‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 106 sur 164 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

desseins contre sa personne, en prévenir l'effet par sa célérité. Arrivé chez les Lingons, il dépêche des courriers aux autres légions et les a rassenablées avant que les Arvernes aient pu savoir qu'il était de retour.

III. A ces nouvelles, Vercingétorix ramène son armée chez les Bituriges et va, de là, mettre le siège devant Gergovie, ville des Boïens, que César, après les avoir vaincus dans la même bataille que les Helvétiens, y avait placés sous la dépendance des Éduens. César fut très embarrassé sur le parti qu'il devait prendre. S'il tenait ses légions réunies le reste de l'hiver sur un seul point, il craignait que la prise d'une ville tributaire des Éduens ne le fit abandonner de toute la Gaule, parce qu'il paraîtrait que ses amis ne pouvaient compter sur lui : s'il mettait de trop bonne heure l'armée en campagne, la difficulté du transport pourrait la faire souffrir du côté des vivres. Il crut cependant plus à propos de s'exposer à tous les désagréments, que d'essuyer un pareil affront et d'aliéner ses alliés. Il exhorte donc les Éduens à lui fournir des vivres, et fait prévenir les Boïens de sa marche, en les engageant à rester fidèles et à soutenir vigoureusement les attaques de l'ennemi.

Ainsi, laissant dans Agendicum deux légions avec tous les bagages de l'armée, il part et, le lendemain, arrive près de Vellaunodunum, ville des Sénonais, et, ne voulant point laisser d'ennemis derrière lui, pour que les vivres circulassent librement, il en forme le siège. La circonvallation fut achevée en deux

jours; le troisième, la ville députa pour se rendre. César ordonna qu'on lui livrât les armes, les bêtes de somme, et six cents otages*, et laissa, pour faire exécuter la capitulation, son lieutenant G. Trébonius et, pour ne pas perdre de temps, marcha lui-même sur Génabum, ville des Carnutes, qui, ne venant que d'apprendre le siège de Vellaunodunum et croyant qu'il durerait plus longtemps, rassemblaient des troupes pour les jeter dans Génabum.

Le second jour de sa marche. César campe devant cette ville, dont, faute de temps, il remet l'attaque au lendemain ; il ordonne de tenir prêt tout ce qu'il faut en pareil cas et, craignant que l'ennemi ne s'enfuie dans la nuit par le pont qu'il avait sur le fleuve, il commande deux légions pour la passer sous les armes. En effet, un peu avant minuit, les habitants sortent de la ville et commencentàtraverserla Loire. César l'apprend par ses patrouilles, met le feu aux portes, fait entrer les légions qui avaient 'eu l'ordre de se tenir prêtes et s'empare de la place, dont presque tous les habitants furent pris, parce que le peu de largeur du pont et des chemins arrêta la foule de sa fuite. Il saccage et brûle la ville, abandonne le butin aux soldats et, passant la Loire, arrive sur les terres des Bituriges.

■1. Le nombre de soixante otages nous semblerait plus convenable. César, L. 2, n'en demande que six cents aux Bellovaques, le peuple le plus puissant de la Belgique. Vellaunodunum n'étant probablement qu'une assez petite ville, six cents hommes en état de porter les armes, auraient fait une grande partie de sa population.

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