‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 165 sur 574 · Paroles pour paroles · texte numérisé non relu

Paroles pour paroles

Il se plaint qu'ayant trafiqué do la parole, on ne lui a donné que des louanges. Boileau dit bien plus noblement :

Apollon ne promet qu'un nom et des lauriers.

{yote de Voltaire.)

— Ce vers est de Boileau, Art poétique, IV, 178.

' Imprimé à Rouen et se vend à Paris, 16Ô9.

Et le stérile honneur d'un éloge impuissant ^ Terminer son accueil le plus reconnoissant; Ce légitime ennui qu'au fond de l'àme excite L'excusable fierté d'un peu de vrai mérite, Par un juste dégoût, ou par ressentiment, Lui pouvoit de tes vers envier l'agrément ; Mais aujourd'hui qu'on voit un héros magnanime Témoigner pour ton nom une tout autre estime, Et répandre l'éclat de sa propre bonté Sur l'endurcissement de ton oisi\ été, Il te seroit honteux d'affermir ton silence Contre une si pressante et douce violence; Et tu ferois un crime à lui dissimuler Que ce qu'il fait pour toi te condamne à parler. Oui, généreux appui de tout notre Parnasse, Tu me rends ma vigueur lorsque tu me fais grâce; Et je veux bien apprendre à tout notre avenir Que tes regards bénins ont su me rajeunir '^. Je m'élève sans crainte avec de si bons guides : Depuis que je t'ai vu, je ne vois plus mes rides, Et, plein d'une plus claire et noble vision, Je prends mes cheveux gris pour une illusion. Je sens le même feu, je sens la même audace Qui fit plaindre le Cid, qui fit combattre Horace; Et je me trouve encor la main qui crayonna L'àme du grand Pompée, et l'esprit de Cinna. Choisis-moi seulement quelque nom dans l'histoire Pour qui tu veuilles place au temple de la Gloire, Quelque nom favori qu'il te plaise arracher ^ A la nuit de la tombe, aux cendres du bûcher :

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