‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 120 sur 164 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

dit, portés vers le retranchement, de l'autre côté de la ville, ayant entendu les premiers cris, et pressés ensuite par de fréquents exprès qui annonçaient la prise de la ville, détachent en avant leur cavalerie et la suivent en foule. Chacun, à mesure qu'il arrive, se forme sous le mur et augmente le nombre des combattants. Leurs forces s'étant beaucoup grossies, les femmes, qui, tout à l'heure, nous tendaient les mains du haut du rempart, s'offrent aux Barbares, échevelées suivant leur usage, et les implorent, en leur présentant leurs enfants. Les Romains avaient le désavantage et du tervain et du nombre : fatigués de leur course et de la durée du combat, ils ne se soutenaient pas sans peine contre des hommes tout frais.

César, voyant s'accroître le nombre des ennemis, craignit pour ses troupes, qui se battaient dans une mauvaise position. Il envoie donc l'ordre au lieutenant T. Sextius, qu'il avait chargé de la garde du petit camp, d'en faire sortir des cohortes et de les poster sur notre gauche, au pied de la colline, en vue de rendre l'ennemi plus circonspect dans la poursuite, s'il culbutait nos gens de la hauteur; portant lui-même sa légion un peu en avant de l'endroit où il l'avait arrêtée, il attendit l'issue de l'affaire. Tandis qu'on se battait très vivement et corps à corps, l'ennemi se fiant en son nombre et en sa position, et nos soldats en leur valeur, tout à coup parurent sur notre flanc découvert les Éduens, que César avait envoyés, par un autre chemin, pour faire diversion sur sa droite. La vue de leurs armes

gauloises alarma beaucoup nos troupes, quoiqu'ils eussent le bras droit nu, en signe ordinaire de bonne intelligence; elles crurent que c'était une ruse de l'ennemi pour les induire en erreur.

En ce moment, le centurion L. Fîdiius et ceux qui

l'avaient suivi furent enveloppés et précipités sans vie

du haut du rempart, M. Pétréïus, centurion de la

même légion, se vit accabler par le nombre, comme il

s'efforçait de briser la porte. Ayant déjà reçu plusieurs

blessures et désespérant de sa vie, Puisque je ne puis

me sauver avec vous, dit-il à ceux de son manipule qui

l'avaient suivi, certes j'aurai du moins soin de votre

ralut, à vous que j'ai conduits dans le péril, entraîné par

'amour de la gloire. Songez à vous sauver, je vous en

lonne le moyen. A ces mots, il se jette au milieu des

pnemis, en tue deux, écarte un peu le reste de la

^rte, et ses soldats s'empressant de le secourir : En

tain, reprit-il, tentez-vous de me conserver la vie; déjà

mon sang et mes forces m'abandonnent : éloignez-vous

donc, tandis que vous le pouvez, et rejoignez la légion.

Un moment après il périt en combattant.

Nos soldats, pressés de toutes parts, furent culbutés avec perte de quarante-six centurions. Mais la dixième légion, placée comme réserve dans une position un peu moins mauvaise, ralentit les Gaulois, qui s'abandonnaient trop vivement à la poursuite : elle fut soutenue par les cohortes de la treizième, venues du petit camp et postées un peu plus haut, sous les ordres du lieutenant T. Sextius. Dès que les légions furent

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