LIVRE VII
Voyant toute sa cavalerie en fuite, Vercingétorix fit rentrer son infanterie, qu'il avait mise en bataille devant ses trois camps, et prit aussitôt le chemin d'Alésia, ville des Mandubiens, donnant aux bagages l'ordre de partir sur-le-champ et de le suivre. César, laissant les siens sur une colline, à la garde de deux légions, poursuivit les ennemis autant que le jour le lui permit, tua trois mille hommes environ de leur arrière-garde, et campa le lendemain près d'Alésia. II en reconnut la position et, voyant les ennemis consternés de la défaite de leur cavalerie, la partie de leurs forces sur laquelle ils comptaient le plus, il encourage au travail lœ soldats et entreprend la circonvallation de la ville.
VIII. Elle ne paraissait pouvoir être prise que par blocus ; car, située sur le sommet d'une très haute colline, dont deux rivières baignaient de deux côtés la base, elle avait devant elle une plaine d'environ trois milles de long et, partout ailleurs, elle était entourée, à une médiocre distance, par d'autres collines, tout aussi élevées que la première. La partie orientale de la montagne était couverte en entier par l'armée des Gaulois, campée au pied du rempart : en avant, ils avaient tiré un mur de six pieds de liaut avec un fossé. Les lignes commencées par les Romains embrassaient onze milles: leur camp était dans une excellente position et flanqué de vingt-trois redoutes, où l'on tenait des postes de jour, dans la crainte de quelque brusque sortie; la nuit elles avaient de forts détachements avec des sentinelles.
Les travaux commencés, il se livre un combat de cavalerie dans cette plaine de trois milles, qui, comme on l'a dit, s'étendait entre les collines. On se battit de part et d'autre avec acharnement; nos gens ayant le dessous, César les fit soutenir par les Germains et mit les légions en bataille devant le camp, de crainte d'une attaque soudaine de la part de l'infanterie ennemie. Assurée du secours des légions, notre cavalerie redouble de courage : les ennemis en déroute s'embarrassent par leur propre nombre et s'entassent dans leurs portes trop étroites : les Germains les poursuivent chaudement jusqu'à leurs retranchements et font un grand carnage. Plusieurs Gaulois, abandonnant leurs chevaux, essaient de traverser le fossé et de grimper sur la muraille. César fait faire un léger mouvement en avant aux légions placées sur le front du camp. La terreur s'empare des Barbares placés en dedans du retranchement; ils croient qu'on marche à eux de ce pas, et crient aux armes : un grand nombre se jette de frayeur dans la ville. Vercingétorix ordonne d'en fermer les portes, pour que le camp ne se dégarnisse pas. Enfin, après avoir tué beaucoup de monde, les Germains se refirent, ramenant quantité de chevaux.
Vercingétorix, avant que la circonvallation fût achevée, prit le parti de renvoyer toute sa cavalerie. Il ordonne aux partants : c De se rendre chacun dans sa cité, et de faire marcher tout ce que l'âge met en état de porter les armes. Il leur retrace les services qu'il a rendus ; il les conjure de penser à le sauver et de ne