‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 133 sur 164 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

d'autre. Enfin, comme le jour pointait, les Gaulois, craignant d'être pris en flanc par une sortie des quartiers plus élevés, se retirèrent, sans avoir fait brèche nulle part. Les assiégés apportent cependant ce qu'avait fait préparer Vercihgétorix pour une sortie: ils comblent les premiers fossés; mais, l'opération ayant traîné en longueur, ils n'étaient pas encore à portée des lignes, lorsqu'ils reconnurent que leurs amis avaient abandonné l'attaque. Ainsi, sans avoir rien fait, ils rentrèrent dans la ville^

Deux fois repoussés avec beaucoup de perte, les Gaulois délibérèrent sur ce qu'ils avaient à faire. Ayant consulté ceux qui connaissaient le pays, ils en apprirent la situation et l'état de défense de nos quartiers sur les hauteurs. Au nord était une colline que son trop grand circuit avait empêché de renfermer dans les lignes. On avait donc été forcé d'y former un camp, sur une pente douce, dans une assez mauvaise position. Les lieutenants G. Antistius Rhéginus et G. Ganinius Rébilus y commandaient deux légions. Les ennemis, bien au fait des localités par leurs espions, choisissent sur toute l'armée soixante mille combattants, pris parmi les nations les plus renommées pour la bravoure, arrêtent en secret leur plan et le mode d'exécution, fixent l'heure d'environ raidi pour celle de l'attaque et mettent cette élite aux ordres de l'arverne Vergasillaunus, l'un de leurs quatre chefs, et parent de Vercingétorix. Il sort du camp à la première veille, et vers le point du jour, ayant presque achevé

le trajet, il se cache derrière une montagne et laisse ses troupes se reposer de la fatigue de la nuit ; puis, quand il juge qu'il est près de midi, il marche au camp dont on a parlé. La cavalerie gauloise s'approche en même temps des lignes de la plaine ; le reste de l'infanterie se développe en avant de son camp.

Vercingétorix, qui les découvre de la citadelle d'Alésia, sort de la ville avec les siennes, emportant les perches, les claies, les galeries, les faux et tout ce qu'il tenait prêt pour une sortie. On se bat partout à la fois; partout on attaque; on se jette vers l'endroit qui paraît le plus faible. L'étendue des ouvrages a disséminé les Romains : sur plusieurs points, ils ont peine à se défendre. Les cris, qu'on poussait derrière eux, contribuaient beaucoup à les intimider, chacun voyant sa vie dépendre du courage d'un autre : car ce qu'on ne voit pas est, le plus souvent, ce qui fait l'impression la plus vive sur les esprits. César, placé dans un lieu d'où il pouvait découvrir ce qui se passait sur toute la ligne, envoie des renforts aux endroits les plus menacés. Les deux armées sentent que le moment est décisif et qu'elles doivent faire les derniers efforts. Les Gaulois ne voient plus d'espoir, s'ils ne forcent les lignes ; les Romains, s'ils ont l'avantage, en attendent la fin de toutes leurs fatigues.

Où l'on était pressé le plus vivement, c'était vers les hauteurs, où nous avons dit que Vergasillaunus s'était porté. L'étroit sommet, qui en dominait la pente, était d'une grande importance. Une partie des Gaulois y lan-

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