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REMARQUES SUR LA VIE DE P. CORNEILLE

Heures à celles de son temps, et dans lesquelles il y a des morceaux supérieurs à tous ceux du théâtre d'Athènes.

Le théâtre devint florissant par la faveur du cardinal de Richelieu.

Malgré le cardinal de Richelieu, qui, voulant être poëte, voulut humilier Corneille et élever les mauvais auteurs.

Les princes et les ministres n'ont qu'à commander qu'il se forme des poètes, des peintres, tout ce qu'ils voudront, et il s'en forme.

C'est de quoi je doute heaucoup. Notre meilleur peintre. Le Poussin, fut persécuté, et les bienfaits prodigués aux académies ont fait fout au plus un ou deux bons peintres qui avaient déjà donné leurs chefs-d'œuvre avant d'être récompensés. Rameau avait fait tous ses bons ouvrages de musique au milieu des plus grandes traverses, et Corneille lui-même fut très-peu encouragé. Homère vécut errant et pauvre. Le Tasse fut le plus malheureux des hommes de son temps. Camoëns et Milton furent plus malheureux encore. Chapelain fut récompensé ; et je ne connais aucun homme de génie qui n'ait été persécuté.

Celle i^la règle^^ des vingt-quatre heures fut une des premières dont on s'avisa; mais on n'en faisoit pas encore trop grand cas, témoin la manière dont Corneille lui-même en parle dans la préface de Clitandrej, imprimée en 1632.

Les tragédies italiennes du xvr siècle étaient dans la règle des trois unités, règle admirable d'Aristote. La Sophonisbe de Mairet fut la première pièce de théâtre, en France, dans laquelle cette loi fut suivie : elle est de 1633 ^

En Angleterre, en Espagne, on ne s'est assujetti que depuis peu à cette règle, et encore très-rarement.

Corneille... prit tout à coup l'essor dans Médée, et monta jusqu'au tragique le plus sublime.

Les louanges trop exagérées font tort à celui qui les donne, |\ sans relever celui qui les reçoit.

Corneille avoit dans son cabinet cette pièce 'le Cid] traduite en toutes les langues de l'Europe, hors l'esclavone et la turque. Elle étoit en allemand, en anglois, en flamand; et, par exactitude flamande, on l'avoit rendue vers pour vers.

On en use encore ainsi en Italie, et môme en Angleterre. Il y a de nos ouvrages de poésie traduits en ces deux langues, vers

i. Nous avons dit qu'elle fut représentée en 1629, et imprimée en 1635. 3'2. — CoMM. SLU Corneille. II. 24

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pour vers ; et, ce qui est étonnant, c'est qu'ils sont assez bien traduits.

M. Pellisson dit qu'il éloit passé en proverbe de dire : Cela est beau comme le Cid. Si ce proverbe a péri, il faut s'en prendre aux auteurs qui ne le goûtoient pas, et à la cour, où c'eût été très-mal parler que de s'en servir sous le ministère du cardinal de Richelieu.

J'ose plutôt penser qu'il faut s'en prendre à Cinna, qui fut mis par toute la cour au-dessus du Cid, quoiqu'il ne fût pas si touchant.

Le cardinal de Richelieu montra tant de partialité contre Corneille que, quand Scudéri eut donné sa mauvaise pièce de ï Amour tyrannique, que le cardinal trouvait divine. Sarrasin, par ordre de ce ministre, fit une mauvaise préface dans laquelle il louait Hardy, sans oser nommer Corneille.

Il récompensoit comme ministre ce même mérite dont il étoit jaloux comme poëte.

Pierre Corneille avait le malheur de recevoir une petite pension du cardinal, pour avoir quelque temps travaillé sous lui aux pièces des cinq auteurs.

Enfin il alla jusqu'à Cinna et à Polyeucle^ au-dessus desquels il n'y a

rien.

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On peut croire que Fontenelle parle ainsi moins parce qu'il était neveu du grand Corneille que parce qu'il était l'ennemi de Racine, qui avait fait contre lui une épigramme piquante, à laquelle il avait répondu par une épigramme plus violente encore. Les connaisseurs pensent qu'i^/iaife est très-supérieure à Polyeucte, par la simplicité du sujet, par la régularité, parla grandeur des idées, par la suMimité de l'expression, par la beauté de la poésie. Il est vrai que ces connaisseurs reprochent au prêtre Joad d'être impitoyable et fanatique, de dire à sa femme, qui parle à Mathan^: Ne craignez-vous pas que ces murailles ne tombent sur vous, et que Venfer ne vous engloutisse ? d'aller l3eaucoup au delà de son ministère, d'empêcher qu'Athalie n'élève le petit Joas, qui est son seul héritier, de faire tomber la reine dans le piège, d'ordonner son supplice comme s'il était son juge, de prendre enfin le brave Abncr pour dupe. On reproche à Mathan de se vanter de ses crimes ; on reproche à la pièce des longueurs. Presque

\. Acte III, scène v.

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