‹ CommentairesChapitre 4 sur 9 · XI · texte numérisé non relu

XI

Commentaires. Comme nous le savions par le récit de Van Maie, ils ont été commencés sur le Rhin quand Charles-Quint le remonta avec son fils (I), puis achevés à Augsbourg, ce qui confirme les ingénieuses conjectures de M. Àrendt. Charles-Quint y proteste de sa bonne foi que les historiens modernes sont disposés à reconnaître. Il déclare qu'il n'a pas écrit par vanité, et nous savons combien tous ses historiographes lui font honneur d'avoir été à la fois grand et modeste dans ses succès (2). En s'adressant à la postérité, il se place sous l'œil de Dieu. C'est Dieu qu'il supplie de lui laisser le temps d'achever son œuvre pour qu'elle serve à sa gloire : c'est grâce à la protection de Dieu qu'il espère être délivré de ses inquiétudes et de ses peines, dont la trace se retrouve jusque dans ces lignes restées inachevées.

Nous voici au seuil des Commentaires. Le lecteur est sans doute impatient de le franchir, et nous nous contenterons d'ajouter à cette introduction

(1) Quando venimos.

(2) Inanis gloriœ et fais» laudis contemptor. (Sepulyeoa.)

quelques mots, non pas pour juger l'œuvre de Charles-Quint, mais pour expliquer, d'après les circonstances où elle fut écrite, ce qu'elle devait être et ce qu'elle est en effet.

Pour l'époque la plus éloignée, l'empereur, aidé par Van Maie (1) et s'attachant surtout aux dates et aux faits, se contente de grouper quelques détails et d'énumérer ses nombreuses traversées de la mer qu'il rappelait si éloquemment dans son discours d'abdication lorsque, réunissant au tableau brillant du passé, les images froides et mornes de l'avenir, il y comprenait celle qui devait être la dernière. Mais dès qu'arrive 1ère des mémorables campagnes de France et d'Allemagne, on reconnaît chez le narrateur, une habileté aussi grande dans la stratégie que dans la politique. Malgré les obstacles que multipliaient les attaques violentes de ses ennemis ou leurs ruses déguisées, il suffisait seul à cette tâche trop immense,

(4) ftuâ in re usus est opéra mea et suggeslione, nam velut nomenclalor revocabam in memoriam si quid sentirem a ut effluere aul prœlermilti. [Lettres de Guillaume Van Maie, p. 42.)

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