‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 117 sur 574 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Vers 40. C'est un rare trésor qu'elle devroit garder, Et conserver chez soi sa chère nourriture.

Cela n'est pas français ; et conserver ne se lie pas avec qiicllc devrait. Nicomède^ a déjcà parlé de bonne nourriture : si vous faites état de cette nourriture.

Vers 45. Ce perfide ennemi de la grandeur romaine

N'en a mis en son cœur que mépris et que haine.

Cela n'est pas français ; n'en mettre que mépris !

Vers 49. On me croit son disciple, et je le tiens à gloire. Cette manière de s'exprimer a rieilli.

Vers 62. Attale a le cœur grand, l'esprit grand, l'àme grande. Et toutes les grandeurs dont se fait un grand roi.

Ces deux vers sont du nombre de ceux que les comédiens avaient corrigés ; en effet, cette distinction du cœur, de l'esprit et de l'àme, cette énumération de parties faite ironiquement, est trop loin du ton de la tragédie, et cette répétition de grand et grande est comique.

Vers 68. Qu'il en fasse pour lui ce que j'ai fait pour vous.

On ne devine pas d'abord ce que veut dire cet en ; il est trèsinutile, et il se rapporte à vertu, qui est deux vers plus haut.

Vers 7t. Je lui prête mon bras, et veux dès maintenant, S'il daigne s'en servir, être son lieutenant. L'exemple des Romains m'autorise à le faire.

On a déjà dit que cette expression ne doit jamais être admise -; elle est ici vicieuse, parce que le faire se rapporte à être, et signifie à la lettre faire son lieutenant.

Vers 78. Le reste de l'Asie à nos côtes rangée, etc.

On dit ranger les côtes ; mais non rangée aux côtes, pour située. C'est un barbarisme ^

Vers 89. Et si Flaminius en est le capitaine,

Nous pourrons lui trouver un lac de Trasimène.

Ce n'est pas le même Flaminius ; mais l'insulte n'en est pas moindre.

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