LIVRE VIII
es Gaulois est de se faire suivre par une multitude de hariots, même dans leurs expéditions), ils se rangent en atailie devant leur camp, pour que les Romains ne se lettent à leur poursuite que quand les bagages se iront éloignés. César jugeait qu'il devait, non pas ttaquer, sur une colline aussi raide, des gens en éfense, mais porter les légions assez en avant pour ue les barbares, nous ayant tout près d'eux, ne pus- ;nt sans péril abandonner leur poste. Considérant 3nc qu'il se trouvait entre les deux armées un marais ftîcile à franchir, obstacle qui pouvait ralentir la vivaté de la poursuite, et que la colline au delà, qui uchait presque au camp des ennemis, n'était séparée 1 nôtre que par un petit vallon. César jette des ponts ir le marais, y fait passer les légions et gagne rapideent le sommet uni de la colline, dont la pente aurait ses flancs: il porte ensuite ses légions en itaille sur la dernière hauteur et les y déploie sur un rrain, d'où les traits des machines pouvaient tomber ins les rangs ennemis.
Rassurés par leur position, les barbares se tenaient êts à combattre, si les Romains essayaient de gravir colline ; mais ils n'osaient faire déûler leurs troupes ir divisions de peur d'être culbutés séparément : ils staient donc en bataille. César, voyant leur persévénce, laisse vingt cohortes sous les atrmes et fait tracer i campement qu'il ordonne de retrancher : l'ouvrage hevé, il met au-devant ses légions en bataille, et la Valérie se tient au repos, les chevaux bridés. Voyant
les Romains prêts à les poursuivre et ne pouvant, sans vivres, passer la nuit ni rester plus longtemps dans l'endroit, les Bellovaques, pour faire leur retraite, s'avisèrent de ceci : Ils se firent passer de main en main et placèrent devant leurs rangs les boites de paille et les fagots, dont ils avaient quantité dans leur camp cl sur lesquels ils s'asseyaient. Sur le soir, à un signal, ils y mettent le feu partout à la fois : un rideau de flammes les dérobe aussitôt à la vue des Romains et, dans l'instant, ils s'enfuient à toutes jambes.
Quoique l'embrasement empêcbàt César de s'apercevoir de leur départ, cependant, comme il soupçonnait qu'ils n'avaient fait cela qu'en vue de s'échapper, il mit en mouvement les légions et envoya la cavalerie à la poursuite ; néanmoins, craignant que ce ne fût un piège et que l'ennemi, restant dans sa forte position^ n'essayât de nous attirer dans une mauvaise, il avançait lentement : les cavaliers n'osant la plupart entrer dans la flamme et dans la fumée, qui étaient très épaisses, et ceux qui s'y hasardèrent, voyant à peine le poitrail de leurs chevaux, ils craignirent une embuscade et donnèrent aux Bellovaques tout le temps de se retirer. S'étant esquivés ainsi avec autant de frayeur que d'adresse et sans aucune perte, ils campèrent dans une très forte position, à dix milles au plus de l'ancienne. Là, dressant des embuscades de cavalerie et d'infanterie, ils faisaient beaucoup de mal à nos fourrageurs.
Cela devenait même très fréquent, lorsqu'un pri-