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Napoléon, ont, dit la Revue de Wollowski, un sens gni correspond à celui des locutions qu’on retrouve d’or dinaire dans les textes de la jurisprudence romaine : mente captus, fatuus, demens, furiosus ; mais à règna toujours quelque confusion dans la nomenclature romaine. Tantôt les expressions furiosus et demens, étaient indifféremment employées comme synonime d'aliéné, et tantôt clles l’étaiènt convme désignations spéciales du furieux, et du dément. * La lo-: cution mente captus était aussi appliquée quelquefois au dément ; $ mais le plus souvent celle servait à désigner le faille d'esprit, ainsi que l'expression fatuus. T Suivani’ Isidore de Séville, cette dernière expression s'appliquait à l’idiot.
Pinel a le premier attaqué. la terminologie du droù, Îais avant que d'exposer la sienne, # y à à faire quelques considérations générales. L'insensé disait D'Aguesseau, pladant devant le Parlement pour l’ablé d'Orléans, c'est celui qui, dans la société civile, ne peut pas s'élever à l& enédiocrité des devoirs généraux ; ei ü s'appuyait de l'auto-rèté de Ciceron.
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L'insensé, disait à son tour Merlin, qui ne fesait que * Rey. développer la pensée du Chancelier, c'est celui qui ne peut de Jurisp. pas remplir la destination humaine : Celui-là est un sage Non ce. parfait, qui la remplit entièrement ; celui-là est moins sage qui la remplit moins parfaitement ; mais celui-là est constamment un fou, un insensé, qui ne la remplit en aucune manière,—qui ne sait ni suivre l'instinct de la nature, ni se soumettre aux lois de lu societé et de la mwrale. *
On vient dire que ce sont là des descriplions et non des défiint tionx. On ajoute : l'objet d’une définition, chacun le sait, esde faire connaître l'essence d’une chose par une srplication juste et concise. Il est donc indispensable que, dans toute définition, chaque mot ait en lui-même un sens précis et, pourainsi dire, rayonnant de clarté, Il faut encore qu’il y ait une équation parfaite entre la proposition qui explique, qui définit, eb Pobjet auquel elle répond,
L'homme se développe au sein de la société civile par le Droit, en se soumetiant sous l'influence de la raison et de son libre ar bitre à une règle suprême, qu est la loi juste, Toute loi à laquelle se soumet le libre arbitre, dit Emmanuel Kant, duns ses Principes Métaphysiques de Droit, traduits par T'issot, est inorale ou juridique, La conformité des actions à la loi inorale,
est ce qui constitue leur moralilé ; et leur conformité à lu loi extérieure ou juridique ronstilue leur légalité, mais loujours à la condilion, que ces actions procèdent du libre arbitre. EL suit de là qu’on. ne saurait assigner aucune valeur, soit morale, soit légale, aux axtes de celui dont le libre arbitre est suspendu ou améanti.—Mais quand y'a-t-l cessation du libre arbitre ?— Lorsqu'il est, ajoute le philosophe, non pas affecté, mais subjugué par un mobile sensible. Le libre arbitre est donc selon lui, l'indépendance, quant à la détermination, de toute impulsion sensible. On se déclure émerveillé de cette définition, et l’on continuc': Locke a donné aussi une heureuse RAA du libre arbitre. Chacun, dit-il, trouve en soi-même la puissance de uire une.chose ou de s’en abslenir. C’est la considération de l’etendue de celte puissance que Pâme a sur les actions de l’honme, et que chacun trouve en soi-même, qui nous fournit l'idée de la liberté, Et plus loin : le vrai but de notre liberté est que nous puissions oblenir le bien que nous choisissons. Chaque homme est dès lors duns la nécessité, en verlu de :ù propre constitution et en qualité d'être intelligent, de se déterminer vouloir ce que ses propres pensées et son propre juxeiment lu r:présentent comme la metlleure chose qu'il puisse faire, peu d'iecord en cela avec leivers d’'Horace, video meliora, proboque, Geteriora sequor, St nous élions déterminés par autre chose que var notre jugement, nous ne serions pas libres,—-lih bien / dit-
on, celle situälion de l’âme dans laquelle, pour ‘parler comme Locke, ce n’est pas le jugement qui détermine La volonté, —dans laquelle, d'après Kant, c’est l'impulsion sensible qui la subjugue et qui, suivant lun et l’autre constitue un état négatif de la liberlé, n’est pas autre chose que la folie. Est insensé, selon M. Sacase, juge au tribunal civil de Bordeaux, celui qui ne jouit pas de son libre arbitre, qui n’a pas la conscience de la faculté agir en dehors du mobile sensible et en conformité à la raison pure. Destitué qu’il est de son libre arbitre, l’insensé ne peut dès lors avoir la puissance d'exercer un acte quelconque qui porte un caractère juridique. Cependant il n'est dépouillé en quelque sorte qu’activement de cette capacité qu est l'apanage de tout homme que la société n°a point retranché de son sein, Le droit ne le fuit pas, puisque, malgré la suspension de sa liberté, il continue de détenir ce qu’il possédait par un acte antérieur de sa volonté. Il peut même acquérir et s’obliger par le Lien une volonté qui lui est extérieure, sans CEssCT de lui étre propre en méme temps, par une fichion bienfaisante de la loi, ct cette volonté extérieure, subslituée à son libre arbitre, place sous sa puissance ce que, maître de ses actions, il aurait pa s'approprier lui-même, Mais ce qui lui est interdit, dès l'instant qu’il & per= du son aclivité intelligente, et avec elle celte haule prérogatire détre libre, d'examiner ct de choisir, —cest de se méler à la pradique quotidienne de la vie sociale, de souscrire par lui-même aucun de ces acles dont la liberté est Pélément nécessaire.
La recherche des phénomènes morbides qui divulguent cet état dans lequel la volonté n°a pas son principe de détermination en ellesmême,—dans lequel, par conséquent, les actes n’élant plus l'expression du libre arbitre, ne sont ni Mmorauz, n juridiques, est l'objet de la psychologie légale, science qui n’est point nouvel. le, maïs dont la médecine moderne a agrandi le domaine par ses découvertes. Kant a prélendu qu'il n'appartenait qéaur facultés de philosophie de résoudre les questions de jurisprudence relatives à l’état moral et intellectuel de l'homme, Aetzger & soutenu au contraire que cette solution était du ressort de la médecine. Si, comme le pense à son tour Hoffbauër, les problêmes judiciaires qu'offre à résoudre la folie sont essentiellement du domaine de la médecine, c’est bien évidemment à la condition que le médecin, habituë à explorer que la nature plysique et souffrante, demandera d'abord à ta psychologie l'explication des ressorts de l'intelligence et de l'âme : c’est ainsi que l'«vait compris Pinel. | |
Cet auteur distingue quatre espèces de folie—la manie, la mélancolie, (*) la démence, l'idiotisme. Cette classification a été adoptée, à peu de chose près par Esquirol, et c'est celle qui est généralement admise, parce qu’en effet, elle embrasse avec les
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{*) Appelée aujourd'hui plus souvent monamanie,
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