LIVRE VII
des tribuns et autres officiers, même ceux des chevaliers romains et des vétérans.
Cependant, toutes les forces des Arvernes se rassemblent avec la cavalerie commandée dans toute la Gaule, et qui se trouva très nombreuse. Afin d'être plus à portée de donner du secours à la province, César gagnait le pays des Séquaniens, en côtoyant celui des Lingons. Vercingétorix vint établir trois camps, à dix milles environ des Romains, et, convoquant les principaux officiers de sa cavalerie, il leur annonce « que l'instant de la victoire est arrivé. Les Romains s'enfuient dans leur province, et quittent la Gaule : c'était assez pour recouvrer la liberté du moment, mais c'était peu pour la paix . et la tranquillité futures; car ils rassembleraient de plus grandes forces, ils reviendraient, et la guerre ne finirait pas. Il fallait les attaquer en marche, embarrassés de leurs bagages. Si l'infanterie s'arrête ponr les défendre, elle ne fera pas de chemin; si, ce qui est bien plus probable, elle les abandonne pour songer à sa sûreté, elle perdra tout à la fois et l'honneur et les objets de première nécessité. Car, quant aux cavaliers ennemis, on ne devait pas même supposer qu'un d'entre eux osât seulement dépasser les rangs de l'infanterie. Pour animer encore les troupes, il aurait toutes ses forces en bataille en avant de son camp, ce qui jetterait la terreur chez l'ennemi ». Tous s'écrient : « Qu'il faut que chacun s'engage, par le serment le plus solennel, à ne point rentrer dans sa maison, et à n'approcher
ni de ses enfants, ni de son père, ni de sa femme, s'il n'a passé deux fois à travers l'armée ennemie ' ».
La proposition est approuvée, tout le monde prête le serment, et, le lendemain, leur cavalerie s'étant formée en trois divisions, deux se montrent sur nos flancs et la troisième se met en devoir d'arrêter notre avantgarde dans sa marche. César, l'apprenant, fait aussi trois corps de sa cavalerie et lui ordonne d'attaquer. On se bat partout à la fois, l'armée s'arrête et les bagages se rangent au milieu des légions. Si notre cavalerie a du dessous, ou se trouve trop pressée sur un point, César y porte une colonne d'infanterie, qui ralentit la poursuite des ennemis et rassure nos escadrons par l'espoir d'être secourus. Enfin, sur la droite, les Germains s'emparent des hauteurs, dont ils culbutent les Gaulois, poursuivent les fuyards jusqu'au fleuve, où se tenait Vercingétorix avec l'infanterie, et leur tuent beaucoup de monde ; le reste, voyant cela, craint d'être enveloppé et prend aussi la fuite. Alors le carnage s'étendit partout. On amena prisonniers à César trois Éduens des plus distingués : Éporédorix qui les commandait, quand, avant l'arrivée des Romains, ils en vinrent aux mains avec les Séquaniens; Cavarillus, général de leur infanterie, depuis la défection de Litavicus; et celui de leur cavalerie, Cotus, le concurrent de Convictolitanes dans les précédents comices.
i. On voit ici le type de ces serments chevaleresques: ne point coucher dans un lit, ne point manger pain sur table, etc., jusqu'à ce qu'on eiit mis fin à telle ou telle entreprise.