‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 22 sur 574 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

Vers 3. Qa'il entre. A quel dessein vient-il parler à moi?

Parler a moi ne se dit point; il faut me parler. On peut dire en reproche : parlez a moi; oubliez-vous que vous parlez à moi?

Vers 4. Lui que je ne vois point, qu'à peine je connoi?

On prononce Je connais; et du temps même de Corneille, cette diphthongue oi était toujours prononcée ai dans tous les imparfaits, f aurais, je ferais; auparavant on la prononçait comme toi, soi, loi. Connoi, pour connais, est une liberté qu'ont toujours eue les poètes, et qu'ils ont conservée. Il leur est permis d'ôter ou de conserver cette 5 à la fin du verbe, à la première personne du présent; ainsi on met: Je cli, pour Je dis; je fai, pour Je fais; f averti, ])0\iv j'avertis; je vai, pour Je vctis.

Je vous en averti.

Et sans compter sur moi prenez votre partie

Versdern. Je vous l'ai déjà dit, votre langue nous perd.

Il est intolérable que cette Léontine reproche toujours à sa fille, en termes si bas et si comiques, une indiscrétion qu Eudoxe n'a point commise. Ces reproches sont d'autant plus mal placés que les discours et les actions de Léontine ne produisent rien.

Page 1