LIVRE VII
ments, rendre grâce à celui qui les avait donnés; puisque, de la colline, on avait pu reconnaître le petit nombre et apprécier le courage de ces homraes qui s'étaient honteusement retirés dans leur camp, sans oser combattre. Il ne désirait point obtenir de César, par une trahison, l'empire qu'il pouvait obtenir par une victoire, qui n'était plus douteuse à ses yeux ni à ceux des Gaulois : il remettrait, qui plus est, le généralat, s'ils se figuraient plutôt lui faire honneur que lui devoir leur salut s. Et pour que vous sachiez, dit-il, que je vous parle sans feinte, écoutez des soldats romains ». Il produit des esclaves, enlevés quelques jours avant dans un fourrage, et déjà exténués par les fers et la faim. Instruits d'avance de ce qu'ils doivent répondre : « Ils se disent soldats légionnaires : poussés par le besoin et la faim, ils étaient sortis du camp en cachette, pour tâcher de découvrir dans la campagne du bétail ou du blé. Toute l'armée éprouvait la même disette; le soldat, sans vigueur, ne pouvait déjà plus soutenir la fatigue des travaux. Le général avait, en conséquence, résolu de faire retraite, si, sous trois jours, il n'obtenait pas quelque succès dans le siège. Voilà, s'écrie Vercingétorix, les services que je vous ai rendus, moi, que vous taxez de trahison ; moi dont les mesures ont, vous le voyez, presque détruit par la faim et sans qu'il vous en coûte de sang une armée triomphante et si nombreuse; et j'ai pourvu à ce que, dans sa honteuse fuite, aucune cité ne Vaccueille sur ses terres.
Un cri général se fait entendre avec un cliquetis d'à;-
mes, démonstration ordinaire aux Gaulois, quand un discours leur a plu : c Vercingélorix est leur généralissime; on ne doit point douter de sa droiture et l'on ne peut conduire plus habilement la guerre ». On arrête de faire entier dans la ville dix mille hommes choisis sur toute l'armée : on ne veut pas confier le salut de tous aux seuls Bituriges, parce que l'on sent que, s'ils conservent la ville, tout l'honneur du succès sera pour eux.
A la valeur singulière de nos troupes, les Gaulois opposaient des inventions de toute espèce ; car ils sont très industrieux et très adroits à imiter ce qu'ils ont pu voir faire. Ils détournaient nos faux avec des lacs, et, les ayantsaisies,ilsles attiraient à eux avecdesmachines.Ils ruinaient notre terrasse, en la minant avec d'autant plus d'habileté qu'ayant des mines de fer considérables, ils connaissent et pratiquent toutes sortes de galeries souterraines. Ils avaient rehaussé tous les murs avec des tours revêtues de cuir, et faisant de jour et de nuit de fréquentes sorties, tantôt ils mettaient le feu aux ouvrages, tantôt ils tombaient sur les travailleurs. L'élévation que gagnaient nos tours par l'accroissement journalier de la terrasse, ils la donnaient aux leurs en y ajoutant des mâts. Ils arrêtaient nos mines avec des pieux aigus brûlés par le bout, de la poix fondue, d'énormes quartiers de rocher, et nous empêchaient ainsi de les pousser jusqu'au rempart.
Or, telle est à peu près la forme des murailles dans toute la Gaule. Sur le sol, à la distance régulière de