‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 124 sur 164 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

même il sort peu après du camp avec trois légions, qu'il conduit en silence à l'endroit où les barques devaient aborder. Comme il s'était élevé tout à coup un violent orage, on surprit en arrivant les éclaireurs de l'ennemi, qui en avait sur tous les points du fleuve, et l'infanterie le passa promptement ainsi que la cavalerie, par les soins des chevaliers romains, chargés de cette opération.

Vers le point du jour, on annonce presque à la fois aux ennemis et qu'il se fait dans le camp romain un bruit extraordinaire, et qu'un corps considérable remonte le fleuve, et que, plus bas, des troupes le traversent dans des barques. Croyant, d'après cela, que l'armée le passe sur trois points et que, consternée de la révolte des Eduens, elle se dispose à fuir, les Gaulois forment aussi trois corps, en laissent un en face de notre camp, envoient vers Métiosedum une petite division, qui doit mesurer sa marche sur celle des barques, et se porte contre Labiénus avec le reste. Au point du jour, nos légions étaient au delà du fleuve et l'on découvrit les ennemis en bataille.

Labiénus exhorte les soldats « A se souvenir de leur ancienne valeur, à se rappeler tant de succès brillants, à se croire encore sous les yeux de César, qui les a souvent guidés à la victoire », et donne le signal du combat. Du premier choc, à l'aile droite, la septième légion repousse et met en fuite les Barbares : mais, à la gauche, quoique la douzième eût fait tomber sous ses javelots les premiers rangs, le reste opposait une

vive résistance, et nul ne paraissait penser à la fuite. Leur général, Camulogène, y était en personne et les encourageait. L'issue du combat était encore incertaine, lorsque les tribuns de la septième légion, informés de ce qui se passait de ce coté, parurent sur les derrières de l'ennemi qu'ils chargèrent. Dans cette crise même, aucun ne lâcha pied; ils furent enveloppés et périrent tous : Camulogène partagea leur sort. Cependant ceux qu'il avait laissés en face du camp de Labiénus, apprenant qu'on en était aux mains, vinrent au secours des leurs et se postèrent sur une colline: mais ils ne purent soutenir le choc des légions victorieuses et se mêlèrent à la foule des fuyards. Tout ce qui ne trouva pas un asile dans les bois et sur les hauteurs fut exterminé par la cavalerie. Après cette action, Labiénus retourne à Agendicum, où il avait laissé les bagages de toute l'armée, et de là rejoint César avec toutes ses troupes,

VII. La révolte connue des Éduens rendit la guerre plus vive: ils envoient de tous côtés des agents: tout ce qu'ils ont de puissance, de crédit et d'argent, ils l'emploient à gagner d'autres cités ; nantis des otages déposés chez eux par César, ils intimident, par la menace de les faire périr, les peuples qui hésitent. Ils prient Vercingétorix de venir conférer avec eux sur les moyens de pousser la guerre. En ayant obtenu ce point, ils demandent qu'on leur remette le commandement en chef; et, la chose souffrant des difficultés, on convoque à Bibracte une assemblée générale de la

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