‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 107 sur 164 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

Vercingétorix abandonne son siège, à la nouvelle de l'approche de César, et vient au-devant de lui. César avait attaqué Noviodunum, ville des Bituriges placée sur sa route : des députés en étaient sortis pour le prier de leur pardonner et de leur conserver la vie; et, pour terminer son expédition aussi rapidement qu'il en avait fait la plus grande partie, il leur avait ordonné de livrer leurs armes, de remettre leurs chevaux et de donner des otages : on en avait déjà livré une partie, on s'occupait du reste, et des centurions étaient entrés dans la ville avec quelques soldats, pour faire la recherche des armes et des chevaux, lorsque, dans le lointain, parut la cavalerie des Gaulois, qui précédait leur armée. Dès qu'ils l'aperçoivent et qu'ils ont l'espoir d'être secourus, les habitants, poussant un cri commencent à prendre les armes, à fermer les portes et à border le rempart. Les centurions qui étaient dans la ville, comprenant par leurs démonstrations qu'ils ont changé d'avis, s'emparent des portes l'épée à la main et se retirent sains et saufs avec tous leurs soldats.

César fait sortir sa cavalerie, qui engage le combat avec celle des Gaulois : la nôtre ayant le dessous, il la fait appuyer par environ quatre cents cavaliers germains, qu'il s'était attachés dès le commencement de la campagne. L'ennemi n'en put soutenir le choc, prit la fuite et se replia sur le gros de son armée, laissant beaucoup de morts. Sa déroute ayant jeté de nouveau la terreur dans la ville, les habitants saisirent ceux

qu'ils crurent avoir ameuté la populace, les amenèrent à César et se rendirent. Cette affaire finie, il marcha sur Avaricura, ville située dans un canton très fertile, et la plus grande comme la plus forte des Bituriges. Il espérait, en s'en emparant, réduire la cité entière.

Après tant d'échecs reçus coup sur coup, à Vellaunodunum, à Génabum, à Noviodunum, Vercingétorix assemble son conseil, il fait voir « Qu'on doit adopter un plan de campagne tout différent de celui qu'on a suivi jusque-là. Il faut employer tous ses moyens pour couper aux Romains le fourrage et les vivres ; chose facile, parce qu'on a beaucoup de cavalerie et qu'on est secondé par la saison. On ne peut trouver encore de foiïrrage dans la campagne : l'ennemi sera forcé de se disperser pour en chercher dans les maisons, et la cavalerie pourra chaque jour le détruire en détail. Enlin il fallait sacrifier à Tintérêt pubhc les intérêts particuliers; il fallait brûler en tous sens les bourgs elles fermes, aussi loin que paraîtraient pouvoir se porter les fourrageurs romains. Eux, ils ne manqueraient de rien, étant approvisionnés par les peuples chez qui se faisait la guerre. Les Romains, ou ne pourraient tenir contre la disette, ou s'exposeraient beaucoup en s'écartant de leur camp ; et peu importait de les tuer ou de leur enlever leurs bagages, sans lesquels ils ne pourraient faire la guerre. Il fallait encore brûler toute ville qui par son assiette ou ses fortifications n'était pas imprenable, afin qu'elle ne servît ni d'asile aux Gaulois pour se dérober au service ni de but aux.

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