estoict le Roy, grandz et petis, ny vous mesmes, monseigneur? Non que je veulhe vous mettre au reng de ceux qui se plaignent de luy, mais seullement pour servir de comparaison. N'est-ce pas le Roy qui vous a baillé les charges que vous avés, au moyen desquelles vous avés acquis unne renommée et réputtation qu'il n'y a prince en l'Europpe qui l'aye meilleure que vous? N 'estes- vous pas doncques vous mesmes obligé au Roy des moyens qu'il vous a baillés pour acquérir ceste grande réputtation? Et que diroict-on devons mesmes, s'il ne les vous eust baillés ? Car vous ne sériés bougé de la court ou de quelque lieu oii vous eussiés prins voz plaisirs et voluptés. Les ungz eussent dict que vous ne sériés jamais qu'ung vicieux, les aultres diroinct que vous n'aviés point de coeur et ne vauldriés jamais rien. O que la différence est bien grande ast'heure de ce que l'on dict de vous ! Que diroict-on d'ung monsieur de Monpansier*?et de tant
i. Louis n de Bourbon, duc de Montpensier (1313-1582),
d'aultres princes qu'il y a encores en vie et de tant de princes, seigneurs, cappitaines et soldatz qui sont niortz, ayant laissé sur la terre une réputtation et honneur pour eux que leur rennornée sera à jamais immortelle, (jue non seulement se sont-ilz enterrés en grand honneur, mais encores en ont-ilz honnoré tout ce qui est descendeu d'eux et de ceux qui en descendront, tant que les escriptures dureront ?
Et, puis que j'ay parlé des grandz, encores veux-je parler des petis. Que seroit-ce d'ung monde d'enfans de laboreurs qui sont mortz, et encores en y a en vie? Aultre chose, si ce n'est comme leurs pères ont esté ; et néanmoinoz ilz se sont enterrés ou ilz vivent en réputtation d'estre filz de princes. Il nous fault doncques tous confesser que l'honneur et répultation que nous avons acquize, nous la tennons de Dieu premièrement et du Roy, car, si ce n'estoict les moyens qu'il nous a baillés, en lieu de la réputtation en quoy nous sommes, nous serions estimés moingz que bestes, car toutes les bestes peuvent servir à quelque choze et les hommes qui n'auroinct acquis aulcune réputtation seroint venuz au monde inutilles de toutes chozes. Or recognoeissons doncques que sans le Roy nous ne serions rien.
Je scay bien que l'on me dira que pour les grandz
gouverneur successivement de la Touraine, de l'Anjou et du Maine, du Dauphiné et delà Bretajjne. En 1568, il commanda l'armée de Guyenne et de Poitou, défit les Huguenots et rejoi gnit le duc d'Anjou. A Jarnac et à Moncontour, il commença l'attaque et combattit vaillamment. {Fie de Louis de Bourbon, duc de Montpensier , par Coiistureau , publiée par du Bouchet. In-4, Rouen, 1642.)
services que l'on a faict Ton devroit avoir grand z récompenses. Je vous respondray à cella que si vous avés faict services au Roy, grandz et petis, vous avés observé le commandement de Dieu, qu'ainsi le nous a commandé ; et, quant aux récompences des biens, il fault que cella procède de sa bonne volonté et non les avoir par reproches et importunittés, et prier tous Dieu qu'il luy donne la cognoissance de ceux qui le servent bien et mal (car il en y a prou de l'ung et de l'aultre), affin que ses biensfaictz ne soint point mal employés ; car il n'y a rien qui porte si grand escaridalle aux bons que quand le Roy faict des biens à ceulx qui le servent mal. Et aultre choze n'en debvons-nous fere, car, si nous faisons aultrement, nous monstrerons évidement que nous ne l'avons point servy sinon pour l'espérance de ses biens faictz, et non pour la bonne famé et rennommée que par son moyen nous aurons acquis ^
O que l'honneur de telles gens demeure en bien petit lieu , puis qu'ilz estiment plus les biens que leur rennommée et réputtation ! Et verra l'on bien souvent que ceux qui ont obtenu plus de bienfaictz du Roy, eux ou leurs prédécesseurs, ce sont ceux là qui se plaignent le plus et qui uzent de plus grandz reproches envers le Roy, disans qu'ilz luy ont faict de grandz services et enduré beaucoup de peynes et de travaulx aux guerres. Que si l'on les despoilloit tous nudz, l'on verroict de belles personnes qui n'auroint pas unne seulle playe sur leurs corps; et telles gens,
\. Les deux alinéas qui suivent se retrouvent en partie à la fin du septième livre des Commentaires.
s'ilz ont guières porté les armes, sont bienhureux, car ilz sont accomparagés à Jésus Christ; que, quand il monta aux cieux , il en rapporta tout le sang qu'il avoict apporté au monde, encores qu'il en eust respandu : aussi feront ceux là, le jour de la Résurrection, quand ilz yront en paradiz, car ilz n'en auront pas respandu unne seuUe goutte sur la terre.
Il y a encores aultre manière de gens qui se plaignent; ouy, jusques aux moindres qui servent le Roy. Et disent les ungz qu'ilz l'ont servy quatre ou cinq ans, les aultres sept ou huict, et n'ont peu acquérir que trois ou quatre mil livres de rente. Je ne parle pas seuUement des gens de guerre, mais de tous aultres estatz que le Roy se sert. Il me souvient avoir ouy dire à mon père, qui estoict ancien, et à d'aultres plus anciens que luy, qu'il se disoit à la court et par toute la France (et c'estoict du temps des Roys Louys unziesme et douziesme) :
Chastillon , Bourdillon , Galiot et Bonneval Gouvernent le sang royal *.
Je veux dire que tous ces quatre seigneurs qui ont gouverné deux Roys n'acquérirent jamais tous en-
i . Ce proverbe est cité par Brantôme dans la vie de M. de
Chastillon :
« Chastillon, Bourdillon, Bonneval, « Gouvernent le sang royal.
« Aulcuns y mirent Galliot qui fut depuis le grand escuyer Galliot. »
Jacques de Coligny, seigneur de Chastillon, oncle de l'amiral de Coligny, prévôt de Paris, chambellan de Charles VIII et de Louis XII, lieutenant des cent gentilshommes de Charles VIII, périt au siège de Ravenne en 1512. (Du Bouchet, Preuves pour
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semble dix mil livres de rente. Je l'ay dict d'autresfois à monsieur le mareschal de Bordillon*, lequel me respondoict, qu'en lieu que son prédécesseur eiist acquis, que, de trois mil livres de rente qu'il avoict, il en vendist les quinze cens et les laissa pouvres. Que l'on demande à monsieur l'amirail* qu'il monstre ce que son prédécesseur, qui gouvernoict tout, a acquis; je gaigeray qu'il n'en scauroict monstrer deux mil livres de rente. Quant à Galiot, il a vescu grand aage après les aultres et a acquis par aventure deux ou trois mil livres de rente ou revenu. Et, quant à Boneval, monsieur de BonevaP, quiest aujourd'buy, et monsieur de Biron sont héretiers d'esté maison ; je gaigeray qu'ilz ne scauroint monstrer deux mil livres d'acquizition, O bien bureux Roys d'avoir eu de telz serviteurs et
servir à P histoire de la maison de Coligny^ t. II, seul publié, p. 249 et suiv.) Son frère Gaspard de Coligny fut le père de l'amiral.
Philibert de la Platrière, seigneur des Bordes , conseiller et chambellan du roi et du duc de Bourbon, grand-père du inaré-» chai de Bourdillon. (P. Ans., VU, p. 221.)
Galiot de Genouillac, sieur d'Acier, grand écuyer de France. (Voyez le premier livre des Commentaires .)
Germain de Bonneval, conseiller du roi, gouverneur du Limousin, etc., l'un des favoris de Charles VII, suivit ce prince en Italie et combattit auprès de sa personne à la bataille de Fornoue. Il servit avec une égale fidélité Louis XII et François I" et fut tué à côté de son roi à la bataille de Pavie.
1. Imbert de la Platrière, seigneur de Bourdillon. (Voyez le livre II des Commentaires.)