Melfi, ville du royaume de Naples, dans la Basilicate
2. Philibert de Châlons, prince d'Orange, né en 1502, quitta, en 4520, le service du roi de France pour un motif futile, et passa à Charles-Quint, qui lui donna l'infanterie espagnole à commander. Fait prisonnier par André Doria, en 1524, il demeura à Bourges jusqu'à la signature du traité de ^ladrid. Il fut tué d'une arquebusade le 13 avril 1530, sous les murs de Pistoye, dans un combat contre les Florentins. (La Pise, Histoire de la maison d'Orange, in -fol , p. 152 et suiv.)
3. Torre dell' annunziata et Torre del Greco, petites villes au pied du Vésuve.
par le discours de ce voyage. Je desduirois bien maintennant comme le royaulme de Naples feusl perdu, qui estoict presque gaigné, sy je voulois. Plusieurs en ont escript : et est grand dommaige que les escrivains ne veuUent escripre la véritté et qu'ilz ne mettent en arrière toute la craincte qu'ilz ont ; car les Roys et les princes y pourroinct prendre tel exemple que peultestre seroict cause qu'ilz ne se laisseroinct pas pipper, comme ilz font bien souvent. Mais personne ne veut qu'ilz soint si sçavantz, car ilz ne feroint pas si bien leur proffit comme ilz font auprès d'eux. Je laisseray aussi cela en arrière, pour n'avoir poinct commencé à escripre sur la faulte des aultres, joinct aussi que je n'en ay poinct de commandement : mais seullement m'attendray à escripre de mes fortunes, pour servir d'exemple à ceux qui viendront après moy, affin que les petits Moulues, que mes enfans m'ont laissés, se puissent mirer en la vie de leur ayeul.
Il ne se présenta pas de grandz occasions, despuis que je feuz arrivé au camp, car l'on ne s'attendoict qu'au siège de la ville de Naples, qu'on vouloict avoir par famine, comme nous l'eussions eue bien tost sans la révolte d'André Dory*, qui manda au conte Philipin, son nepveu, qu'il s'en revint avecques ses ga-
1 . André Doria, de l'illustre maison des Doria de Gênes, le plus grand homme de mer de son siècle. Il servit d'abord fidèlement François I" dans l'espoir qu'il aiderait la république de Gènes à conquérir sa liberté. Désabusé, Doria quitta le roi de France sur un prétexte et se donna à Charles-Quint qui le combla d'honneurs. Tl refusa la souvei-aineté de son pays, et par ses victoires maritimes, sut faire respecter son indépendance. Il mourut à Gènes en 1 560, à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans. Les circonstances de
lères à Gènes, lequel tennoict assiégé la ville de Naples par la mer tellement qu'il n'y eust sçeu entrer ung chat, ce qu'il fist, et incontinent y entra force vivres du cousté de la mer, pendent (jue nos galères tardarent avenir. Dieu perdoint à qui en feust en cause: car sans cella la ville estoict entièrement à nous et par conséquent tout leroyaulme. Ce Philippin, lieutenenl d'André Doria gaigna près Capo Dorso une belle bataille contre llgo Moncado' et le marquis de Gouast^, lesquelz vouloint secourir Naples : mais de cette victoire vint nostre ruine. Philippin ayant envoyé les prisonniers à Gènes à son oncle et le Roy les voulant avoir, le sieur André Doria ne les voulut rendre, se plaignant qu'il avoict délivré le prince d'Orange au Roy sans récompense. Le marquis de Gouast, homme fin et ruzé, s'il en feust jamais, et qui a esté grand guerrier, sçeut si bien esbranler l'esprit mal content d'André Doria, qu'enfin il tourna sa robe et se rendit à l'Empereur avec douze galères. Le Roy nostre mais-
sa défection sont très-bien présentées dans VHist. de François 1" de M. Gaillaid, tom. II, p. 306. On conserve à la Bibliothèque impér. (Coll. Dupuy, vol. 453, fol. 141) une curieuse lettre d'André Doria au roi, écrite peu de temps avant cette époque.
\. Hugues de Moncade (1466-1528) amiral espagnol, vice-roi de Sicile, gouverneur de JNaples. Voyez sur ce combat naval, livré le 28 mai 1528, outre les mémoires de du Bellay et de Vieilleville, une lettre manuscrite de Lautrec au roi. (Bib. imp., Portef. Fontanieu, 209-ïi'IO.)
2. Alphonse d'Avalos, marquis del Vasto et de Pescaire par la mort du marquis de Pescaire, son cousin, né le 25 mai 1502, gouverneur de la ville et duché de Milan après la mort d'Antoine de Lève, perdit la bataille de Cerisolles contre le comte d'Enghien et mourut à Vigevano, le 31 mars 1546. (André Thevet, Vie des hommes illustres, in-12, t. II, p. 193.)
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tre estoict bien adverti de ses praticqiies : mais il avoict le cœur si gros et se senloit si offensé d'André Doria, qu'il ne le vouloict lecercher, dont il se repentit tout à loisir, car despuis il feust cause de beaucoup de pertes qui advinrent au Roy, et mesmes de la perte du royaulme de Naplcs, de Gènes et aullres malbeurs. Il sercbloict que la mer redoutast cest homme : voilà pourquoy il ne failloict pas, sans grande et grande occasion, l'irriter ou mescontenter. Le Roy peult-estre en avoict quelque aultre occasion.
INoz galères arrivarent à la fin et appourtarent le prince de Navarre*, frère du Roy Henry, avecques quelques genlilbommes de sa suytte seullement, lequel ne vesquist que trois sepmaines après ; car il arriva au commencement de noz grandz maladies. A son arrivée et descente monsieur de LauJrec luy envoya monsieur le marcquis de Salusses, Michel Antoine^ pour luy tenir escorte : car il faisoyt sa descente à demy-mil de Naples, ung peu au dessoubz de la Madelene : et amena une grand partie de la gendarmerie , avec les bandes noirs Ytaliennes que le conte Hugues de Gènes ^ commandoict despuis la mort du seigneur
"I . Charles d'Albret, frère de Henri d'Albret, deuxième fils de Jean, roi de Navarre, et de Catherine de Foix. Il mourut peu de jours après son arrivée en Italie.
2. IMichcl Antoine, marquis de Saluées, gouvei-neur d'Asti en Piémont, prit le commandement de l'armée après la mort de Lautrec. Il mourut au bout de quelques jours, au siège d'Aversa, d'une blessure au yenou. (Chazot de Naulignv, Généid. lùst., t. II, p. 171.)
3. Monluc désigne ici le comte Hugues de Pepoli, florentin, ainsi nommé par du Bellay et les autres historiens. Une lettre de Lautrec au roi, en date du '?,{) juin 1528, mentionne la
Orasse Bâillon', qu'esloinct les compaignies du sieur Jelian Mediciz *, père de ce duc de Florence , qui est de présent, lequel avoict esté blessé en une jambe d'une harquebuzade devant Pavye, estant au service du Roy, et de là appourté à Plaisance; auquel lieu la jambe luy feust coppée quelques jours après , dequoy bien tost après il moreust. Despuis, ledict sieur Orasse recueillisl toutes ses compaignies. Il sembloict que Dieu voulsist quelque mal en ce temps à nostre Roy, lors qu'il estoict devant Pavie : car en premier lieu on luy conseilla d'en ranvoyer les Grisons, secondement d'envoyer monsieur d'Albanye à Rome avecques partie du camp; et, pour achever le malheur, Dieu envoya la blesseure au seigneur Don Johan, duquel à la véritlé je voudrois dire qu'il entendoict plus à fere la guerre que tous ceux qu'esloinct par lors auprès du Roy ; ayant soubz sa charge trois mil hommes de pied, des meilleurs que feurent jamais en Ytalye, avec trois Cornettes de gens à cheval. Et croy fermement, comme aussi font bien d'aultres que
bonne conduite du sieur « comte Huges de Pepoli, lequel estoit à pié avec mil ou douze cens hommes des bandes noires dont il a charge despuis la mort du sieur Oratio Bâillon » (f. fr., vol. 2992, f* 21, v°, copie) et nous fait reconnaître l'identité du capitaine désigné sous ces deux noms.
1 . Horace Baglione, (ils de Jean-Paul Baglione, tyran de Pérouse, capitaine italien, successivement soi service du duc de Florence, du pape et des Vénitiens, tué au siège de Naples en 1528. (Du Bellay, p. 428, édit. du Panth. Un.)
2. Jean de IMédicis, surnommé l'Invincible, tour à tour au service du roi, de l'empereur et du pape. Il eut le mérite d'organiser l'infanterie italienne. Il mourut en 1526, à Plaisance. Son fils, Cosme I*"", fut le premier grand-duc de Toscane. (Chazot de Nantigny, Généal. h/st,, t. II, p. 249.)
moy, que, s'il se feust trouvé sain à la bataille, les chozes ne feussent poinct allées si mal comme elles alarent. Despuis le seigneur Orasse creut le nombre de mil hommes, qui feurent quatre rail, lesquelz pour le deuil du seigneur Johan portiont toutes les enseignes noires, et eux-mesmes aloint tous vestus de noir ; aussi les appelloict-on les bandes noyres. Et après se joignirent avecques monsieur le marequis de Salusses, qui temporiza environ deux ans en Ytalie et vers Florence, et après se \int joindre en nostre camp à Troye, ou bien à Nochiere*, je ne sçaurois dire auquel lieu des deux, pour ce que j'estois demeuré blessé à Terme de Brousse,
Mais pour retourner à la descente de monsieur le prince de Navarre, parce qu'il se fist là une petite faction où j'eus ma part, je la vous veux conter. Il feust commandé au cappitaine Artigueloube , qui estoict colonel de cinq enseignes gasconnes, qu'estoinct soubz monsieur de Lupé, après sa mort^ et les cinq aultres qu'y commandoict le baron de Béarn, et le tout soubz le conte Pedre Navarre; feust commandé aussi au Captau de Bucb ^, premier fils de la maison de Caudale, de s'y trouver. Je fus aussi du nombre , tout malotru que j'estois. Comme nous fusmes bas à la marine, monsieur le marequis laissa