‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 132 sur 164 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

on remplit le premier fossé de fascines, on le couvre de claies et l'on se tient prêt pour une sortie et pour tout ce qui peut arriver.

Ayant disposé l'armée sur le double front de ses lignes, afin qu'au besoin chacun connût et prit son poste, César ordonne à la cavalerie de sortir et d'engager le combat. On pouvait le voir des divers camps, qui occupaient toutes les hauteurs, et tous les soldats, l'àrae en suspens, en attendaient l'issue. Les Gaulois avaient jeté quelques archers et des fantassins armés à la légère dans les rangs de leur cavalerie, pour lui porter secours, si elle pliait, et pour soutenir le choc de la nôtre : ils surprirent et blessèrent plusieurs de nos cavaliers qui se retirèrent de la mêlée. Se flattant que l'avantage leur resterait et voyant nos gens au moment de céder au nombre, les Gaulois encourageaient les leurs par des cris et des hurlements, que poussaieat de toutes parts et ceux qui étaient investis, et ceux qui venaient à leur secours. L'affaire se passant sous les yeux de tous, et nul trait de valeur ou de lâcheté ne pouvant rester caché, l'amour de la gloire et la crainte de l'infamie animaient des deux côtés à bien faire. Le soleil se couchait et l'action engagée à midi n'était pas décidée, lorsque les Germains, se serrant sur un point, chargèrent l'ennemi, l'ébranlèrent, le mirent en fuite, enveloppèrent ses archers et les taillèrent en pièces. Les Gaulois plièrent de même partout et furent poursuivis jusqu'à leur camp, sans qu'on leur donnât le temps de se reconnaître. Ceux qui étaient sortis

d'Alésia y rentrèrent tristes et désespérant presque du succès.

Le surlondRraain les Gaulois, ayant, dans Tintervalle, fabriqué une grande quantité de claies, d'échelles et de crocs, sortent de leur camp à minuit, et s'approchent en silence de la contrevallation. Tout à coup, poussant u;i cri, pour faire connaître aux assiégés qu'ils attaquent, ils jettent leurs claies, renversent à coup de frondes, de flèches et de pierres les gardes du rempart et font toutes leurs dispositions pour l'assaut. En même temps Vercingétorix, averti parJeurs hurlements, donne le signal avec la trompette et fait sortir ses troupes de la ville. Nos soldats, à chacun desquels on avait antérieurement assigné son poste, garnissent les lignes et ralentissent l'ardeur des ennemis avec la fronde, les balles de plomb, et de longs épieux qu'on tenait prêts. Dans l'obscurité qui dérobait la vue, il y eut beaucoup de blessés de part et d'autre et nosmachineslancèrentune grande quantité de traits. Les lieutenants M. Antonius et G. Trébonius, qui avaient ce quartier à défendre, tiraient des renforts des redoutes éloignées et les faisaient passer aux points les plus menacés.

Tandis que les Gaulois furent à quelque distance, ils tiraient meilleur parti du grand nombre de leurs traits : quand ils s'approchèrent, ils s'enferraient euxmêmes dans les éperons enterrés, ou tombaient percés par les javelots de remparts, lancés de la terrasse et des tours. 11 y eut beaucoup de blessés de part el

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