‹ Commentaires sur la guerre des GaulesChapitre 72 sur 164 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

Cassivellaunus, qui était défendue par des bois et des marais, et où les Bretons s'étaient réfugiés en assez grand nombre avec leur bétail. (Les Bretons appellent ville un bois très fourré, qu'ils entourent d'un rempart et d'un fossé, et qui leur sert d'asile lors des incursions de l'ennemi). César part avec ses légions, trouve une place bien fortifiée par la nature et par l'art, et néanmoins entreprend de donner l'assaut de deux côtés ; les ennemis ne résistèrent qu'un instant et, cédant à nos efforts, se sauvèrent par une autre partie de la ville. On y trouva quantité de bétail, et Ton prit ou tua beaucoup de fuyards.

Tandis que cela se passait dans cette contrée, Cassivellaunus dépêchait des exprès dans le Cantium, que l'on a dit être près de la mer, avec l'ordre aux quatre rois de ce pays, Gingétorix, Carnilius, Taximagulus et Segonax, d'attaquer à l'improviste avec toutes leurs forces réunies et d'emporter le camp maritime. Les voyant approcher, on fit une sortie, on leur tua beaucoup de monde, sans perdre un seul homme, et l'on prit même un chef de distinction, Lugotorix. A la nouvelle de cette défaite, Cassivellaunus, ébranlé par tant d'échecs, par le ravage de ses terres, surtout par la défection des cités, adressa, par l'entremise de l'Atrébate Comius, des députés à César, pour se soumettre. Comme, à raison des brusques mouvements des Gaulois, César avait résolu de passer l'hiver sur le continent et qu'il ne restait que quelques jours d'été, qu'il était facile de lui faire perdre, il exigea des otages et

régla le tnbut annuel que la Bretagne paierait au peuple romain. Il défendit impérieusement à Cassivellaunus d'inquiéter Jlandubralius et les Trinobantes; puis, ayant reçu les otages, il ramena son armée surla côte, où il trouva ses vaisseaux réparés.

On les remit à flot et, comme il avait beaucoup de prisonniers et que plusieurs vaisseaux avaient péri dans la tempête, il résolut de faire passer l'armée en deux convois. Or il arriva que, dans toutes les courses de cette année et de la précédente, de tant de navires, il n'en périt pas un seul qui eût des soldats à bord ; tandis que, de tous les vaisseaux partis à vide, soit de ceux qui avaient débarqué la première division, soit de ceux que Labiénus avait fait contruire, il y en eut très peu qui prirent terre: presque tous furent rejetés en mer. César, les ayant en vain attendus quelque temps, fut obligé, vu l'approche de l'équinoxe, de mettre ses soldats plus à l'étroit, dans la crainte que la saison ne lui fermât la mer. Alors, profitant d'un grand calme, il leva l'ancre, la seconde veille étant déjà commencée, et, dès le point du jour, il atterrit avec tous ses vaisseaux en bon état.

VI. Il les fit tirer àsec,tintàSamarobriva l'assemblée de la Gaule, et mit ensuite son armée en quartiers d'hiver, mais répartie autrement que les années précédentes. Car, la récolte ayant été mauvaise à cause de la sécheresse, il fut forcé de placer les légions en diverses cités. Le lieutenant G. Fabius alla donc chez les Morins avec une légion, Q. Cicéron chez les Ner-

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