‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 133 sur 574 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Cette fausse accusation, ménagée par Arsinoé, n'est pas sans quelque habileté, mais elle est sans noblesse et sans tragique, et Arsinoé est plus basse encore que Prusias. jPourquoi les petits moyens déplaisent-ils, et que les grands crimes font tant d'effet? C'est que les uns inspirent la terreur, les autres le mépris ; c'est par la même raison qu'on aime à entendre parler d'un grand conquérant plutôt que d'un voleur ordinairejce tour qu'on a jouimet le comble à ce défaut. Arsinoé n'est qu'une bourgeoise qui accuse son beau-fils d'une friponnerie, pour mieux marier son propre fils.

Vers 9. Qu'en présence des rois les vérités sont fortes !

Ce ne sont point ces vérités qui sont fortes, c'est la présence des rois, qui est supposée ici assez forte pour forcer la vérité de paraître.

Vers 10. Que pour sortir d'un cœur elles trouvent de portes!

On a déjà dit^ que toute métaphore, pour être bonne, doit fournir un tableau à un peintre. Il est difficile de peindre des vérités qui sortent d'un cœur par plusieurs portes. On ne peut guère écrire plus mal. Il est à croire que l'auteur fit cette pièce au courant de la plume. Il avait acquis une prodigieuse facilité d'écrire, qui dégénéra enfin en impossibilité d'écrire élégamment.

Vers \'6. Mais pour l'examiner et bien voir ce que c'est,

Si vous pouviez vous mettre un peu hors d'intérêt...

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