SCÈNE IV
C'est une règle invariable que, quand on introduit des personnages chargés d'un secret important, il faut que ce secret soit révélé ; le public s'y attend : on doit dans tous les cas lui tenir ce qu'on lui a promis. Arsinoé a été menacée de la délation de ces prisonniers. Arsinoe a fait accroire au roi que Nicomède les a subornés. Cet éclaircissement est la chose la plus importante, et il ne se fait point. C'est peut-être mal dénouer cette intrigue que de faire massacrer ces deux hommes parle peuple.
Vers 12. Mais un dessein formé ne tombe pas ainsi.
Flaminius presse toujours d'agir ; cependant le roi, la reine, et le prince Attale, restent dans la plus grande tranquillité. Cette inaction est extraordinaire, surtout de la part de la reine, dont le caractère est remuant. N'a-t-elle pas tort d'être tranquille, et de ne pas craindre qu'on la traite comme Métrobate et Zenon ? Le peuple ne les a déchirés que parce qu'il les a crus apostéspar elle. Si on a tué ses complices, elle doit trembler pour elle-même. fn est beau de présenter au public une reine intrépide, mais il faut qu'elle soit assez éclairée pour connaître son danger.
Vers 13. Il suit toujours son but jusqu'à ce qu'il l'emporte.
On n'emporte point un but ; on n'éteint point une horreur : toujours des termes impropres et sans justesse.