‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 130 sur 164 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

pendant, à la prière de Comius, leur hôte, ils envoyèrent deux mille hommes. C'est ce Comius que Ton 1 vu précédemment rendre, dans la Grande-Bretagne, l'utiles &t fidèles services à César, qui avait, en sa faveur, affranchi sa cité de toutes charges, lui avait rendu ses droits et ses lois, et lui avait même subordonné es Morins. Tel fut cependant l'accord de toute la Gaule Dour recouvrer son indépendance et pour ressaisir son ancienne réputation militaire, qu'insensible au soutenir des bienfaits et à l'amitié, l'on prodiguait, pour jousser la guerre, et sa personne et sa fortune.

Lorsqu'on eut réuni près de deux cent quarante mille lommes d'infanterie* et de huit mille de cavalerie, on m fit la revue et le recensement chez les Eduens; on eur donna des officiers, et l'on remit le comnandement en chef à l'atrébate Comius, aux deux îduens Épérodorix et Virdumarus et à l'arverne, Ver- ;asillaunus, cousin de Vercingétorix. On leur choisit les adjoints dans les autres cités pour former le con- ;eil de guerre. Ils partent tous pour Alésia, pleins d'ar-

d. On ne voit pas comment l'énumération ci-dessus pourrait aire ce compte : en additionnant purement et simplement les hiffres, on n'a pas cent soixante mille. Si, lorsqu il est dit que es Sénonais, les Séquaniens, les Bituriges, les Santons, les lutènes et les Garnutes durent fournir chacun douze mille lommes, on entend douze mille hommes par cité, et que l'on aïeule ainsi pour tous les autres peuples taxés en commun, on •ura près de CO.OOO combattants de trop. Au reste il y a erreur |uant au contingent des Boïens et des Rauraques qui n'étaient [uc 55.000 y compris les femmes et les enfants, quand ils ntrèrent en Gaule avec les Helvétiens ; ce qui ne suppose guère [ue 11'. 000 individus en état de porter les armes.

deur et de confiance : il n'en était pas un qui supposât qu'on pût soutenir le seul aspect d'une pareille armée, surtout dans une double attaque quand les assiégés feraient une sortie, et qu'une infanterie et une cavalerie si nombreuses paraîtraient en même temps du côté de la campagne.

Cependant on ignorait à Alésia ce qui se passait chez les Éduens. Voyant tous les vivres consommés, et l'époque passée où devait arriver le secours. Vercingétorix avait assemblé le Conseil et l'on délibérait sur le parti à prendre. Entre les divers avis, dont les uns étaient pour se rendre, les autres pour faire une sortie, tandis qu"on avait encore quelque vigueur, il ne faut pas, ce semble omettre le discours de Critognat, pour son exécrable et singulière atrocité. Cet Arverne, d'une haute naissance et très considéré : Je ne parle point, dit-il, de Vavis de ceux qui donnent à la plus honteuse servitude le nom de soumission : on ne doit je crois, ni les regarder comme citoyens, ni les admettre dans nos Conseils: je combats ceux qui opinent pour une sortie, proposition qui vous semble, à tous, conforme au souvenir de notre ancienne gloire. Mais, ne pouvoir soutenir un peu de disette, ce n'est pas énergie, c'est faiblesse. Les hommes qui se dévouent à la mort se trouvent plus aisément, que ceux qui endurent patiemment la douleur. Et moi aussi, sur qui Vhonneur peut beaucoup, je serais de cet avis, si je voyais qu'il n'entraînât que la perte de ma vie: mais, en prenant un parti, songeons à toute la Gaule que nous avons excitée à venir à notre secours. Quel cou-

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