Sous-entendu : Ambres et Dampons
3. Le passage suivant est altéré dans les éditions précédentes : « ....ne me toucha à l'oz, ce qui fut cause que je fus bientost guéry. Puis après.... »
k. Trêve conclue à Nice en 4538.
que je n'ay jamais esté en séjour et que je n'aye esté toujours aux afferes,oii ilz se sont présentés, tousjours prest au premier son de tabourin. Les jours de paix m'estoinct années.
Sur la fin de ceste guerre, le Roy honnora monsieur le grand maistre de Testât de connestable, lequel avoict tousjours vacqué^ comme a faict jusques icy, despuis la mort du seigneur de Montmorency : ce que noz Roys ont faict, à mon advis, pour oster la jalousie entre les princes et pour le danger qu'il y a de mettre une si grande charge en la main d'ung seul, tesmoing Sainct Fol et Bourbon. Ce dernier a esté bien fidelle et est mort au service de sa Majesté, s'estant toujours monstre grand et saige cappitaine. La véritté me force de le dire et non pas une obligation que je luy aye, car il ne m'a jamais aymé, ny les siens aussi.
Pendant ceste trefve j'essayay, mais en vain, d'estre courtisan ; je feuz toute ma vie mal propre pour ce mestier : je suis trop franc et trop libre , aussi y trouvay-je fort peu d'acquest.
Or, après le vilain et sale assassinat qui feust faict es personnes des seigneurs Frégose et Rincon ^, am-
1 . Jules-César Frégose, d'origine génoise, diplomate et capitaine. Il figure dans une montre du 23 mai 1537, faite par le sieur d'Humières en Piémont, comme capitaine de mille Italiens. (Bibl. imp., F.fr., vol. 3120, fol. 97.)
Antoine Rincone, diplomate espagnol au service de la France, avait négocié, en 1538, avec la Porte, un traité de commerce iraportant. Ribiers nous a conservé deux de ses lettres datées de Constantinople et écrites au connétable en 1559. [Mémoires de Ribiers, t. I, p. 337, etc.)
Ces deux ambassadeurs envoyés par le roi à Venise furent assassinés par les ordres de du Guast le 2 juillet 1541.
bassadeurs du Roy, nostre, maistre picqué d'ung tel outrage et voyant qu'il n'en pouvoict avoir raison, délibéra rompre la trefve; et, pour cest effect, dressa ses armées, l'une desquelles il bailla à monsieur d'Orléans*, qui feust à Luxembourg, etl'aultre à monsieur le dauphin, qui vint en la comté de Roussillon, pour la remettre en l'obéissance de son père, ayant monsieur le mareschal d'Hanebaud, qui depuis a esté admirail, avec luy.
Et, pource que j'entendiz que ledict seigneur mareschal mennoict les compaignies de Piémont, que monsieur de Brissac commandoict, et encores avecques luy ung engénieur nommé léronim Marin , qu'on estimoict le plus grand homme d'Italie pour assiéger places, me print envye d'aller au camp pour apprendre quelque choze dudict engénieur. Et comme je feuz là , je me rendiz près monsieur d'Assié % qui commandoict l'artillerie en absence de son paire, lequel ne bougeoict d'auprès dudict Ihéronim Marin , et feuz aux approches qui se firent de la cité de Perpignan^, laquelle on assiégea. Mais dens deux nuictzje cogneuz qu'il ne faizoict rien que vauzist; car il commensa les trenchées si loing que de huict jours ne
i. Le duc d'Orléans, troisième fils du roi, conseillé par le duc de Guise, débuta par quelques succès que malheureusement il ne poursuivit pas. Ce jeune prince mourut de la peste, le 8 septembre 454S, à Forest-Moustier.
2. De Genouillac, sieur d'Acier, fils unique du grand écuyer Galiot, tué à la bataille de Cerisolles.
3. Le dauphin mit le siège devant Perpignan vers le 16 août 1542. Il se retira dans les premiers jours d'octobre; le 6 de ce mois, il était arrivé à Narbonne. ( Hisl. du Languedoc, t, V, Preuves j note 3.)
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pouvoict estre en batterie, ainsy que luy mesmes disoyt. Et je lui respondiz que dens ce terme-là les ennemis auroinct faict leur ville quatre fois plus forte qu'elle n'estoict de ce costé. Pour ceste entreprinse le Roy avoict dressé une des plus belles armées quej'aye jamais veu : elle estoict de quarante mil hommes de pied, deux mil hommes d'armes et deux mil chevaulx légiers, avec tout l'attirail nécessaire ; monsieur de Monpezat en avoict esté l'autheur. Mais l'Espaigne estoict toute abreuvée de son entreprinse. Et, encores* que je scaiche bien d'oii procéda la faulte que ladicte ville ne feust prinse, je ne me veulx pourtant embarserlà, pour ne dire mal de personne; mais jesçay bien que, encores que la ville feust bien munie, si monsieur le mareschal d'Anebaud m'eust voullu croire, il n'eust pas tardé trois jours à la prendre. Je l'avois très bien recogneue, pource que monsieur le connestable, estant allé à Lauecate*, traiclant la paix quelques années auparavant avec Gobes et Grandvelle, députésde l'Empereur', m'y avoict envoyé avec le général Bayard*
i . Le passage suivant est altéré dans les éditions précédentes : « .... Ei encores que la ville fustbien munie, si peux-je bien dire que si monsieur le mareschal d'Annebaut m'eust voulu croire, il en fust venu à bout. Je Pavois.,.. »
2. Leucate, petite ville dans le bas Languedoc, la dernière sur la frontière du Roussillon, qui appartenait alors à l'Espagne. Les conférences de Montmorency et des députés de l'empereur eurent lieu à la fin de l'année 1S37. [Commentaires de Charles-Quint, édit. K. de Lettenbove, p. 44.)
3. Ces députés espagnols ne sont pas nommés dans les éditions précédentes des Commentaires .
4. Gilbert Bayard, baron de la Font et de Saint-Majuran, originaire du Bourbonnais, n'était point parent du chevalier Bayarl. Gilbert « estovt secrétaire d' estât lors de la mort du feu roy Fran
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et le président Poyet*, que despuis a esté chanceliier; lesquelz Gobes ^ et Grandvelle^, députés de TEmpereur, leur avoint donné permission de s'aller esbattre audict Perpignan pour trois ou quatre jours, par le moyen de Velly*, embassadeur pour le Roy. Et me fist prendre, ledict seigneur conestable, les liabillemens du cuisinier
cois. Il fut dépossédé et constitué prisonnier, bien à tort, au chasteau delMelun; car il estoit fort homme de bien et très-affectionné au bien public. En son lieu entra du Thier. » (Hist. particulière de la cour du roi Henri II, Bibl. imp., f. fr., vol. 2831, fol. 187 \°.)
\. Guillaume Poyet (1474-1548), baron de Beyne , avocat général, président à mortier et chancelier de France , instruisit les procès du connétable de Bourbon et de l'amiral de Brion. Poursuivie son tour pour ses concussions, il fut condamné à de grosses restitutions au trésor du roi et dégradé de l'office de chancelier. (1545). Plus heureux que Semblançay, quoique plus coupable, il échappa au dernier supplice. (Duchesne, Hist, des Chanceliers, p. 584.) On conserve à la Bibliothèque impériale plusieurs copies manuscrites du procès de Poyet, une entre autres dans le fonds Dupuy, vol. 509.
iL. Don François de los Covos, grand commandeur de Léon, conseiller d'Etat de l'empereur, {Commentaires de Charles-Quint, édit. K. de Lettenhove, p. 44.)
3. Nicolas Perrenot, sieur de Granvelle (1486-4550), d'abord secrétaire de Marguerite d'Autriche, passa au service de Charles- Quint. Par ses talents, il mérita la confiance de son souverain et devint son chancelier et son premier ministre. Pendant vingt ans il fut chargé de toutes les négociations de l'Espagne. Il mourut en 1550, à Augsbourg, regretté de l'empereur, auquel il donnait des conseils de tolérance religieuse trop rarement écoutés. Son fils, le cardinal de Granvelle, hérita de sa faveur et de son mérite. Les lettres et papiers d'Etat de ces deux grands ministres sont imprimés dans la Collection des documents inédits.
4. Charles Dodieu, seigneur de Vély, maître des requêtes, diplomate souvent employé pendant le règne de François I". Il devint évéque de Rennes en 1541 et mourut en 1558 à Paris. [Gallia christiana, t. XIV, col. 761 .) On conserve à la Bibliothè-
de monsieur de Poyet, affin que soubz cest habit je recogneusse la place. Et eucores y cuiday-je moymesmes estre recogneu. Si trouvay-je commodité, par le moyen d'ung serviteur dudict Velly, qui estoict ung Flamand qui l'avoict laissé, auquel je diz que je voulois aussi laisser le mien, de veoir la place. Et par deux jours entiers me mena tout à l'entour de la ville, dehors et dedens ; de sorte que j'apportay à monsieur le conestable tout le fort et le foible de ladicte ville; lequel me dict l'avoir-je fort bien recogneue, ainsi que par d'aultres, qu'avoinct long temps demeuré dens icelle, avoict esté fidellement adverty. Or l'allée de Poyet et Bayard estoict faicte en feinte : lesquelz ne volzirent aller mennant en leurcompaignie l'ingénieur du Roy, comme monsieur le conestable vouloict, craignans qu'il feust recogneu et eux retenuz prisonniers. Et comtarent audict seigneur la peur qu'ilz aviont eue quand ung cappitaine Espaignol me recogneust; mais je désavoay la debte, contrefaizant et mon pays et mon langage, feignant sçavoir mieulx manier une lardouaire qu'une espée, disant toujours estre le cuisinier de monsieur le président Poyet, qui ne respondist mot de la grand peur qu'il avoict si j'estois recogneu. Mais le général Bayard se print à rire à part iuy et luy dict qu'il n'estoict pas le premier que y avoict esté trompé, car icelluy qu'il pensoyt, dict-il, estoict ung des bons cappitaines que le Roy eust. De tout ce compte monsieur le conestable n'en faisoyt que rire; si est-ce que je luy diz que, tant qu'il vi-
que impériale plusieurs recueils de lettres de cet ambassadeur. Nous citerons le vol. 2784 de la coll. Gaignières, 265 de la coll. Dupuy et 3003 du Fonds français.
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vroict, ne me feroict plus servir d'espion : c'est ung mestier trop dangereux et que j'ay toujours hay. Tant y a que ce coup là je devins cuisinier pour recognoistre la place, ce que je fiz très-bien. Et voilà pourquoy je diz que, si monsieur d'Anebaut m'eust creu, facillement il eust prinse la ville. Mais il vousist adjouter plus de foy à ung masson gascon, que les ennemis avoinct jecté à poste dehors, faignant se venir rendre, pour amuzer monsieur le marescbal à le fere venir assaillir la ville par là où il l'assaillist, etàsonengenieur, qu'à moy ; et ainsi ne fismes rien que vausist la peine de le dire ny de l'escripre. Par malheur c'estoict le premier coup d'essay de monsieur le daulphin, qui vouloict aussi bien fere que monsieur d'Orléans, son frère, qui print Luxembourg; mais ce n'estoict pas sa faulte. Et deux jours avant que le camp délogeast, le dict seigneur marescbal alla autour de la ville. Et monstris à monsieur d'Estrée*, qu'est encores en vie, le lieu par où je voulois qu'on l'attaquast, et de si près que, oultre les canonades et harcquebusades qu'ilz nous tirarent, ilz nous voulloinct bien fere tenir au large; et, après l'avoir veu, dict ces motz : « O mon Dieu, « quelle erreur nous avons alors faict ! » Mais il n'estoict plus temps de s'en repentir, car le secours y estoict entré et le temps des pluyes approchoict, qui nous eust fermé le pas de notre retraicte : encores eusmes
1. Jean d'Estrées, seigneur de Cœuvres. Le vol. 443 de la Coll. Gaignières contient (fol. 493, etc.), plusieurs lettres de lui et d'Antoine son fils, adressées en général au duc de Guise pendant le règne de Henri II. Une note, recueillie au commencement du même volume, nous apprend que Jean d'Estrées mourut huguenot en octobre 1S71, à l'âge de quatre-vingt-cinq ans.
nous assés affaire, tant ce pays estoict mauvais pour se tenir là.
Pendant ce siège, la compaignie de monsieur de Golenes' vacqua, laquelle monsieur le dauphin envoya demander pour Bocail *, qui despuis c'est faict huguenaud. J'en escrivis à monsieur de \ aliénée mon frère, qu'estoict à la cour à Saleres. Le Roy estoict si marry, pour le mauvais succès decesteentreprinse, contre monsieur le dauphin et contre monsieur d'Annebaut, qui l'avoict aussi envoyée demander pour ung de trois qu'il nommoict% que sa Majesté ne la volsist accorder à l'ung ny à l'aultre, ains la me donna à moy. Et comme le camp feust levé, monsieur de Brissac* eut pour garnison Cabestaing, et monsieur de Lorges *, colonel des Mgionnaires , Tuchan , là où on avoict retiré toutes les munytions des farines