‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 129 sur 164 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

pieu, pour à la fois le tenir droit et l'afTermir, on foulait la terre jusqu'à la hauteur d'un pied ; le reste du trou se remplissait de branchages et de broussailles qui cachaient cette espèce de piège. II y en avait huit rangs, à trois pieds l'un de l'autre : on les nommait des lis, parce qu'ils ressemblaient à cette fleur.

En avant encore on semait partout et très près l'une de l'autre des plaques de fer d'un pied de long, garnies de crochets aussi de fer : elles étaient entièrement recouvertes de terre et s'appelaient des éperons.

Ces travaux achevés, César en fît faire d'absolument pareils en sens contraire, pour recevoir les ennemis du dehors, afin que, s'ils survenaient ils ne pussent, malgré leur nombre, investir complètement nos postes. Ces travaux poussés sur un terrain uni, autant que le permettait la localité, embrassaient quatorze milles. Pour n'être pas forcé d'exposer les troupes en les faisant sortir du camp, chacun eut ordre de s'approvisionner de fourrage et de blé pour trente jours.

Tandis que cela se passait autour d'Alésia, les principaux de la Gaule, s'étant réunis, décidaient qu'on ne ferait pas marcher, comme le voulait Vercingétorix, tout ce qui était en état de porter les armes, mais que chaque cité fournirait un nombre d'hommes déterminé. Ils craignaient que, dans la confusion inséparable d'une grande multitude, on ne put ni la gouverner, ni reconnaître chacun les siens, ni s'assurer les vivres nécessaires. Le contingent fut fixé :

Pour les Éduens et leurs clients, les Ségusiens, les Ambivarètes et les Aulerces Branno- Hommes, vices, à 35.000

Pour les Arvernes, conjointement avec les Cadurces, les Gabales et les Velaunes, qui dépendent ordinairement des Arvernes, à 35.000

Pour les Sénonais, les Séquaniens, les Biluriges, les Xantons, les Rutènes et les Carnutes, à 12.000

Pour les Bellovaques, à 10.000

Pour les Lémovices, à 10.000

Pour les Pictons, les Turons, les Parisiens et les Suessions, à 8.000

Pour les Ambiens, les Médiomatrices, les Pétrocoriens, les Nerviens, les Morins et les Nitiobriges, à 5.000

Pour les Aulerces Cénomans, à 5.000

Pour les Atrébates, à 4.000

Pour les Bellocasses, les Lexobiens et les Aulerces Eburovices, à 3.000

Pour les Rauraques et les Boïens réunis, à 30.000 Pour toutes les cités que baigne l'Océan et que les Gaulois appellent Armoricaines, les Curiosolites, les Rhédons, les Arabibares, les Ossisraiens, les Léonois, les Vénètes et les Unelles, à 6.000

Les Bellovaques ne fournirent point leur contingent. Ils feraient, dirent-ils, la guerre en leur nom et à leur fantaisie, et ne recevraient d'ordres de personne. Ce-

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