A M. FABRYi
25, à Ferney (1764).
Je crois, mon cher monsieur, qu'il ne serait pas mal que nous dînassions et soupassions ensemble avec M. de Varny. Il est temps de représenter plus fortement que jamais au conseil l'état de la province. Un de nos fléaux est que nos paysans abandonnent la charrue pour servir les Genevois en qualité de lapidaires et d'horlogers. On a bien défendu de faire de nouveaux vignobles; à plus forte raison doit-on défendre aux cultivateurs de travailler pour l'étranger à un art très-inutile aux dépens de l'agriculture.
Je n'ai fait au reste que jeter en hâte sur le papier mes réponses aux objections de Sedillot adoptées par M. d'Érigny. Vous aurez sans doute dressé un mémoire détaillé, dans lequel vous aurez approfondi ce que je n'ai pu qu'effleurer.
J'ai l'honneur d'être, avec tous les sentiments que vous me connaissez, monsieur, votre très-lmmble obéissant serviteur.
Voltaire.
1. La suscription porte : n A monsieur, monsieur Fabri, maire et subdélégué à Gox. » Scellé en cire rouge.