‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 140 sur 164 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

publique. Il tire une seconde fois de ses quartiers la onzième légion, écrit à Fabius de lui amener chez les Suessions les deux siennes, et en demande une des deux de Labiénus, faisant ainsi supporter à chacune à son tour la fatigue des expéditions, autant que le permettaient la position des quartiers et le bien du service, sans se reposer un instant lui-même.

Ces troupes s'étant réunies, il va chez les Bellovaques et, campant sur la frontière, il envoie de tous côtés des partis de cavalerie pour faire quelques prisonniers, dont il pourrait apprendre les desseins de l'ennemi. Les détachements reviennent et lui rapportent qu'on n'a trouvé dans les maisons que quelques individus, qui n'y étaient pas restés pour travailler aux champs (car, à la lettre, tout était désert), mais qu'on avait envoyés comme espions. César les questionna sur le lieu du rassemblement et sur les projets des Bellovaques; ils répondirent : « Que tous les Bellovaques en état de porter les armes, réunis aux Ambiens, aux Aulerces, aux Calètes, aux Velocasses et aux Atrébates, avaient établi leur camp sur une hauteur, entourée et défendue par un marais, après avoir fait passer tous les bagages dans des forêts plus reculées. Plusieurs de leurs chefs les avaient excités à la guerre ; mais la multitude était surtout portée pour Corréus, parce qu'on savait qu'il avait en horreur le nom romain. Comius avait, depuis quelques jours, quitté le camp pour aller chercher un corps très nombreux de Germains auxiliaires, qui n'était plus qu'à fort peu de distance. Au

reste, à la très grande satisfaction de tous les subalternes et du consentement unanime des commandants, si, comme on le disait, César n'avait avec lui que trois légions, les Bellovaques avaient résolu de lui présenter la bataille, de peur de se voir ensuite dans la nécessité biei| plus dure et plus malheureuse d'en venir aux mains avec son armée entière. S'il amenait de plus grandes forces, ils ne quitteraient pas la position qu'ils avaient choisie; cependant ils dresseraient des embuscades pour empêcher les Romains de se procurer, soit le fourrage, qui, vu la saison, était rare et disséminé, soit du blé, soit d'autres provisions ».

Tel était le résumé de plusieurs déclarations uniformes. César trouvant ce plan rempli de sens et bien éloigné de la témérité ordinaire des Barbares, crut devoir tout essayer pour que l'ennemi, méprisant notre petit nombre, en vînt plus promptement à une bataille. 11 avait les septième, huitième et neuvième légions, toutes de vétérans d'une valeur singulière, et, dans la onzième, une jeunesse d'élite et de la plus grande espérance, mais qui, malgré ses huit ans de service, n'avait pas, en comparaison, la même réputation d'expérience et de bravoure. Ayant donc assemblé le conseil, il y expose ce qu'il vient d'apprendre, et répand l'assurance dans tous les cœurs. Pour essayer d'amener les ennemis à combattre, en ne leur montrant que trois légions, voici comme il ordonne sa marche : la septième, la huitième et la neuvième étaient en avant ; venaient ensuite tous les bagages, peu considérables pourtant,

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