‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 113 sur 164 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

horte « à ne point se laisser abattre et décourager à l'excès par un échec. Les Romains ne devaient pas la victoire à leur valeur en bataille rangée, mais à un art, à une habileté dans les sièges, inconnus aux Gaulois. On se tromperait, si l'on ne s'attendait en guerre qu'à, des succès. II n'avait jamais été d'avis de défendre Avaricum; ils en étaient témoins. Cependant, cette perte, qui était due à la témérité des Bituriges et au trop de déférence des autres cités, il la réparerait bientôt par des avantages plus qu'équivalents. Car, les peuples qui n'étaient pas du parti du reste de la Gaule, il les y amènerait par ses soins et la Gaule entière n'aurait qu'un vœu, qu'un but unique auxquels l'univers même s'opposerait en vain : il avait déjà presque réussi. Il était juste néanmoins qu'il obtînt d'eux, au nom du salut public, de prendre la méthode de retrancher le camp, pour résister plus aisément aux attaques subites de l'ennemi ».

Son discours ne fut point désagréaible aux Gaulois, surtout parce qu'un si grand échec n'avait point abattu son courage et qu'il ne s'était point caché pour se dérober aux regards de l'armée. On lui trouvait d'autant plus de prudence et de prévoyance que, quand rien ne périclitait, il avait proposé, d'abord de brûler Avaricum, ensuite de l'évacuer. Ainsi, tandis que le crédit des autres généraux s'affaiblit par un revers, son pouvoir depuis celui-là s'accrut au contraire de jour en jour: en même temps, d'après ses assertions, on comptait sur l'adhésion des autres cités. Les Gaulois

commencèrent alors, pour la première fois, à retrancher leur camp: telle était leur consternation que ces hommes, inaccoutumés au travail, crurent devoir se soumettre à tout ce qu'on leur commandait.

Vercingétorix travaille, suivant sa promesse, à réunir à sa ligue les autres cités : il en gagne les chefs par des présents et des promesses, choisissant des agents adroits, aux discours trompeurs et aux avances de qui l'on pouvait aisément se laisser prendre. Il a soin de fournir des vêtements et des armes aux réfugiés d'Avaricum. En même temps, pour compléter ses troupes affaiblies, il commande aux cités un certain nombre d'hommes, qu'on devra lui amener pour telle époque, et donne ordre de chercher et de lui envoyer tous les archers, qui sont très nombreux dans la Gaule. 11 a bientôt ainsi remplacé ce qui a péri dans Avaricum. Cependant le roi des Nitiobriges, Teutomatus, flls d'OlIovicon, à qui le sénat avait accordé le titre d'ami, joint l'armée avec un gros corps de cavalerie tirée en partie de son pays, et levée en partie dans l'Aquitaine.

V. César demeura encore plusieurs jours dans Avaricum, où il avait trouvé beaucoup de blé et d'autres vivres : l'armée s'y remit de ses fatigues. L'hiver étant à sa fin, et la saison même l'appelant en campagne, il avait résolu de marcher aux ennemis, et soit de les tirer des marais et des bois, soit de les y assiéger, lorsque les premiers des Éduens vinrent en députation vers lui « Pour le prier d'accorder ses bons offices à leur cité. L'État était dans le plus grand danger : car

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