PROLOGUE
Vers 1 . Arrête un peu ta course impétueuse;
Mon théâtre, Soleil, mérite bien tes yeuK, etc.
Je ne ferai point de remarques détaillées sur ce théâtre qui mérite les yeux du Soleil au lieu de ses regards, ni sur le frein que le Soleil tient à ses chevaux; mais je remarquerai que ce n'est pas Quinault qui consacra le premier ses prologues à la louange de Louis XIV ; il ne lui donna même jamais de louanges aussi outrées dans le cours de ses conquêtes que Corneille lui en donne ici. Il n'est guère permis de dire à un prince qui n'a eu encore aucune occasion de se signaler qu'il est le plus grand des rois. Alexandre, César, et Pompée, attachés au char de Louis XH , avant qu'il ait pu rien faire, révoltent un peu le lecteur.
Je lui montre Pompée, Alexandre, César, Mais comme des héros attachés à son char.
C'est cet endroit que Boileau voulait noter quand il dit à Louis XIV^ :
Ce n'est pas qu'aisément, comme un autre, à ton char Je ne pusse attacher Alexandre et César.