‹ Commentaires et lettresChapitre 59 sur 96 · Paix de Crespy du 17 septembre J · texte numérisé non relu

Paix de Crespy du 17 septembre J

gleterre, lesquelles j'amenis au Havre de Grâce, entre les mains de monsieur de Tes*.

Or nous nous mismes sur mer : l'armée estoict composée de plus de deux cens cinquante voiles, et des plus beaux vaisseaux du monde, avec les galères. Le désir que le Roy avoict de se venger du roy d'Angleterre, le fist entrer en une estréme despense, laquelle enfin servit de peu, quoy que nous eussions prins terre, et despuis combatu les ànglois sur mer, où d'ung cousté et d'aultre il y eust plusieurs vaisseaux mis à fons. Dès lors que je viz à nostre départ embrazer le grand Carracon^, qui estoict, ce croy-je, le plus beau vaisseau qu'il estoict possible', j'euzmauvaize oppinion de nostre entreprinse ; et parce que, pour mon particulier, je ne fiz rien qui feust digne d'estre escript et que le général est assés discouru par d'aultres, je m'en tairay pour descripre la conqueste de la terre d'Oye * ; aussi nostre faict est plus propre sur la terre que sur

i . Le passage suivant est abrégé dans les manuscrits : « .... entre les mains de monsieur de Tes. Et en ce voyage ne feust faicte choze que je volsisse m'amuzer à l'escripre, sinon seullement la prinse de la terre d'Oye que j'escripray. Comme nous feusmes retournés.... »

2. Le roi, qui s'était rendu au Havre pour assister à l'embarquement des soldats, voulut donner une fête sur le vaisseau amiral. Pendant les préparatifs le feu prit à l'entrepont par l'imprudence des cuisiniers. On se hâta de sauver les dames et le trésor du roi. Le vaisseau fut entièrement brûlé ; les soldats et les matelots périrent presque tous. (De Thou.)

3. Du Bellay décrit ce navire « qui estoit le plus beau et le meilleur à la voile.... Il y avoit cent pièces d'artillerie de bronze. » {Mém. de Du Bellay^ liv. X). Suivant Paradin il avait été construit par les soins de l'amiral de Brion (Paradin, p. 489).

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