‹ Commentaires sur CorneilleChapitre 242 sur 574 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

Ver? 41. Piiis-je me plaindre à vous d'un retour inégal

Qui tient moins d'un ami qu'il ne fait d'un rival?

Ce n'est pas parler français; c'est coudre ensemble, pour rimer, des paroles qui ne signifient rien : car que peut signifier un retour incr/nl ^ Que d'obscurités!

Vers 4o. Vous m'en parlez enfin comme si vous m'aimiez. Il n'y a point de vers plus comique.

Vers 46, Souffrez, après ce mot, que je meure à vos pieds.

Jamais le ridicule excessif des intrigues amoureuses de nos héros de théâtre n'a paru plus sensiblement que dans ce couplet où ce vieux militaire, ce vieux conjuré, veut mourir aux pieds de sa Viriate, qu'il n'aime guère. Il s'en est défendu à voir ses cheveux gris; mais sa passion ne s'est pas vue alentie, quoiqu'il se fût figuré que de tels déplaisirs ne lui coûteraient que deux ou trois soupirs. Il envisageait re5????îe de chef magnanime.

Vers 74 Je ne sais que c'est d'aimer ni de ha'ir.

Aristie a dit à Pompée : Suivant quon m'aime ou hait, j'aime ou hais à mon tour; et Viriate dit à Sertorius qu'elle ne sait que c'est d'aimer ni de haïr. Dès qu'elle ne sait que c'est ou ce que c'est, elle n'a qu'un intérêt de politique, par conséquent elle est froide. Cependant elle dit, le moment d'après : M'aimez-vous? ^e devraitelle pas lui dire : L'amour n'est pas fait pour nous ; l'intérêt de l'État, le vôtre, celui de ma grandeur, doivent présider à notre hymen ée?

Vers 91. Que se tiendroit heureux un amour moins sincère Qui n'auroit autre but que de se satisfaire!

Autre but que de se satisfaire donne une idée qui est un peu comique, et qui assurément ne convient pas à la tragédie.

Vers 1 14. Et que m'importe à moi si Rome souffre ou non, etc.

Voilà enfin des sentiments dignes d'une reine et d'une ennemie de Rome; voilà des vers qui seraient dignes de l'entrevue de Pompée et de Sertorius, avec un peu de correction.

Si tout le rôle de Viriate était de cette force, la pièce serait au rang des chefs-d'œuvre.

Vers 13o Je vois quelles tempêtes

Cet ordre surpreiwnt formera sur nos tètes.

Un ordre surprenant qui forme des tempêtes sur des tètes !

Vers !44. Elle en prendra pour vous une haine où j'aspire, etc.

Prendre une haine, aspirera une haine! un orgueil endurci! et cest par lit qu'on veut l'arrêter ici!

Vers 148. 3Iais nos Romains, madame, aiment tous leur patrie; Et de tous leurs travaux l'unique et doux espoir, C'est de vaincre bientôt assez pour la revoir.

Vaincre assez pour revoir Rome !

Vers 161. La perte de Sylla n'est pas ce que je veux;

Rome attire encor moins la fierté de mes vœux, etc.

Attirer la fierté des vœux, c'est encore une de ces expressions impropres et sans justesse. Un hymen qui ne peut trouver d'amorce au milieu d'une ville! des attraits où l'on n'est roi qu'un an!

Quand on examine de près cette foule innombrable de fautes, on est effrayé.

Vers 180. Vous savez que l'amour n'est pas ce qui me presse.

Nous avons déjà remarqué ce vers. Voyez le commencement de cette scène.

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