Porto Ercole, petite ville de Toscane, dans le Siennois
pour reculer en arrière et faire la descente auprès d'Escarlin^ où monsieur le mareschal estoictavecques son camp. Là trouvasmes que le prieur de Cappe% n'avoict que deux jours, avoict esté thué en recognoissant Escarlin ; qui feust ung grand domage, car c'estoict ung vaillant homme, s'il en y avoict en terre ny sur mer, et ung bon serviteur du Roy. Il estoict frère de monsieur de Strossy. Et me dict-on qu'il feust thué de la main d'ung paysan qui luy tira une harcquebuzade de derrière ung buisson. Voyés quel malheur, qu'ung grand cappitaine meure de la main d'ung vilain avec son baston à feu !
INous marcheasmes ainsi jusques à Bonconvent', allant tousjours monsieur le mareschal ung peu devant nous, à cause des vivres; et là tout le camp feust assemblé.
Avant que les Âllemandz et François feussent arrivés audict Bonconvent, monsieur le mareschal se mist devant de matin avecques les trois mil Grisons desquelz monsieur de Forcquevaulx estoict colonel, et
1 . Scarlino, petite ville avec un château fort, sur les côtes de Toscane, dans la principauté de Piombino.
2. Léon Strozzi, frère de Pierre Strozzi, prieur de Capoue. général des galères. En 1 Sol , accusé d'un assassinat, il s'enfuit de Marseille et quitta le service de la France. Sa désertion irrita Henri II. Deux lettres de Catherine de Médicis, cousine de Strozzi, nous révèlent tout le ressentiment du roi (^Bibl. imp., coll. Clerambault, vol. 58, fol. 92S et 929, copie). Grâce à la reine, Léon Strozzi rentra en faveur et reprit sa charge. Il fut tué le 26 juin 1554, en tentant une descente sur les côtes d'Italie, au secours des Siennois (Pecci, Memorie di Siena, t. IV, p. 150).
3. Buonconvento, petite place sur l'Ombrone, à 15 milles de Sienne, sur la route de Sienne à Rome.
avec les Ytaliens , affm de fere place auxdictz Âllemandz et François qui avoinct besoing de loger et repozer deux heures. Je vins trouver le soir devant monsieur le mareschal , et le matin partis avec luy pour arriver de bonne heure à Sienne où nous trouvasmes monsieur de Lanssac, qui, à nostre arrivée, donna à disner à monsieur le mareschal, à monsieur de Forcquevauîx et à moy. Sur l'arrivée des Grisons et des Ytaliens se dressa une grande escaramouche à Saincte Bonde ' , ung monastaire de nonains près Saint Marc, qui estungaultre monastaire de religieux. Le marcquis de Marignan avoict son camp au Palais du Diau", qui est sur le chemin de Flurence, près Siene ung mil ; et ce matin mesmes il estoict party pour venir h Saincte Bonde assaillir le cappitaine Bertholomé de Pezere , lequel monsieur le mareschal avoict mis dedens avec sa compaignie. Ledict marcquis avoict laissé ses Ytaliens audict Palais du Diau et mené tous les Espaignolz et Àliemandz avec luy ; et, comme nous disnions, l'escaramouche se commensa forte et rede à Saincte Bonde. Les Grisons et les Ytaliens firent haltou au Palassot , près Siene demy mil, et noz Ytaliens aussi, par le commandement de monsieur le mareschal, pource qu'il vouloict adviser plustost où il mettroict tout le camp, et qu'il vouloict aussi qu'avant que ceux-là feussent logés, les Allemandz et François faussent arrivés, pource que tout à ung coup tout le camp se logeast ensemble. Mais, n'ayant poinct encores parachevé de disner, nous ouismes quelques petites
\, Santo Abondio, au sud de Sienne.