‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 146 sur 164 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

jugea qu'on pouTait, sans perfidie, étouffer son infidélité. Pensant bien qu'il ne viendrait pas au camp, s'il l'y mandait, et que cela le mettrait sur ses gardes, il chargea C. Volusénus Quadratus de s'en défaire, sous prétexte d'une entrevue, et lui donna pour cela des centurions choisis. Quand ils furent en présence, Volusénus ayant, comnic on en était convenu, pris la main de Comius, un centurion, comme irrité de cette démonstration extraordinaire, voulut le tuer et n'y réussit pas, les amis du prince s'y étant opposés à temps : cependant le premier coup le blessa grièvement à la tête. On tire l'épée de part et d'autre, mais les deux partis pensaient plus à se retirer qu'à se battre ; les Romains, parce qu'ils croyaient Gomius blessé à mort, les Gaulois, parce que, reconnaissant le piège, ils craignaient plus que ce qu'ils voyaient. D"après cela Comius avait résolu, disait-on, de ne jamais se présenter devant aucun Romain.

III. Après avoir vaincu les peuples les plus belliqueux, voyant qu'aucune cité n'armait, en vue de faire résistance, mais que, pour se soustraire à la dénomination actuelle, beaucoup de gens émigraient des villes et désertaient les campagnes. César résolut de faire marcher l'armée sur différents points. Gardant avec lui le questeur M. Antonius et la onzième légion, il fait partir le lieutenant C. Fabius avec vingt-cinq cohortes pour une autre extrémité de la Gaule, parce qu'on lui mandait que quelques cités y avaient pris les armes, et qu'il ne croyait pas que le lieutenant G. Ca-

ninius Rébilus, qui commandait dans le pays, y fût assez fort avec deux légions. Il rappelle près de lui T. Labiénus; et, la douzième légion que ce lieutenant, avait commandée pendant l'hiver, il la fait passer dans la Gaule cisalpine, pour protéger les colonies de ci-, toyens romains, afin que quelque invasion ne leur fît. pas éprouver la même disgrâce qu'aux Tergestins, que, dans une de leurs incursions soudaines, les Barbares avaient surpris l'année précédente.

De sa personne, il va ravager et dévaster le pays d'Ambiorix. Errant, effrayé comme l'était ce chef, s'il désespérait de l'avoir en sa puissance, il pensait devoir du moins détruire si bien dans la contrée les habitants, le bétail et les maisons, que l'auteur de tant de maux, Ambiorix, détesté des siens, si par hasard il en existait encore, ne put jamais revenir dans la cité. César fait parcourir soit aux légions, soit aux troupes auxiliaires, l'Éburonie dans tous les sens : on pille, on ravage, on brûle, on égorge, il y eut un grand nombre d'Éburons de pris ou de tués. Ensuite César envoya Labiénus avec deux légions chez les Tréviriens, qui, ayant toujours les armes à la main, à cause du voisinage de la Germanie, et ne différant guère des Germains pour la façon de vivre et la férocité, n'obéissaient jamais, s'ils n'y étaient contraints par une armée.

Cependant Duracius, qui, lorsqu'une partie de sa cité s'était révoltée, avait toujours persisté dans l'amitié des Romains, fait savoir par lettres et par courriers au lieutenant G. Ganinius, que les ennemis se sont rassem-

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