‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 134 sur 164 · LIVRE \1I · texte numérisé non relu

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cent des traits; une autre forme la tortue et monte à l'assaut : des hommes frais relèvent ceux qui se fatiguent. Ils jettent tous dans les ouvrages des fascines, qui leur en facilitent Taccès et recouvrent les pièges cachés par les Romains, dont les forces et les traits s'épuisent déjà. César, informé de leur position critique, envoie à leur secours Labiénus avec six cohortes ; il lui ordonne de faire une sortie, s'il craint d'être forcé, mais seulement en cas de nécessité : lui-même il parcourt les autres postes, exhortant les soldats « A ne point se laisser abattre par la fatigue : de ce jour, de ce moment, dépend tout le fruit de leurs anciennes victoires ».

Désespérant de réussir dans la plaine, à cause de la force des ouvrages, les assiégés tentent l'escalade des endroits escarpés. Ils y portent tout ce qu'ils ont préparé, écartent, par une grêle de traits, ceux qui défendent les tours; comblent le fossé de fascines et de claies, et se frayant ainsi les approches, entament la terrasse et le parapet avec des faux. César y envoie d'abord le jeune Brutus avec six cohortes, ensuite le lieutenant Fabius avec sept autres : enfin, l'action s'échauffant de plus en plus, il y conduit lui-même des renforts tout frais.

Ayant rétabli le combat et repoussé les ennemis, il marche vers le poste de Rhéginus et de Rébilus, suivi de quatre cohortes tirées d'une redoute prochaine, et d'une partie de sa cavalerie : le reste a l'ordre de faire le tour de la contrevallation pour prendre à dos l'en-

nemi. Labiénus, vojant que ni 1».^ .. .-.>v.> ni le rempart n'arrêtaient l'impétuosité des Barbares, avait rassemblé des redoutes voisines trente-neuf cohortes, comme ie hasard les lui offrit; il fait prévenir César de ce qu'il croit devoir faire, et César presse le pas, pour être présent à l'action. Avertis de son approche et par la vue de ses habits, qu'il affectait de porter d'une couleur éclatante les jours de bataille, et par celle des escadrons et des cohortes, qui le suivaient et que, de la hauteur, on découvrait aisément sur le penchant de la colline, les ennemis engagent le combat.

Le cri que poussent les deux partis se répète sur le rempart et dans tous les ouvrages. Nos soldats lancent leurs javelots et chargent l'épée à la main. Tout à coup les Gaulois voient derrière eux notre cavalerie ; d'autres cohortes s'avancent : ils tournent le dos et, dans leur fuite, rencontrent notre cavalerie. On fit un grand carnage. Sédulius, prince et général des Lémovices fut tué; on prit vivant l'arverne Vergasillaunus, qui fuyait. On rapporta soixante-quatorze enseignes à César; et, d'une si grande multitude, fort peu d'hommes rentrèrent au camp sans blessures. Les assiégés, voyant de la ville cette déroute et ce carnage, désespèrent de leur salut et retirent leurs troupes. A cette nouvelle, les Gaulois du camp prennent aussitôt la fuite et, si nos gens n'avaient pas été épuisés par les fréquents détachements et par la fatigue de toute la journée; on pouvait déti-uire toute l'armée ennemie. La cavalerie qu'on fit partir vers minuit, atteignit i'arrière-garde et

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