Ponte Stura, sur la rive droite du Pô
que monsieur le mareschal l'eust faicte fortifier d'avantage.
Comme je viz hors de la crainte du siège, j'envoyay incontinent les pioniers, que j'avois, audict Albe, qui firent grand plaisir à monsieur le mareschal. Je n'attendois pas là de commandement : il est souvent nécessaire de fere avant estre commandé, s'il n'y a du hasard. Monsieur de Bonnivet et le colonel Sainct Piedre Corce, se mirent dedens avecques sept enseignes. Or, dès l'arrivée du sieur don Ferrandou au pont d'Asture, et qu'il eust passé la rivière, monsieur de Salvazon*, qu'estoict gouverneur deVerreu", m'en advertist en diligence. Je fiz partir le baron de Chippy, La Garde et Le Mas soudainement, qui feurent l'enderaain au poinct du jour à Albe ; de quoy monsieur le mareschal feust fort aise , comme feust bien aussi monsieur de Bonivet, pource qu'ilz venoinct d'ung lieu auquel ilz avoinct prins grand peynede fortiffier, espérant que ceux-là monstreroinct le chemin aux aultres, comme ilz firent. Monsieur de Maugiron volsist demeurer à Gazelles, car il y faisoict bon vivre pour les chevaulx. Je y Jaissay le cappilaine Martin avecques luy, et envoyay le Grille à sa garnison; et moy et le colonel Charamond allasmes trouver monsieur le mareschal à Tliurin, qui ne faisoyt qu'arriver
1 . Le sieur de Salvaison, d'abord étudiant à l'université de Toulouse, puis soldat, servit en Ecosse sous les ordres du sieur d'Essé. Il suivit en Italie le maréchal de Brissac, prit Cazal et en devint gouverneur. Du Villars le cite souvent dans ses Mémoires. Il devint successivement mestre de camp, gentilhomme de la chambre du roi et capitaine d'une compagnie de chevau-légers. Il mourut en Piémont d'une pleurésie (Brantôme, édit, du Panth. litt.^i. I,p. 385)