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avantage, et ceux des Gaulois tombaient avec plus de raideur. Une chose que nous avions préparée fut d'une grande utilité : c'étaient des faux bien tranchantes, emmanchées et fixées à de longues perches, à peu près comme des faux de rempart : on s'en servait pour accrocher les cordes qui suspendent la vergue au màt, on tirait à soi, les rameurs poussaient en avant le navire, la corde se coupait, la vergue tombait nécessairement; et, comme les vaisseaux Gaulois n'avaient pour eux que leurs voiles et leurs agrès, les en priver c'étaient leur ôter en même temps le mouvement. Dès lors le succès dépendait de la valeur et, de ce côté, nos soldats avaient tout l'avantage ; d'autant plus que l'action se passait à la vue de César et de toute l'armée, qui couvrait les falaises et les hauteurs qui regardaient la mer, en sorte qu'aucun trait de bravoure un peu saillant ne pouvait rester ignoré.
Les vergues étant à bas, comme on a dit, deux ou trois de nos vaisseaux entouraient un navire gaulois et nos soldats faisaient les plus grands efforts pour y pénétrer. Les ennemis voyant cette manœuvre et n'y trouvant aucun remède, voulurent, après avoir perdu plusieurs vaisseaux, chercher leur salut dans la fuite : ils avaient déjà pris le vent, quand il se fît tout à coup une bonace, un calme tels qu'ils ne purent remuer de la place; ce qui vint fort à propos pour terminer l'affaire : car nos gens les joignirent et les prirent un à un, en sorte qu'il n"y en eut que fort peu qui purent gagner la terre à la faveur de la nuit. On s'était battu
depuis la quatrième heure jusqu'au coucher du soleil.
Cette action mit fin à la guerre avec les Vénètes et les autres peuples de la côte. Car, comme là s'étaient rendus toute la jeunesse et même tous les vieillards de quelque considération et de quelque expérience, que sur ce seul point s'étaient réunis les vaisseaux de tous les ports, il ne restait aux ennemis, après les avoir perdus, ni retraite, ni moyens de défendre leurs villes. Ils se livrèrent donc, corps et biens, à César qui résolut d'en tirer une vengeance éclatante, pour rendre à l'avenir les Barbares plus attentifs à respecter les droits des ambassadeurs. Tout le sénat fut mis à mort et le reste vendu à l'encan.
IV. Tandis que cela se passait en Vénétie, Q. Titurius Sabinus était, avec son corps d'armée, arrivé chez les Unelles. Leur chef, Viridovix, généralissime de toutes les cités rebelles, en avait tiré des troupes nombreuses; et, depuis quelques jours, les Aulerces Eburovices elles Lexobiens, ayant égorgé leur séna' parce qu'il ne voulait pas déclarer la guerre, avaient fermé leurs portes et s'étaient joints à Viridovix. Il avait aussi rassemblé de toutes les parties de la Gaule une foule de voleurs et de bandits que l'espoir du pillage et leur humeur belliqueuse détournaient de l'agriculture et de leurs travaux journaliers. Sabinus se tenait dans un camp avantageux de toute manière, tandis que Viridovix, ayant assis le sien à deux milles de là, déployait chaque jour ses troupes et présentait la bataille, en sorte que non seulement l'ennemi vint à mépriser Sabinus, mais