‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 119 sur 164 · LIVRE VU · texte numérisé non relu

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ment. César, qui s'en aperçoit, fait couvrir les décorations, cacher les enseignes et défiler les soldats par petits pelotons, pour qu'on n'y fît pas attention de la ville. Il donne ses instructions aux lieutenants qui commandent chaque légion et les avertit surtout : € De contenir les soldats, que l'ardeur de combattre et l'espoir du butin pourraient emporter trop loin. Il leur fait voir le désavantage que leur donne l'escarpement du terrain ; la vivacité seule pouvait y parer : c'était d'un coup de main qu'il s'agissait, non d'une bataille ». Ces mesures prises, il donne le signal et fait, en même temps, monter les Éduens par un autre endroit, sur la droite.

De la plaine, ou du pied de la colline jusqu'aux murs de la ville, il y avait douze cents pas, à vol d'oiseau. La distance s'augmentait des détours à faire pour monter moins à pic. A mi-côte, les Gaulois avaient tiré, de front et suivant la disposition du terrain, un mur de six pieds de haut en grosses pierres, pour nous arrêter dans l'attaque : ils avaient ensuite abandonné tout à fait la partie inférieure; et, sur le sommet de la colline, leurs quartiers très serrés s'étendaient jusqu'aux murs de la ville. Le signal donné, nos soldats arrivent en un clin d'oeil au retranchement, le franchissent, enlèvent trois quartiers et cela si rapidement qu'en pillant ils surprennent dans sa tente le roi des Nitiobriges, Teutomatus, qui s'y était endormi l'après-midi et qui ne leur échappe qu'avec peine, nu jusqu'à la ceinture et son cheval blessé. César, ayant

rempli son but, fit sonner la retraite. La dixième légion, avec laquelle il était, s'arrêta.

Les autres n'avaient pas entendu la trompette, parce qu'elles étaient au delà d'un assez large vallon ; cependant, d'après les instructions de César, les lieutenants et les tribuns essayaient de les retenir : mais, exaltés par l'espoir d'une prompte victoire, par la fuite des ennemis, par leurs anciens succès, les soldats ne voyaient rien de si difficile qu'ils n'en puissent venir à bout, et ne cessèrent de poursuivre les fuyards que sous les murs et aux portes de la place. Un cri s'étant alors élevé de toutes les parties de l'enceinte, les Barbares qui étaient à l'autre extrémité, effrayés de ce bruit soudain, crurent l'ennemi dans l'intérieur et se jetèrent hors de la ville. Les femmes laissaient tomber du haut du rempart des habits et de l'argent, et, s'avançant le sein nu, les mains étendues, suppliaient les Romains de les épargner et de ne pas en agir comme à Avaricum, où l'on n'avait fait grâce ni aux enfants ni aux femmes : plusieurs descendirent à l'aide des mains et se livrèrent aux soldats. L. Fabius, centurion de la huitième légion, avait dit ce jour-là dans les rangs : « Que les récompenses d'Avaricum l'animaient et qu'il ne souffrirait pas qu'un autre escaladât le premier les murs ». Trouvant trois hommes de son manipule, il se fait soulever par eux, monte sur le rempart, leur tend la main à son tour et les attire à lui.

Cependant les Gaulois qui s'étaient, comme on l'a

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