LIVRE VII
Gaule. L'affluence y fut immense; on en passa par la majorité des suffrages : il n'en manqua pas un à Vercingétorix. On ne vit, à cette assemblée, ni les Rémois, ni les Lingons, ni les Tréviriens ; les premiers, parce qu'ils restaient attachés à Rome, les Tréviriens, parce qu'ils étaient trop éloignés et que les Germains les inquiétaient : de là vint qu'il n'en fut point parlé de toute la guerre et qu'aucun des partis n'en tira de secours. Les Éduens sont désolés d'être déchus du commandement ; ils se plaignent de ce changement de fortune ; ils regrettent les bontés de César. Cependant, après avoir entrepris la guerre, ils n'osent séparer leur cause de celle des autres cités. Éporédorix et Virdumarus, jeunes gens de la plus haute espérance, obéissent à regret à Vercingétorix.
Celui-ci demande des otages aux divers peuples et îxe un jour où devra, sans faute, se réunir toute la cavalerie, au nombre de quinze mille hommes. « Il se contentera, dit-il, de ce qu'il a eu jusque-là d'infanterie: 1 ne veut rien hasarder : il ne livrera poin^ de bataille- Mais, avec une cavalerie nombreuse, il lui sera très 'acile d'empêcher les Romains de se procurer des vivres ;t du fourrage, si les Gaulois ont le bon esprit de gâter eurs blés et de brûler leurs maisons ; pertes domesiques qui, comme ils le voient, assureront à jamais eur puissance et leur liberté ». Ces points réglés, il lemande aux Éduens et aux Ségusiens, qui touchent à lotre province, dix mille hommes d'infanterie dont il
donne le commandement au frère d'Éporédorii, avec huit cents chevaux et l'ordre de porter la guerre chez les Allobroges. Il fait attaquer les Ilelviens parles Cabales et par les Arvernes limitrophes, et charge les Rutènes et les Cadurces de ravager les terres des Volces Arécomices. Cependant, par des agents et des députes, il cherche sous main à gagner les Allobroges^ dont il se flatte que les esprits ne sont pas encore bien calmés depuis la guerre précédente. Il promet à la cité l'autorité sur toute la province et de l'argent aux chefs. Pour parer à tout cela, Ton n'avait que vingt-deux cohortes levées dans la province même, avec lesquelles le lieutenant L. César faisait face de tous côtés. Les Helviens, qui, d'eux-mêmes, en vinrent aux mains avec les Arvernes et les Cabales, furent battus et rejetés dans leurs villes et dans leurs forts, après avoir perdu beaucoup de monde et le chef de leur cité, C. Valériu3 Donotaurus, fils de Caburus. Les Allobroges, ayant placé de nombreux détachements le long du Rhône, défendirent leurs frontières avec beaucoup de soin et de vigilance.
Voyant que les ennemis, supérieurs en cavalerie et maîtres de tous les chemins, l'empêchaient de tirer des secours de l'Italie et de la Province, César envoya dans les cités germaines d'au delà du Rhin, qu'il avait soumises l'été précédent, et en tira de la cavalerie et de cette infanterie légère, habituée à combattre entre les chevaux. A leur arrivée, comme les Germains étaient assez mal montés, il prit et leur distribua les chevaux