Parme
3. La IMirandole, ville forte, capitale du duché de ce nom, était en séquestre entre les mains des Français. Galéot Pic s'en était emparé par surprise, en 1333, après avoir assassiné Jean- François Pic, son oncle, et Albert Pic, son cousin. Galéot, inquiet sur une possession si mal acquise, l'avait cédée, en 1342, à la France, en échange de quelques biens. Malgré le traité de Crespy etlesprotestationsde l'empereur, François I^y avait entretenu une garnison (Chazot de Montigny. Génénl. hist., t. II, p. 376).
4. Le passage suivant est inédit. On lit seulement dans les anciennes éditions : « ....du grand duc Octave, lequel le pape et l'empereur, son beau-frère, vouloient despouiller de son estât ; et pour cest effect le sieur dom Fernand de Gonzague tenoit assiégée
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Sansac ' esloict lieutenent de roy dens la Mirande, lequel en porta grand honneur du siège qu'on luy mist devant. Monsieur de Termes " esloict à Palme. Geste guerre se faisoyt, comme j'entendiz, pour le duc de Palme ^ que l'Empereur, son beau-père, et pape Julles, ensemble, le vouloinct ruyner ; et feust constrainct se jecter entre les mains du Roy et soubz sa protection : et voylàle commensement de la guerre \
Parme, où estoit monsieur de Termes, et la Mirande, où commandoit monsieur de Sansac, lequel j acquist un grand honneur. .. » 4. Louis Prévôt de Sansac, gouverneur d'Angoulème en 1550, fit les campagnes de Lorraine sous les ordres du duc de Guise. Sous le règne de Charles IX il suivit le parti catholique. Blessé à la bataille de Saint-Denis, le ^0 novembre 1566, il mourut peu de temps après âgé de plus de quatre-vingts ans (De Lurbe, De illustribus Jquitaniee viris, Bordeaux, 1591, p. 123).
2. Paul de Labarthe, seigneur de Thermes (voyez page 164, note 2), avait été envoyé avant la guerre en mission à Rome et reçut , dès les premières hostilités, le commandement des troupes que le roi envoyait au duc de Parme. Pendant ces négociations et la durée de son commandement, il écrivit au maréchal de Brissac diverses lettres qui sont conservées à la Bibliothèque impériale dans le vol. 41 i de la collection Gaignières.
3. Octavio Farnèze avait épousé une fille naturelle de l'empereur. Ce mariage ne fut pas heureux. On trouve dans des documents contemporains d'étranges renseignements sur la vie des deux époux (Mém. de Ribiers, t. I, p. 308, 516, 521).
4. Cette exposition des causes de la guerre demande quelques éclaircissements. Le 12 août 1545, le pape Paul III avait donné à son fils, Pierre-Louis Farnèse, duc de Castro, les duchés de Parme et de Plaisance. Le nouveau duc fut assassiné le 10 septembre 1545. A cette nouvelle, Paul III voulut faire rentrer ces duchés dans les domaines de l'Église. Mais Octave Farnèse, fils et héritier du duc assassiné, se fit reconnaître à Parme, et se prépara à s'y défendre contre le pape son giand-père. Il signa, le 27 mai 1551, un traité d'alliance avec Henri II. L'empereur prit
Or le seigneur dom Ferrandou' s'en alla aiidict Palme contre le duc et monsieur de Termes ; et le pappe faizoict tenir le siège par ung scien nepveu , nommé Jetian Baptiste % à monsieur de Sanssac qu'estoict dens la Mirande, lequel y acquist ung grand honneur, pour avoir très bien faict son devoir, et monstra qu'il estoit bon cappitaine , comme à la vérité il estoict ; il l'a bien monstre en tous les lieux où il s'est trouvé : c'estoict ung des bons hommes de cheval qui feust en France. Et, parce que je ne puis parler de cecy que par ouyr dire, ny de ce qui se fist là, je m'en déporteray. Et comme le Roy entendist que leurs deux camps estoinct empêchés au Parmesan '\ manda à monsieur le mareschal de Brissac qu'il rompist la paix, et s'essayast, sur la ropture , d'enpourter quelque ville , ce qu'il fist ; que feurent Quier et Sainct Damian \ L'en-
le parti du saint-siége ; en juin 15S1, Ferdinand de Gonzague , gouverneur de Milan, envahit les Etats de Parme à la tête d'une armée de douze mille hommes. Paul III mourut sans avoir pu se décider à faire la guerre à son petit-fils. Jules III, son successeur, renoua la ligue conclue avec l'empereur, et envoya une armée de dix mille hommes pour assiéger la Mirandole. Henri II déclara alors la gueiTe à l'empereur et au pape, et envoya de Thermes et P. Strozzi, et bientôt après Brissac avec une armée.
1 . Dom Fernand de Gonzague, gouverneur du Milanais, mort enl5S7 (voyez page 98, note 4). On conserve à la Bibliothèque impériale, dans la collection Gaignières (vol. 412) un recueil de lettres adressées par lui à Brissac pendant la campagne, relatives à des échanges de prisonniers, des négociations particulières, etc.
2. Jehan Baptiste di Monte, neveu du pape Jules III. Il fut tué au siège delà Mirandole (De Thou, t. II, p. 64, édit. de 1740).
3. Var. des édit. précéd. : «■ Le Roy adverty que les forces de l'Empereur estaient empeschées au Parmesan.... »
4. Chieri, San Damiano, petites villes situées dans le marquisat de Montferrat.
treprinse de Cairas ne succéda poinct comme les aultres deux . Monsieur de Vassay * alla exécutter Sainct Damian,et le print à Vimproviste, entre la poincte du jour et le soleil levant ; et monsieur le maresclial mesmes exécutta celle de Quier, et la façon, je la veois escripre, puisque mon sujet n'a esté que de laisser par escriptce que j'ay veu, et où j'ay eu quelque part. Et cuyde que monsieur le président de Birague , qui y esloict, verra dens ce livre que je n'auray pas guières failly à escripre ladicle prinse.
En premier monsieur d'Aussun feust esleu pour aller exécutter celle de Cairas % et menna avecquesluy le baron de Cypy ', et deux ou trois aultres compai-
1 . Antoine Grognet, sieur de Vassé, baron de la Roche Mabille, capitaine et diplomate français. En 1548, il fut chargé de complimenter au nom du roi le prince Philippe d'Espagne, de passage à Alexandrie. On trouve dans les Mémoires de Ribiers la lettre qu'il écrivit au roi pour lui rendre compte de cette mission (t. Il, p. 177). Peu de temps après il fut nommé gouverneur du marquisat de Saluées (coll. Gaignières, vol. 328, fol. t2o. Lettre de Vassé au duc d'Aumale). Vassé servit utilement la France dans la guerre de Piémont. Une lettre de Brissac, du 12 février 1553 (15o4), raconte deux hardis coups de mains de ce capitaine (coll. Gaignières vol. 2787. fol. 17, copie). On trouve dans le vol. 328 du même fonds, un assez grand nombre de lettres de Vassé, relatives aux affaires d'Italie, écrites de 1548 à 1553, adressées au duc de Guise ou au duc d'Aumale.
2. II y a désaccord entre Monluc et Boyvin du Villars sur le nom du capitaine qui fut chargé d'assiéger Cairas (Cherasco). Monluc nomme le sieur d'Aussun, du Villars nomme le sieur de Gordes assisté du comte de Benne et du vicomte de Gourdon (édit. du Panth. litt.^ p. 523). Il est difficile de reconnaître de quel côté est l'erreur. Le mieux informé des historiens de ce siècle, de Thou, a adopté le récit de Monluc (t. I, p. 692, édit. de 1740).